Covid-19 : Shark Robotics prototype un robot décontaminateur à La Rochelle

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La PME rochelaise Shark Robotics a adapté son robot Rhyno Protect pour lui permettre de décontaminer 20.000 m2 de locaux en trois heures.
La PME rochelaise Shark Robotics a adapté son robot Rhyno Protect pour lui permettre de décontaminer 20.000 m2 de locaux en trois heures. (Crédits : Shark Robotics)
C'est à La Rochelle que l'entreprise Shark Robotics conçoit, développe et fabrique ses robots télécommandés. Connue pour son intervention lors de l'incendie de Notre-Dame-de-Paris en avril 2019, cette PME de 30 salariés a mis au point un prototype de robot capable de décontaminer des espaces et des surfaces sur 20.000 m2 en 3 heures. Des discussions son en cours avec l'Etat.

Fondée en 2016 par deux profils complémentaires - l'ingénieur Jean-Jacques Topalian et l'ancien de l'Armée de terre Cyril Kabbara, Shark Robotics s'est spécialisée dans des robots terrestres en série ou sur mesure pour effectuer des tâches à distance. Son robot Colossus a été mis sous les projecteurs lors du spéctaculaire incendie de Notre-Dame-de-Paris l'an dernier. "La brigade des sapeurs pompiers de Paris avait acquis un Colossus l'année précédente et l'épisode de Notre-Dame les a visiblement convaincu de l'utilité du robot puisqu'ils en ont commandé trois de plus en novembre 2019 notamment pour sécuriser les travaux des tunneliers du Grand Paris", précise Manon Vermenouze, directrice des affaires publiques de la PME.

Fabrication 100 % rochelaise

Plus largement, l'entreprise qui conçoit, développe et fabrique tous ses robots à La Rochelle, a une quarantaine de clients en portefeuille (dont Safran, Total, ArianeGroup, le ministère des Armées, Thales et plusieurs Sdis) pour qui ses robots effectuent des missions variées dans les domaines de la sécurité, de la défense, de l'industrie, de l'énergie et du nucléaire notamment. Après 2,6 M€ de chiffre d'affaires en 2019, la PME visait, avant la crise pandémique, environ 3,5 M€ en 2020.

"Nos robots sont conçus comme des Lego avec des briques que l'on peut ajouter ou retirer en fonction des besoins de chaque client", explique Manon Vermenouze. Shark Robotics a donc pu développé rapidement un prototype de son Rhyno Protect en remplaçant sa fonction anti-incendie par un outil de décontamination. "La conception, l'usinage et le montage se font à La Rochelle, c'est un gage de sécurité et de réactivité qui prouve toute sa pertinence dans la situation que nous connaissons aujourd'hui", poursuit la représentante de la PME dont une partie des 30 salariés sont en chômage partiel.

Shark Robotics

Le Rhyno Protect en mode décontamination  (crédits : Shark Robotics)

150 robots en trois mois

L'atout principal de ce robot prototype, qui peut monter et descendre des escaliers, est sa capacité à décontaminer des surfaces ou des locaux, jusqu'à 20.000 m2 en trois heures, sans exposer l'opérateur humain au risque du Covid-19. Deux procédés sont proposés : décontamination par pulvérisation à 360° et purification de l'air par des lampes spéciales. "Nous avons reçu plusieurs demandes de l'étranger mais on discuter aujourd'hui avec l'Etat français parce qu'on souhaite vraiment pouvoir faire la différence ici en France en fournissant nos robots au prix le plus bas possible pour nous", assure Manon Vermenouze. En cas de commande ferme, Shark Robotics serait en mesure de produire jusqu'à 150 unités de Rhyno Protect en trois mois.

Un enjeu de décontamination potentiellement important alors que des traces infectieuses du virus peuvent rester jusqu'à trois jours, voire six jours dans certains cas, sur certaines surfaces et certains matériaux, particulièrement le plastique et l'acier, selon deux études internationales.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2020 à 17:00 :
Génial ! En plus on pourra s'en servir pour l'accident nucléaire dans quelques années :)

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