Hydrogène de France prêt à changer les plans prévus pour l'usine de Blanquefort

Entreprise d'avant garde dans la production d'hydrogène vert, Hydrogène de France doit normalement investir 20 millions d'euros dans la construction de sa future usine de Blanquefort (Bordeaux Métropole). Mais aujourd'hui Damien Havard, fondateur et dirigeant d'Hydrogène de France, attend une réponse de la part du ministère de l'Economie et des Finances pour décider ce qu'il va faire.

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Une usine Hydrogène de France dont la taille pourrait rapetisser ou doubler.
Une usine Hydrogène de France dont la taille pourrait rapetisser ou doubler. (Crédits : HDF Energy)

Ce mardi 22 février la société innovante Hydrogène de France (HDF Energy), à Lormont (Bordeaux Métropole/rive droite) installe une partie de son effectif dans 600 m2 de bureaux pris en location place Ravezies, dans la partie nord de Bordeaux.

"Nous sommes passés de 20 à 50 salariés très vite et avec la fin du confinement nous avions besoin de nous agrandir. Nous gardons nos locaux de 250 m2 à Lormont" recadre pour La Tribune Damien Havard, fondateur et dirigeant d'Hydrogène de France.

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Société d'ingénierie et de développement de projets en énergie renouvelable utilisant de l'hydrogène vert, HDF Energy est aussi un opérateur industriel impliqué dans la production et la distribution d'énergie décarbonée à partir de piles à combustible de forte puissance. Ceci grâce au contrat de transfert de technologie signé avec le groupe canadien Ballard Power Systems, référence internationale en matière de piles à combustible.

95 millions d'euros d'actifs et de trésorerie à disposition

Lors de son entrée sur le marché boursier, en juin 2021, HDF Energy a réussi à lever 100 millions d'euros. Opération qui lui a permis d'accueillir dans son capital deux nouveaux actionnaires importants pour le marché de l'énergie renouvelable : Téréga (313 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020) qui était auparavant TIGF (filiale du groupe Total assurant la distribution du gaz dans le Sud-Ouest) et le groupe Rubis, acteur français de la distribution de carburant, de gaz et de bitume dans 41 pays (3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2020).

Cerise sur le gâteau, avec son projet de pile à combustible de forte puissance, HDF Energy a remporté en avril 2021 l'appel à manifestation d'intérêt lancé par la Métropole pour implanter une activité industrielle sur 12,7 hectares de l'ancien terrain dit des Circuits de la ville de Blanquefort, qui appartenait à Ford. Un projet d'usine à 20 millions d'euros (chiffre réactualisé lors de l'introduction en bourse) qui ne devrait pas poser de problème de financement à Hydrogène de France qui semble disposer, depuis sa levée de fonds de l'an dernier, des moyens nécessaires pour financer cette opération, avec 95 millions d'euros d'actifs et de trésorerie à sa disposition.

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HDF Energy sera-t-elle bénéficiaire de l'IPCEI ou non ?...

Mais pour Damien Havard les choses ne sont pas aussi simples.

"Nous, nous opérons dans l'outre-mer et à l'export. Nous sommes heureux d'opérer à l'export, car nous y trouvons les marchés que nous recherchons pour assurer notre développement. Cela n'empêche pas que nous fassions des demandes d'aide financière. C'est ainsi que nous avons déposé il y a deux ans un dossier de demande d'aide dans le cadre de l'IPCEI (pour Projet important d'intérêt européen commun -Ndr), un programme européen de financement des projets industriels. Notre dossier IPCEI vise à développer des piles à combustible vertes pour intervenir dans les mobilités lourdes, comme celles des navires et les trains" rembobine Damien Havard.

Des projets créateurs d'emplois industriels qui répondent aux attentes de l'IPCEI souligne le dirigeant.

... De la réponse dépendra la taille finale de l'usine

Sur le plan opérationnel ces dossiers européens de l'IPCEI sont gérés par le ministère de l'Economie et des Finances, explique le dirigeant girondin, et c'est bien vers son titulaire, Bruno Lemaire, que se tourne le regard de Damien Havard alors que l'échéance de la prochaine élection présidentielle se rapproche à grands pas.

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"Si finalement nous ne devons pas bénéficier de l'IPCEI nous réduirons la taille de notre projet. Parce que même si nous sommes des leaders sur notre marché, les piles à combustibles vertes de forte puissance, de nouveaux concurrents financièrement soutenus par leurs pays sont en train d'arriver » explique le patron d'HDF Energy.

La taille de l'usine de Blanquefort pourrait ainsi passer des 7.000 m2 prévus à 5.000 m2 en cas de non financement européen. Ou au contraire grimper à près de 14.000 m2 en cas de soutien européen !

Un nouveau parc encore plus puissant à La Barbade

S'il ne rentre pas dans les détails, Damien Havard évoque une intervention européenne qui peut osciller de plusieurs dizaines à quelques centaines de millions d'euros... D'où sa forte attente d'une réponse du ministère de l'Economie et des Finances. En tant que concepteur et développeur de nouveaux parcs de production d'énergie verte à base d'hydrogène, HDF essaie d'engranger le maximum de projets. Jusqu'ici le plus gros chantier de production et distribution d'énergie renouvelable en continu était celui de la Centrale électrique de l'ouest guyanais (CEOG), près de Saint-Laurent-du-Maroni, sur la frontière du Surinam.

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"Le site de la CEOG est en cours de défrichage" relève Damien Havard, sachant que cette centrale verte doit être livrée à la mi-2023. L'entreprise girondine vient néanmoins d'annoncer le lancement à La Barbade d'un projet baptisé RSB (Renewstable Barbados) encore plus puissant que celui de la CEOG.

Un chiffre d'affaires plombé par la norme comptable IFRS

Coté en bourse, Hydrogène de France annonce pour 2021 un chiffre d'affaires de 885.000 euros, en net retrait par rapport à celui de 2020 (1,9 million d'euros).

"Pour information, les acomptes encaissés mais non constatés en chiffre d'affaires sur l'exercice 2021 s'élèvent à 2,1 millions d'euros, dont 2 millions d'euros inhérents aux contrats de fourniture des piles à combustible de la centrale CEOG. Il n'y avait pas d'acompte encaissés non constatés en chiffre d'affaires en 2020" éclaire la direction d'HDF Energy.

Damien Havard précise que cela est dû l'entrée en bourse d'HDF Energy. Cette translation sur le marché financier obligeant les entreprises qui font appel à l'épargne publique à adopter une comptabilité aux normes IFRS. Ainsi les acomptes ne sont pas comptabilisés tant que les opérations auxquels ils sont liés ne sont pas entièrement dénouées.

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Commentaire 1
à écrit le 02/05/2022 à 13:55
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Hydrogène et Automobile voila un cocktail détonnant qui pourrait se retrouver à la pointe d'une relance d' un secteur économique Made in France.

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