Hydrogène de France produira ses piles à combustible à Bordeaux Métropole en 2022

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(Crédits : HDF)
"La première usine au monde de fabrication en série de piles à combustible de forte puissance." C'est l'annonce de l'entreprise bordelaise Hydrogène de France qui prévoit d'ouvrir ce site dans ou proche de la métropole en 2022 avec une centaine d'emplois à la clef. Cet investissement de 15 M€ s'accompagne d'un partenariat technologique avec le géant canadien Ballard Power Systems. Objectif : industrialiser la fabrication des piles à hydrogène pour en réduire le coût.

C'est un projet dont la genèse remonte à plus de trois ans. La future usine girondine annoncée par Hydrogène de France "fabriquera la brique la plus stratégique des futures grandes infrastructures hydrogène de production électrique", indique la société basée à Lormont. Ce site industriel, d'une capacité de 50 MW de production annuelle à terme, devrait être installé à Bordeaux Métropole ou à proximité immédiate. Des discussions sont encore en cours notamment avec Nicolas Florian, le vice-président à l'économie et maire de Bordeaux. Rien n'est acté mais ce site, potentiellement classé Seveso, pourrait être construit dans le quart nord-ouest de l'agglomération bordelaise, possiblement en lien avec le site de Ford Blanquefort, où 800 emplois industriels ont été supprimés cette année, bien que les calendriers apparaissent difficilement compatibles. Les travaux de démolition des bâtiments, de dépollution et de remise en état du site de Ford doivent s'étaler jusqu'à la fin 2024.

Du côté de l'usine HDF, le timing est bien plus resserré. Si les autorisations sont obtenues en 2020, les travaux pourraient démarrer début 2021 pour une mise en service potentiellement en 2022. Le site nécessite 8.000 m2 dont la moitié pour la production et l'autre pour le stockage. L'investissement s'élève à 15 M€ ce qui est considérable pour l'entreprise HDF , créée en 2012 à Lormont, qui emploie 18 salariés et affiche 2,5 M€ de chiffre d'affaires. "Nous disposons de 2M€ de fonds propres, l'entreprise est rentable et nous visons 7,5 M€ de chiffre d'affaires en 2020. Nous avons aussi six projets sécurisés de centrale qui nous permettent de voir l'avenir sereinement", fait valoir Damien Havard, le président et fondateur de HDF.

Résoudre l'intermittence des énergies renouvelables

L'usine produira des piles à combustible à forte puissance, c'est-à-dire supérieure à 1MW, sous la marque "HDF Energy" intégrant des coeurs de pile de la société canadienne Ballard Power Systems "qui dispose aujourd'hui de la technologie la plus déployée au monde", précise HDF. "Cet accord d'exclusivité mondiale, qui est aussi une marque de confiance, permet à HDF de proposer des pîles à combustible de forte puissance dont les performances et les prix sont adaptés au marché de l'énergie. Ces piles seront conçues conjointement par Ballard et HDF", ajoute Damien Havard. Ballard, dont le siège est Vancouver, est cotée au Nasdaq et affiche 97 M$ de chiffre d'affaires en 2018 (en repli de 20 %) et plus de 500 salariés. L'entreprise est spécialisée dans les piles à hydrogène pour les moyens de transport.

De son côté, si l'hydrogène est en effet un moyen de propulsion prometteur pour les trains, bus et véhicules individuels, HDF veut avancer prioritairement dans une autre direction : utiliser l'hydrogène comme un vecteur de stockage massif de l'électricité pour transformer l'intermittence des énergies renouvelables en électricité stable. C'est notamment l'objectif du projet développé en Guyane avec Meridiam et la raffinerie Sara dont les travaux doivent démarrer en avril 2020 pour une mise en service en 2022. La valorisation en électricité de l'hydrogène coproduit par la Sara doit permettre d'alimenter environ 10.000 foyers.

Et c'est précisément pour cet usage que les piles à combustible de forte puissance seront produites à Bordeaux. "La standardisation de cette brique stratégique permettra la production d'une électricité non polluante et compétitive à grande échelle. Le premier client de l'usine bordelaise, ce sera nous pour équiper nos projets du même type que la centrale guyanaise mais nous fournirons aussi les gestionnaires de réseaux électriques, des partenaires et des concurrents et des ports, notamment en Europe, qui se montrent intéressés pour alimenter les bateaux à quai", détaille Damien Havard. Pour le chef d'entreprise, l'expérience acquise en Guyane est extrêmement précieuse pour HDF et six projets du même type sont en développement dans les Caraïbes, en Australie et en Indonésie.

Le premier pas vers une filière locale de l'hydrogène ?

L'usine bordelaise devrait entraîner la création d'une centaine d'emplois dans la région, principalement des ingénieurs, bureaux d'étude et ouvriers qualifiés. HDF vise une production de 50 MW de piles par an au bout de 5 ans avant, dans un second temps, de monter à plusieurs centaines de MW chaque année.

Le député LREM de Gironde, Benoît Simian, auteur l'an dernier d'un rapport sur le verdissement du transport ferroviaire et les trains à hydrogène, ne cache pas sa satisfaction de voir ce projet officialisé : "Je me réjouis de cette annonce à laquelle je travaille depuis plus de deux ans. Il s'agit d'une centaine d'emplois créés à Bordeaux Métropole et d'une usine de fabrication en série, c'est-à-dire d'ampleur industrielle. Ces deux éléments doivent être les premières briques d'une véritable filière de l'hydrogène en Gironde".

Dans le domaine des transports, une ligne de bus à hydrogène sera mise en service le 18 décembre prochain à Pau (Pyrénées Atlantiques) tandis que plusieurs régions, dont l'Occitanie, ont passé une quinzaine de commandes à Alstom pour faire rouler des trains à l'hydrogène à titre expérimental en 2022.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2019 à 16:35 :
" La première usine ... " Vous avez contrôlé.
Peut-être la première en France.
Et c'est quoi de forte puissance?
a écrit le 11/12/2019 à 1:19 :
Et que ça marche une renaissance
Pour certaine domaine
a écrit le 10/12/2019 à 20:54 :
L’hydrogène se fabrique à partir du méthane cad du pétrole .
le faire par électrolyse de l’eau coûte trois fois plu cher .
Réponse de le 11/12/2019 à 11:57 :
Sauf que là c'est plutôt pour pallier l'intermittence des énergies renouvelable, stocker lorsqu'il y a trop de production, pour réutiliser lorsqu'il n'y en a plus assez. Vous n'avez rien compris au sujet...

Donc le coût n'a rien avoir, c'est pour ne pas perdre d'énergie tout simplement, on ne parle pas d'alimenter des voitures là.
Réponse de le 12/12/2019 à 11:18 :
Bjr, je pensais naïvement que l'hydrogène se fabriquait à partir de l'eau H2O

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