Impression 3D : trois startups offrent au CHU de Bordeaux des équipements contre le covid-19

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Gryp, Ideokub et D33D sont en mesure de fournir gratuitement 6.000 visières de protection pour le personnel soignant du CHU de Bordeaux face à l'épidémie de Covid-19.
Gryp, Ideokub et D33D sont en mesure de fournir gratuitement 6.000 visières de protection pour le personnel soignant du CHU de Bordeaux face à l'épidémie de Covid-19. (Crédits : Gryp)
Gryp, Ideokub et D33D : ces trois startups de l'agglomération bordelaise spécialistes de l'impression 3D fournissent gratuitement au CHU de Bordeaux des visières en PVC et bientôt des valves pour respirateurs artificiels. Une centaine de visières pour les soignants ont déjà été livrées et jusqu'à 6.000 pourraient suivre.

[Article mis à jour le 30/03/20 avec précisions sur l'Ensam et les makers]

C'est ce qu'on appelle se mettre sans hésiter au service de l'action collective et de l'intérêt général. Dès les prémices de l'épidémie de Covid-19 en France, la startup Gryp, qui produit habituellement des pièces détachés pour voitures de collection, a décidé de mettre ses imprimantes 3D au service du CHU de Bordeaux. "Nous avons dix machines dont quatre compatibles avec les équipements de santé. Notre activité habituelle est à l'arrêt, nous proposons donc d'imprimer gratuitement les pièces nécessaires jusqu'à épuisement de nos stocks", expliquait à La Tribune Gauthier Laviron, l'un des deux co-fondateurs de Gryp, dès le 16 mars. Avec le concours de deux autres jeunes entreprises spécialistes de l'impression 3D - Ideokub, à Bordeaux, et D33D, à Martillac - et des enseignants chercheurs de l'Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers (Ensam) de Bordeaux-Talence et du laboratoire I2M, les discussions avec le CHU de Bordeaux ont d'ores-et-déjà abouti.

"La production de visières et de casques en feuilles de PVC pour équiper et protéger le personnel soignant a été validée par le CHU. On leur en a déjà livré une centaine et nous sommes en capacités d'en produire 150 par jour. Avec nos trois stocks réunis nous avons de quoi fournir gratuitement au CHU environ 6.000 visières dans les prochaines semaines", détaille Gauthier Laviron.

La production et la livraison sont en effet assurés à titre gracieux par les trois startups. "Pour le paiement de la matière première, s'il y en a un un jour, on verra plus tard. Ce n'est pas le sujet aujourd'hui", balaye l'entrepreneur.

Et la mobilisation de Gryp, Ideokub et D33D ne s'arrête pas là puisque la production de valves pour des respirateurs artificiels est en cours de prototypage en lien direct avec les équipes du CHU à Haut-Lévèque. "Nous y avons travaillé avec l'atelier de design bordelais Felix et Associés. Nous reproduisons la valve à partir de la pièce d'origine fournie par le CHU comme nous le faisons d'habitude pour les pièces automobiles", explique Gauthier Laviron. Le premier prototype est livré ce 27 mars au CHU. Créée fin 2017 à Bordeaux et désormais installée à Mérignac, Gryp compte trois collaborateurs, dont les deux associés Gauthier Laviron et Bastien Vanlathem, pour 100.000 € de chiffre d'affaires en 2019

Plus largement, cette démarche illustre la mobilisation de la communauté des "makers" dans son ensemble qui, dans la région bordelaise et ailleurs en France, est à la manœuvre pour fabriquer et livrer des masques faciaux aussi bien au CHU qu'aux structures plus modestes grâce notamment à plusieurs groupes sur Facebook pour coordonner les efforts.

Lire aussi : Impression 3D : les Bordelais de Gryp au chevet des voitures de collection

Gryp

Les visières en PVC produites par Gryp pour le CHU de Bordeaux (crédits : Gryp).

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Commentaires
a écrit le 28/03/2020 à 0:02 :
Bravo faites une cagnotte leechee ont veux vous aider financierement

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