Communauté urbaine de Bordeaux : des chantiers prioritaires malgré un budget en berne

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Alain Juppé, président de la Communauté urbaine de Bordeaux
Alain Juppé, président de la Communauté urbaine de Bordeaux (Crédits : Agence Appa)
Contraintes budgétaires accrues, fiscalité, grands projets : Alain Juppé a fait le point ce matin sur les orientations de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), qu'il préside. La donne est claire : il va falloir se serrer la ceinture. Quelques grands thèmes devraient passer entre les gouttes.

Après un propos liminaire consacré aux retombées de l'été, jugées positives par Alain Juppé (fréquentation touristique, succès des manifestations telles qu'Agora...) et à une rentrée scolaire "réussie malgré les oiseaux de mauvais augure", Alain Juppé a rappelé que la Communauté urbaine de Bordeaux se transformerait en Bordeaux Métropole au 1er janvier prochain. Bien plus qu'un changement de nom puisque ce dernier s'accompagnera de transferts d'équipements, de nouvelles compétences (protection contre les inondations, transport durable, renforcement des pôles économiques, développement du numérique...) et impliquera une mutualisation accrue entre structures.

Le président de la CUB s'est ensuite lancé dans un exposé des "contraintes budgétaires sans précédent" dont sera victime la collectivité dans les prochaines années. D'après Alain Juppé, la baisse des dotations de l'Etat induira pour la seule année 2015 un manque à gagner de 21 M€, et de 66 M€ au total jusqu'en 2017. Ce qui ne prend pas en compte les diminutions d'enveloppes dévolues aux grands projets et d'éventuels malus si jamais les mutualisations entre la métropole et les villes sont insuffisantes.

Economies

Pour passer le cap, il faudra « être pragmatique et faire des économies ». La lettre de cadrage envoyée aux différents services de la CUB au début de l'été avertit d'une baisse des crédits de fonctionnement de 1,7 % par an, des dépenses de communication réduites de 10 % des 2015 et une hausse des charges de personnel limitée à 3 %. "La Communauté urbaine n'envisage pas de changer sa fiscalité", a ajouté Alain Juppé. Pour la ville de Bordeaux en revanche, il a clairement laissé entendre que des hausses seraient plus que probables. Quant à l'augmentation du tarif des titres de transport, elle a déjà eu lieu.

Face à ce mur budgétaire, quatre priorités ont été dégagées. En premier lieu figure le thème de la mobilité. En résumé : la prochaine délégation de service public Transport sera confiée à Keolis ou Veolia Transdev, réponse en octobre. Le prochain Schéma directeur opérationnel des déplacements métropolitains devra entre autres permettre de désaturer les pôles d'échanges que sont les Quinconces ou Pey-Berland et en créer de nouveaux en périphérie, à Pellegrin ou vers la Médoquine par exemple. Raccorder des lignes de bus aux boulevards pour améliorer leur fréquentation et donc leur rentabilité fait également partie des sujets. Le président de la CUB s'est bien gardé d'avancer une date ferme pour le prolongement du tramway jusqu'à l'aéroport, évoquant simplement l'horizon 2019 "au plus tôt". Concernant la rocade bordelaise, le problème est épineux puisque la fin de l'Ecotaxe a sonné le glas des dotations de l'Etat attendues. Alain Juppé continue de miser sur l'hypothèse d'un adossement à un concessionnaire autoroutier, qui prendrait en charge les travaux en échange d'un allongement d'une concession.

"Modifier le curseur" pour Euratlantique

Autres priorités désignées, le logement et l'économie au sens large. Alain Juppé entend renforcer le service foncier de la CUB et a rappelé que le permis de construire était en cours pour la Cité numérique. Dix sociétés se seraient manifestées pour s'y installer.

Le président de la CUB a eu un mot pour l'opération d'aménagement Euratlantique, centrée autour de la gare Saint-Jean, estimant qu'il fallait "modifier le curseur" et ne pas se satisfaire d'une hypothèse de 25 % d'emplois exogènes. L'idée est d'accentuer la promotion et la valorisation de la ville auprès des milieux économiques, français et européens, et de "muscler l'agence Bordeaux Gironde Investissement". Quant à la rénovation du Parc des expositions, qui en a bien besoin, il faudra sans doute attendre le transfert de l'équipement à la Communauté urbaine pour que le dossier avance.

Plus globalement, Alain Juppé a rappelé qu'il ne casserait pas les grands projets (50.000 logements, etc) initiés par son prédécesseur à la CUB, Vincent Feltesse, puisqu'ils étaient aussi un peu les siens, cogestion oblige.

La politique nationale, forcément

Alain Juppé n'a pas coupé aux questions portant sur ses ambitions nationales, après s'être officiellement porté candidat aux primaires de l'UMP en vue de la présidentielle de 2017. Il s'est toutefois efforcé d'en dire le moins possible. "Qui pilotera la mairie de Bordeaux et la CUB pendant la campagne des primaires ?", demande-t-on dans l'assistance. "Moi. D'autres l'ont fait." Pour en savoir plus, il faudra attendre.

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