Grâce à Comerso, Decathlon optimise la collecte et la gestion de ses invendus

Comerso innove depuis plusieurs années dans la pratique -légalement obligatoire- du don par les entreprises, qui n'ont plus le droit détruire les invendus alimentaires ou non alimentaires, en prenant en charge sa mise en place et sa gestion de A jusqu'à Z. Elle vient de signer avec Decathlon.

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Déjà présente chez Auchan, Système U et Leclerc, la PME bordelaise Comerso l'est désormais aussi chez Decathlon.
Déjà présente chez Auchan, Système U et Leclerc, la PME bordelaise Comerso l'est désormais aussi chez Decathlon. (Crédits : Comerso)

Comerso, le prestataire antigaspi des enseignes de la grande distribution alimentaire, d'Auchan à Système U en passant par Leclerc, continue à étendre sa toile vertueuse  articulée sur la gestion pour compte d'autrui de la collecte et de la redistribution de marchandises invendues. C'est ainsi que l'entreprise bordelaise vient d'annoncer la signature d'un nouveau contrat avec l'enseigne de vêtement et matériel de sport Decathlon.

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Désormais frappée d'illégalité depuis le 1er janvier 2022 par la loi Agec (Anti-gaspillage et économie circulaire) du 10 février 2020, la destruction des invendus non alimentaires se double de peines d'amende pour les contrevenants. Les enseignes de la grande distribution s'engagent d'autant plus facilement dans cette voie anti-gaspillage tracée par la loi Agec que la sauvegarde de ces produits invendables s'accompagne d'une incitation qui n'a rien de négligeable, puisqu'elle consiste en la récupération d'un avoir fiscal représentant 60 % de la valeur d'achat.

Comerso et Decathlon étroitement connectés

"Notre mission est d'accompagner nos clients dans la valorisation de leurs invendus. Nous avons commencé avec la GMS [grande et moyenne surface] et l'agroalimentaire et depuis deux ou trois ans nous intervenons dans le non alimentaire. Nous travaillons aussi depuis deux ans avec Decathlon, qui avait anticipé l'arrivée de la nouvelle loi Agec. Nous aidons Decathlon dans les domaines du don et de la collecte. Nous avons commencé dans quelques magasins et maintenant nous sommes présents dans plus de 270 magasins Décathlon.

Les salariés de Decathlon remplissent les bacs destinés aux dons. Nous sommes en contact numérique étroit avec l'enseigne. Quand un bac est plein, les salariés n'ont plus qu'à taper sur leur tablette pour nous avertir. Cela déclenche une collecte et transfère cette partie de leur stock dans notre comptabilité", détaille à La Tribune François Vallée, directeur de la communication de Comerso.

Comerso n'a pas de zone logistique ni le moindre entrepôt. Les commandes validées par le donneur d'ordre, en l'occurrence Decathlon, servent à la constitution de listings qui détaillent, au lacet près, la nature de tous les objets à récupérer. Ce sont ensuite les associations, comme la Croix Rouge, qui organisent les tournées de récupération des bacs. Comme le précise François Vallée les invendus transformés se divisent en trois catégories : les produits issus des nouvelles collections, ceux qui sont légèrement abimés mais sans conséquence fonctionnelle, du type manche de raquette taché, et ceux qui ont été retournés par les clients. Et même si la transformation en dons des invendus représente 80 % de son activité, Comerso organise aussi parfois des opérations promotionnelles dédiées au sein des magasins.

Un mode unique de gestion des dons

"Nous nous occupons du reçu fiscal. L'attestation qui va avec, est faite à l'association puis remonte à Decathlon. Notre objectif est de faire le plus simple possible, parce que dans les magasins le plus simple bien sûr c'est de jeter les produits périmés ou invendables à la poubelle. Nous n'avons pas appris à Decathlon à faire des dons aux associations. Ils savent faire. Nous, ce qu'on leur amène c'est un process unique, déployé à l'échelle nationale dans tous les magasins. Avec des produits comme ceux de Decathlon c'est facile à valoriser. Mais avec les enseignes de bricolage c'est différent. Quand vous avez des parpaings et de la peinture c'est beaucoup plus complexe. Il existe des associations qui savent faire avec ce type de matériel, mais il faut les connaître", décortique François Vallée.

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Une croissance annuelle de + 20 à + 30 %

Ce dernier estime que depuis sa création Comerso a permis la redistribution de l'équivalent de 110 millions de repas. Il précise que l'entreprise, dont il préfère ne pas donner le chiffre d'affaires, engrange une croissance annuelle très élevée, de l'ordre de +20 à +30 %. Comerso emploie 35 salariés répartis entre Bordeaux, où se trouve le siège, et Angers, où est basée la recherche et développement. Enfin, le porte-parole de l'entreprise n'oublie pas de souligner que, depuis sa création, Comerso a réussi à faire économiser près de 100 millions d'euros d'impôts aux entreprises qui ont joué  le jeu, dont 38 millions d'euros au cours de la seule année 2021. Comerso compte plus de 1.300 clients en France, plus de 1 500 associations partenaires, et affiche 6 400 associations référencées.

"Ces économies à grande échelle ont un impact social à l'échelle interne des enseignes clientes et sur leur volet social puisqu'elles se rapprochent du tissu associatif et qu'elles améliorent leur impact environnemental. C'est un cercle vertueux. La France est le seul pays au monde a disposer de deux lois qui interdisent la destruction des invendus alimentaires et non alimentaires. En Europe, plusieurs pays nous regardent avec attention pour savoir ce que ça va donner", se félicite François Vallée.

Née en 2013 à Agen, cette entreprise cofondée par Pierre-Yves Pasquier, qui en est le président, et Rémi Gilbert, qui s'en est retiré, a migré à Bordeaux.

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