5G : Bordeaux veut se poser en sentinelle (3/3)

 |  | 537 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Tingshu Wang)
"Impuissante" face au déploiement de la 5G à Bordeaux et dans sa métropole, la majorité municipale, qui réunit écologistes et socialistes, entend jouer un rôle actif dans l’évaluation des impacts sanitaires et environnementaux attendus.

"Il faut penser la 5G sous le prisme de la rationalité". Elle a beau constater son "impuissance" face à la prolifération des émetteurs 5G dans la métropole et au-delà, Delphine Jamet, adjointe EELV au maire de Bordeaux chargée de la stratégie de la donnée, n'en démord pas : le déploiement de cette technologie nécessite des études d'impacts sanitaires et environnementaux dignes de ce nom. "On a ouvert le débat sur la 5G a posteriori, une fois que son développement était acté. C'est ça le fond du problème", dénonce-t-elle le 5 mars auprès de La Tribune, se défendant au passage de toute posture idéologique "anti-5G".

La demande adressée fin septembre 2020 à l'État, par le conseil municipal bordelais, de consulter les collectivités avant l'ouverture effective des bandes de fréquences 5G sur leur territoire, est en effet restée lettre morte, tout comme le moratoire réclamé plus largement par la convention citoyenne sur le climat.

Depuis décembre dernier, les opérateurs déploient donc leurs émetteurs sur tout le territoire régional, avec une accélération notable sur la métropole bordelaise ces dernières semaines. Bouygues Telecom et SFR ont ainsi ouvert leur réseau de bandes hautes fréquences (entre 2,1 et 3,5Ghz) le 9 février dernier, et Orange leur a emboîté le pas quinze jours plus tard.

Lire aussi : Déploiement de la 5G en Nouvelle-Aquitaine : où en est chaque opérateur ? (1/3)

Mesurer pour éclairer

Seule "petite victoire" dont la majorité écologiste peut se prévaloir : celle d'avoir "freiné" l'ouverture des sites 5G, et obtenu des opérateurs qu'ils attendent la mise en place de capteurs par l'Agence nationale des fréquences (ANFR). "Ces capteurs vont nous permettre de mesurer sur le long terme l'évolution des ondes électromagnétique générées par la 5G", détaille Delphine Jamet, précisant que ces données seront "rendues accessibles à tous". L'élue suggère d'ailleurs d'intégrer cet observatoire dans le contrat local de santé métropolitain signé avec l'Agence régionale de santé.

Cet exercice d'évaluation des impacts de la 5G, les entreprises investies dans le secteur l'appellent aussi de leurs vœux, pour dépassionner les controverses. "Il appartiendrait à la communauté scientifique de fournir des éléments factuels sur lesquels fonder des normes sanitaires incontestables", fait ainsi valoir Romuald Vetro, directeur général de l'entreprise bordelaise AW2S, qui fabrique des émetteurs 5G, interrogé par La Tribune le 3 mars dernier.

Lire aussi : 5G : « Nous sommes capables de développer des solutions 100 % souveraines » (2/3)

Une technologie trop carbonée

Si la nouvelle majorité n'a pu contenir plus longtemps l'ouverture des bandes de hautes fréquences, elle a en revanche prévenu l'Arcep : Bordeaux ne sera pas, comme initialement prévu, territoire d'expérimentation pour les bandes 26Ghz.

"La fréquence 26GHz engendre une consommation énergétique trois fois plus importante. On ne pourra pas tenir les engagements de réduction des émissions de CO2 pris dans le cadre de l'Accord de Paris si on la déploie massivement", prévient Delphine Jamet. "Nous devons interroger nos besoins et nos usages à l'aune de cet enjeu climatique."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :