Carte des régions : l’Aquitaine reste seule, les Charentes râlent

 |   |  632  mots
(Crédits : DR)
La nouvelle carte des régions proposée par François Hollande dans le cadre de la réforme territoriale, prévoit une Aquitaine restant dans ses limites géographiques actuelles, un rattachement de Midi-Pyrénées au Languedoc-Roussillon et une fusion Poitou-Charentes, Centre et Limousin.

> Le calendrier
La réforme impulsée par François Hollande s'appuiera sur deux projets de loi présentés en Conseil des ministres le 18 juin prochain, avant que le Sénat examine ce dossier. Le premier texte sera consacré à une carte des régions qui devraient passer de 22 à 14. Objectif : que les processus de redécoupage soient achevés début 2017. Le second projet de loi portera sur les compétences élargies dévolues aux régions, un thème cher au président du Conseil régional d'Aquitaine Alain Rousset, et sur les intercommunalités, amenées à prendre davantage de poids. Le calendrier s'avère donc plus que serré. Le président de la République a par ailleurs annoncé que les élections cantonales et régionales auraient lieu à l'automne 2015, et qu'il souhaitait voir disparaître les conseils généraux à l'horizon 2020.

> Ce qui change pour l'Aquitaine
Rien ! Un premier scénario envisageait une fusion avec tout ou partie du Poitou-Charentes. Un second tenait la corde jusqu'à hier soir : celui d'une absorption du Limousin. Finalement, après plusieurs rebondissements et informations révélées comme erronées, le périmètre actuel ne bougera pas pour l'Aquitaine. Au sud, Midi-Pyrénées formera selon le souhait de François Hollande un poids lourd avec le Languedoc-Roussillon. Au nord et à l'est, Limousin, Poitou-Charentes et Centre formeraient une vaste entité. En observant ce que pourrait donner cette carte de France, l'Aquitaine semble bien maigrichonne à côté de ces deux mastodontes géographiques…
Alain Rousset, par ailleurs président de l'Association des régions de France, s'est exprimé ce matin sur Europe 1 : "L'essentiel, c'est la puissance des régions. C'est un projet d'ensemble, à la Deferre, à la Mitterrand, c'est ça qui est beau dans cette démarche. Bien sûr, il y aura des réactions parce tel ou tel département est plus orienté vers telle ou telle métropole. Peut-être faudra-t-il revoir ce découpage dans 5 ou 6 ans pour qu'il soit plus adapté, mais ce qui est essentiel c'est que le président a tracé une ligne de modernisation pour notre pays."

> Ce qu'en pensent nos voisins
Les élus de la Charente et de la Charente-Maritime semblent très clairement opposés à ce nouveau découpage. Plusieurs sont montés au créneau, dont tout particulièrement les présidents des conseils généraux de ces deux départements. Dominique Bussereau (UMP) envisage ainsi d'organiser un référendum à l'automne pour consulter les habitants de Charente-Maritime.
En Midi-Pyrénées, le président (PS) du Conseil régional reste prudent : "En proposant de réunir en une seule Région Midi Pyrénées et Languedoc-Roussillon et d'en faire une Région de 6 millions d'habitants, François Hollande répond à plusieurs défis. PACA et Rhône-Alpes sont, proches de nous, deux Régions parmi les plus puissantes de France, après l'Ile de France. La Catalogne est notre voisine, notre amie, mais aussi notre concurrente. C'est donc pour les années qui viennent, 10,20 ou 30 ans, le renforcement de nos propres espaces et la capacité à affronter la compétition tant au plan national qu'en Europe, que propose le choix retenu." Un ton qui contraste avec celui de son homologue de Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin : "Montpellier était en concurrence avec d'autres villes pour l'implantation du siège du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, et Montpellier a gagné ! Nous avons gagné car nous avons mis les moyens. Quand on obtient un pôle d'excellence mondiale, tout cela ne peut pas être balayé par des visions d'obscurs cartographes. Ne pas prendre en considération cette force, ce serait rallumer une guerre avec Toulouse éteinte depuis plus d'un siècle !"

Mikaël Lozano, avec Sophie Arutunian (Objectif News) et Anthony Rey (Objectif Languedoc-Roussillon)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/06/2014 à 8:40 :
C'est une réforme qu'il aurait fallu faire en début de mandat au lieu du mariage gay etc...
Tout le monde a son idée et c'est amusant ce mécano géo-politico-ethno-économique.
Cela ne changera pas grand chose à notre déficit budgetaire mais ça fait diversion

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :