Alimentation : Epi C'Tout, l’épicerie solidaire qui veut faire bouger les lignes à Bordeaux

 |   |  866  mots
Quatre équipes de consommateurs acteurs gèrent quotidiennement l'épicerie Epi C'Tout à Bordeaux. Au centre, au deuxième plan, Soumia Kessasra.
Quatre équipes de consommateurs acteurs gèrent quotidiennement l'épicerie Epi C'Tout à Bordeaux. Au centre, au deuxième plan, Soumia Kessasra. (Crédits : Local'Attitude)
L’activité de l’épicerie Epi C’Tout, gérée par l’association bordelaise Local’Attitude, a bondi depuis le début de la crise sanitaire. Selon Soumia Kessasra, sa directrice qui passera la main en juin prochain, son modèle est à ce stade confirmé. Ici pas de conseil d’administration, ni de bureau tandis que le modèle défendu n’est pas celui de l’aide alimentaire classique. Coup de projecteur sur cette association de l'ESS, accompagnée par Darwin, qui, à partir de la notion d’alimentation, lance des pistes de réflexion pour le monde d’après la pandémie.

"L'activité de l'épicerie est en augmentation constante depuis sa création mais dans le contexte du Covid-19, nous sommes en phase d'accélération avec une activité qui explose et vient confirmer notre modèle", assure Soumia Kessasra. Elle est la directrice de l'association Local'Attitude, créée à Bordeaux en 2016, qui gère depuis juillet 2018, Epi C'Tout, à la fois "épicerie, supermarché coopératif et centre social" au sein du petit centre commercial Emile Counord, au Grand Parc. Un concept original sur lequel se greffera, plus tard, un jardin collectif et, idéalement, une mutualisation entre acteurs disposant de parcelles de jardins partagés au sein de la future bande nourricière en cours d'aménagement au cœur du quartier du Grand Parc, à Bordeaux Nord. "Nous en avons sollicité une dans le cadre de ce projet du Grand Parc. Mais rien n'a encore été tranché à ce stade."

Un projet "incasable"

Car Local'Attitude, c'est un tout ! L'association entend favoriser l'accès à une alimentation saine et de qualité pour tous, favoriser le lien social et le pouvoir d'agir. "C'est incroyable tous les champs que l'on peut développer à partir de l'alimentation", s'exclame Soumia Kessasra qui le reconnait : "nous sommes incasables." Mais c'est assumé.

D'un point de vue de l'organisation, après avoir fonctionné selon le schéma classique d'une association, il n'y a désormais ni conseil d'administration, ni bureau pour bannir toute idée de hiérarchie entre les bénévoles. Quatre équipes de consommateurs acteurs gèrent quotidiennement l'épicerie et des groupes de travail ont été constitués sur l'approvisionnement, l'animation, la recherche de fonds, ou encore la qualité de vie. "Il s'agit d'être cohérent avec le la vision idéale que l'on défend", avance la directrice.

Mais qu'en est-il du côté de l'activité ? "Nous ne correspondons pas à l'aide alimentaire telle que nous la connaissons depuis 50 ans, et qui est soutenue par les institutions. Nous bousculons les schémas", explique Soumia Kessasra, qui rappelle que l'épicerie a été créée suite au constat d'une augmentation de la précarité dans le quartier du Grand Parc à Bordeaux. Ici, donc, pas de distribution de paniers. L'association ne fonctionne pas avec des dons et n'achète pas les fins de circuit.

"Alors que la composition des paniers issus de la Banque alimentaire nous posait question au regard de la provenance des...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/05/2020 à 12:07 :
L'Etat et la CE subventionne les agriculteurs.
Avec Epi C'tout, l'Etat subventionne indirectement la distribution.
Il ne reste plus qu'à subventionner les achats des consommateurs.
Ainsi tout le monde sera content de faire partie du club des assistés comme à l'époque du communisme !....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :