Crise consulaire, les Aquitains veulent négocier

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Laurent Courbu, président de la CCIR d’Aquitaine
Laurent Courbu, président de la CCIR d’Aquitaine (Crédits : DR)
Plusieurs présidents de chambres de commerce et d’industrie (CCI) d’Aquitaine ont participé hier à l’AG nationale qui a adopté une motion de défiance sans précédent contre le gouvernement.

"J'exclus complètement de dire au préfet qu'il n'est plus le bienvenu à la Chambre de commerce et d'industrie régionale (CCIR) d'Aquitaine. S'il faut donner des coups de main sur des dossiers, nous répondrons présents et nous continuerons à transmettre des informations aux services de l'Etat", explique avec clarté Laurent Courbu, président de la CCIR d'Aquitaine.

Laurent Courbu a participé à l'assemblée générale (AG) des présidents de CCI organisée hier à Paris, en compagnie de quatre présidents consulaires aquitains : André Garreta (CCI Bayonne Pays basque), Philippe Jacquemain (CCI des Landes), Jean-Alain Mariotti (CCI de Lot-et-Garonne) et Yves Ratel (CCI de Libourne), également alignés sur sa philosophie. Cette AG s'est terminée avec l'adoption d'une motion de défiance sans concession à l'égard du gouvernement Valls. Elle fait suite aux révélations par le quotidien Les Echos des mesures radicales d'économie proposées au gouvernement à l'encontre des CCI dans le pré-rapport qui doit être publié d'ici cet été, cosigné par l'Igas (Inspection générale des affaires sociales), l'IGF (Inspection générale des finances) et le CGEIET (Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies), placé sous l'autorité directe du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg.

En attendant Montebourg

Ce pré-rapport a mis le feu aux poudres en proposant en particulier le maintien d'ici à 2017 d'une seule CCI par région, soit 22 contre 145 à l'heure actuelle… Tout aussi inquiétant pour les présidents de CCI, la dénonciation par ce pré-rapport d'un trop perçu par les chambres consulaires dans l'enveloppe financière qui leur est redistribuée par l'Etat, dans une fourchette annuelle moyenne comprise entre 132 M€ et 206 M€ !

"A l'heure actuelle, le gouvernement n'a pris aucune décision et nous sommes face à un rapport à charge contre les CCI. Les prélèvements sur nos fonds de roulement entraîneraient par exemple une chute de 30 % des budgets de fonctionnement. Nous sommes dans une période qui se situe entre ce rapport et la décision du gouvernement. André Marcon, président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI), a essayé de nouer le dialogue avec notre ministre de tutelle, Arnaud Montebourg, mais en vain. Il faut savoir que les mesures envisagées entraîneraient le licenciement de 6.000 agents consulaires en France et l'arrêt de la formation en alternance, alors que le réseau des CCI est le second formateur du pays, derrière l'Education nationale", souligne Laurent Courbu. D'où l'annonce hier par les présidents de CCI de l'adoption d'une panoplie de mesures très musclées.

Profondes divergences

L'AG a ainsi décidé de suspendre la totalité des travaux en cours avec le gouvernement, d'arrêter de faire la promotion du CICE (Crédit impôt recherche compétitivité emploi) et du pacte de responsabilité auprès des entreprises, de cesser de transmettre aux pouvoirs publics les données relatives au fonctionnement des CCI, comme leur budget, et d'arrêter de financer des structures déficitaires, comme l'aéroport d'Agen en Aquitaine, ou certains ports de commerce.

Laurent Courbu tempère le choc de ces annonces. "C'est une alerte, nous disons au gouvernement qu'il doit faire attention aux conséquences. En Aquitaine, nous sommes bien conscients qu'il faut accélérer la mutualisation des services généraux entre CCI", concède-t-il. Mais le programme du maintien d'une CCI par région aura bien du mal à passer… "Nous sommes d'accord pour simplifier la carte consulaire, à raison d'une chambre par département, corrige ainsi Laurent Courbu. On est déjà en train de se préparer à la fusion des CCI de Bordeaux et Libourne, poursuit-il, concernant Pau et Bayonne il faut voir."  La route d'un nouveau consensus avec le gouvernement promet d'être longue.

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