Financièrement très solide, Lectra se prépare à acheter entre 3 et 5 startups en 2020

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Leader mondial sur son marché, Lectra n'a jamais cessé de concevoir et produire ses systèmes de découpe de matériaux souples haut de gamme en France.
Leader mondial sur son marché, Lectra n'a jamais cessé de concevoir et produire ses systèmes de découpe de matériaux souples haut de gamme en France. (Crédits : Lectra)
Avec l'épidémie de coronavirus, les marchés internationaux, déjà affaiblis par la crise sino-américaine, devraient continuer à être perturbés. Une aubaine pour le groupe Lectra, qui compte en profiter pour muscler son offre technologique en rachetant des startups, grâce à son excellente santé financière.

Le groupe Lectra, à Paris et Cestas (Gironde), leader mondial de la conception et de la fabrication de systèmes de découpe de matériaux souples (cuir, tissus...), vient de dévoiler les résultats consolidés du groupe pour le 4e trimestre et l'ensemble de l'année 2019.

"Le 4e trimestre est conforme à nos attentes, avec un recul de 9 % des commandes, ce qui est un peu décevant. Ceci dit, nous sommes raccord avec les prévisions que nous avons communiqué au marché", recadre pour La Tribune Daniel Harari, PDG de Lectra, le groupe étant coté en bourse.

Le chiffre d'affaires du groupe est ainsi passé à 74,2 M€ au 4e trimestre 2019, en retrait de 2 % sur un an à données comparables (chiffres 2019 traduits aux cours de change 2018). De la même manière le résultat opérationnel est en retrait sensible, de -10 % sur un an (idem) à 11,2 M€. Le résultat net trimestriel reste positif, à 8 M€, mais recule (à données réelles) de -7 % sur un an (8,6 M€ au 4e trimestre 2018). Par contre le cash-flow libre, correspondant à la trésorerie générée par l'activité, enregistre une évolution très positive, à 18,1 M€, soit une hausse de 41 % sur un an.

Une trésorerie nette à l'insolente bonne santé

Présent sur tous les continents Lectra n'échappe pas aux fortes turbulences du marché mondial. Après le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qui semble sur le point de se terminer, la bombe virale du coronavirus partie de Wuhan menace à son tour de paralyser les échanges. Même si cette dernière est passée inaperçue à ses débuts, en décembre 2019, elle donne la couleur à une année commerciale rythmée par l'instabilité. Lectra, dont les bases financières sont d'une rare solidité, a encaissé le coup sans décrocher de son modèle de développement.

Lire aussi : Coronavirus : l'économie chinoise asphyxiée, l'activité mondiale menacée

En 2019, le chiffre d'affaires annuel se tasse de -3 %, à données comparables, pour atteindre 280 M€. Tandis que le résultat net progresse de 2 % (à données réelles) pour atteindre 29,3 M€. Du côté des fondamentaux, la croissance est à l'ordre du jour. Le cash-flow libre se monte ainsi à 36,2 M€ fin 2019 (+67,5 % sur un an), tandis que les capitaux propres atteignent la barre des 183 M€ (+7,3 %) et la trésorerie nette celle des 120,6 M€ (+18 %). Montant que la trésorerie nette affiche après paiement du dividende de 12,8 M€ au titre de l'exercice 2018 et le décaissement de 8 M€ pour régler l'acquisition, le 15 juillet dernier, de la société innovante belge Retviews, dont la technologie permet aux marques de la mode d'analyser en temps réel les données de marché pour prendre les meilleures décisions, grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle.

Le coronavirus n'a pas fini de perturber les échanges

"Nous restons sur des bases financières toujours aussi solides mais je ne donne pas de perspectives sur les mois à venir pour la société car il est actuellement impossible de prédire l'impact que va avoir le coronavirus sur l'activité mondiale. Il a déjà mis les chaines de production à l'arrêt en Chine et ça se répand dans le monde. Ce mouvement va se propager encore plus vite que le virus, mais peut-être qu'il ne durera pas longtemps", essaie de cadrer le polytechnicien.

Engagé sur trois grands marchés : la mode, l'automobile -avec la découpe des airbags-, et l'ameublement (habillage des meubles), Lectra s'est imposé à la tête du marché mondial après que ses dirigeants, Daniel et André Harari, ont refusé il y a une quinzaine d'années de délocaliser le groupe en Chine, pour continuer à produire et concevoir leurs systèmes en France sur un créneau haut de gamme. Ce qui leur a permis de créer beaucoup de valeur et de surclasser progressivement leur concurrent américain, piégé par sa stratégie low cost en Chine.

Des startups qui seront mises à rude épreuve

L'excellence technologique reste au cœur de la vision du groupe et, en ces temps incertains, Daniel Harari a décidé de jouer de la puissance de feu de Lectra pour profiter des plus belles occasions.

"Notre très bonne santé financière et les énormes tensions qui vont continuer à s'exercer sur le marché international vont nous permettre de faire de nouvelles acquisitions de jeunes entreprises innovantes, qui n'auront plus les moyens de faire face aux enjeux financiers. Nous envisageons d'acheter entre trois et cinq startups. Elles réalisent de petits chiffres d'affaires et l'idée n'est absolument pas de gonfler l'activité de Lectra à court terme avec du chiffre d'affaires additionnel. Nous cherchons au contraire à renforcer nos positions à moyen et long terme grâce à de nouvelles technologies qui vont nous rendre plus forts dans le retail, la distribution", éclaire le PDG de Lectra.

La stratégie de Lectra pour la feuille de route 2020-2022 reste centrée sur la montée en puissance de l'usine 4.0, avec en particulier la dynamique croissante de l'offre personnalisable dans la mode, au prix du prêt-à-porter.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2020 à 14:35 :
Et ils veulent acheter des startups de quoi ? De gros rouge qui tache ou de découpe au laser ?

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