Logistique urbaine : Midipile Mobility fait étape à Bordeaux sur la route de l'industrialisation

C'est l'une des startups qui veut révolutionner la logistique urbaine grâce à un petit véhicule propre et inclassable. L'équipe de Midipile Mobility était présente à Bordeaux ce 10 mai, dans l'enceinte de Darwin, pour mettre en lumière son prototype mi-vélo mi-voiture. Les perspectives de production et de mise sur le marché se dessinent pour l'entreprise basée à Angoulême.

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Une dizaine de personnes compose l'équipe de Midipile Mobility, qui compte aujourd'hui 8 équivalents temps plein.
Une dizaine de personnes compose l'équipe de Midipile Mobility, qui compte aujourd'hui 8 équivalents temps plein. (Crédits : Agence APPA)

"Vous venez réinventer la voiture ?" s'interroge un passant, curieux. C'est un peu l'idée oui. Pourtant jusqu'ici, pour présenter son prototype, l'équipe de Midipile Mobility parlait d'un objet "mi-vélo mi-voiture". Désormais, elle assume qu'il s'agit bien là d'un véhicule électrique et éco-conçu dont la vocation est de remplacer l'automobile dans les centre-villes. C'est à Darwin, sur la rive droite de Bordeaux, qu'elle est venue le prouver ce 10 mai, devant le regard des curieux simples observateurs ou partenaires potentiels de cette startup basée à Angoulême en Charente.

Midipile Mobility possède également un bureau sur le campement d'entreprises de Darwin, pour profiter de "l'effet vitrine" de Bordeaux et aussi se placer à proximité des marchés potentiels. Avec son mini-véhicule - qui pèse 100 kilos alors que sa capacité de charge doit atteindre trois fois plus - l'équipe veut proposer une solution pour la logistique urbaine dans les cœurs des centre-villes. A l'instar du voisin lot-et-garonnais Goupil Industrie, elle vise les acteurs de la micro-livraison, des sites industriels mais également les collectivités territoriales. Rien d'anodin donc à réaliser un galop d'essai en terre bordelaise, dans une métropole qui cherche à réduire son empreinte carbone. Mais pour l'instant, rien de concret.

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"Les collectivités sont dans un autre espace temps que nous. Avec elles, ça prend dix fois plus de temps qu'avec d'autres clients potentiels", calcule Benoît Trouvé. Pour le fondateur de Midipile Mobility et son équipe, tout doit aller très vite. L'entreprise va profiter de la fabrication de cinq véhicules de pré-série pour lancer les premiers essais clients doublés d'une campagne pour trouver 80 clients. Les formules de location de véhicule tourneront autour de 250 à 300 euros par mois. Ce démarrage doit être officialisé lors du salon VivaTech à Paris en juin.

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Le véhicule peut accueillir une personne et se pilote à l'aide de pédales et d'un volant très artisanal. (Crédits : Agence APPA)

Première levée de fonds

L'agenda est ambitieux. Rien d'étonnant pour une équipe qui ne cesse d'afficher un optimisme immodéré, certaine des garanties de réussite.

"Nous sommes certains qu'il y a un marché dans la logistique du dernier kilomètre avec l'instauration des ZFE [Zones à faibles émissions où seuls les véhicules les moins polluants pourront circuler, ndlr]. Nous le savons rien qu'en voyant les entreprises de livraison en vélo-cargo : leurs carnets de commandes sont pleins à trois ou quatre ans", revendique Benoît Trouvé.

Mais la clé du modèle de Midipile demeure dans la capacité d'industrialisation de son innovation. A ce titre, l'Angoumoisine se projette déjà dans une friche industrielle basée en Charente, détenue par un grand groupe mais dont le nom n'est pas encore dévoilé.

Étape particulièrement périlleuse sur laquelle Mia Electric s'est cassée les dents dans les années 2010 en Poitou-Charentes, et que la startup Gazelle Tech tente de surmonter aujourd'hui depuis Bordeaux. Avant de s'y essayer à son tour, Midipile va engager une première levée de fonds pour rassembler entre 500.000 et un million d'euros d'ici la fin de l'année. De quoi permettre d'obtenir l'indispensable certification pour gagner le droit d'arpenter les routes. Pas gagné d'avance pour un véhicule encore jamais vu ailleurs.

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