Télémédecine : Exelus lève 3 M€ et se déploie chez Orpea

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La solution développée par Exelus peut être utilisée dans un large éventail de situations
La solution développée par Exelus peut être utilisée dans un large éventail de situations (Crédits : Exelus)
Exelus vient de boucler une levée de fonds de 3 M€ pour accélérer dans la télémédecine. La startup bordelaise annonce le déploiement de sa solution dans 354 établissements français du groupe Orpea, spécialisé dans la dépendance. Ce dernier entre également au capital de la pépite. Xavier Maurin, CEO cofondateur d'Exelus, explique à La Tribune sa stratégie et la façon dont les marchés s'élargissent.

Exelus continue à élargir son spectre en signant avec le géant français Orpea. La jeune pousse bordelaise a d'abord fait parler d'elle en mettant au point une plateforme logicielle dédiée à la télérégulation au sein des Samu, aujourd'hui largement adoptée par les professionnels de l'urgence. Ces travaux de recherche l'ont poussée à élargir son périmètre à la téléconsultation et à la téléexpertise, abordant ainsi le marché des établissements d'hébergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad) avec des outils sécurisés qui permettent des bilans ou examens cliniques, intégrant de nombreux dispositifs médicaux connectés, puis de les partager en temps réel et en toute sécurité avec le médecin à distance. "Un Ehpad peut ainsi couvrir l'ensemble des besoins de télémédecine pour ses résidents, avec une seule solution sécurisée et intuitive", indique Exelus. Au-delà de ses avancées techniques, la pépite bordelaise récolte aussi les fruits de sa capacité à anticiper les évolutions législatives récentes.

"En matière de télémédecine, il y a deux types de requérants : les patients seuls à leur domicile par exemple, ainsi que les professionnels de santé. C'est ce marché que nous avons abordé en premier en faisant partie des pionniers de la télé-régulation médicale des urgences en France, via les ambulances privées, confirme son CEO et cofondateur Xavier Maurin. Depuis, comme nous l'avions envisagé et espéré, la téléconsultation médicale a trouvé un modèle économique avec le remboursement de l'Assurance maladie, mis en place il y a un an. Nous élargissons notre spectre avec cet aspect mais aussi avec la téléexpertise, autrement dit la possibilité de communiquer avec un médecin spécialiste, par exemple en échangeant des documents tels que des échographies, des photos... Grâce à nos recherches dans la télérégulation pour les urgences, nous avons aujourd'hui tous les outils pour attaquer ces nouveaux marchés. Dans l'immédiat, nous visons tout le champ du médico-social : il y a les Ehpad bien sûr, qui ont un médecin disponible en journée mais ne peuvent pas faire réaliser de consultations d'urgence le soir et les week-ends, mais aussi les cliniques post-opératoires, les centres psychiatriques, les différents types de foyers..."

L'un des challenges a été de garantir une interopérabilité complète avec les plateformes de gestion des dossiers patients des différents éditeurs, la plateforme d'Exelus n'ayant pas vocation à les remplacer. Le point fort de cette dernière était de ne proposer qu'un seul outil, compatible avec la batterie d'objets médicaux connectés qui existent aujourd'hui sur le marché.

Un rapprochement en deux temps

Après une première levée de fonds d'un million d'euros en janvier 2017, Exelus vient de boucler un deuxième tour de table de 3 millions cette fois. Au-delà des financements bancaires réunis, la startup bordelaise accueille Orpea à son capital. Le groupe français, spécialisé dans la dépendance, prend une participation minoritaire au capital et annonce du même coup qu'il compte, d'ici 2022, déployer la solution de télémédecine d'Exelus, baptisée Nomadeec, dans l'ensemble de 354 établissements français.

"Le rapprochement s'est fait en deux temps, explique Xavier Maurin. Nous avons répondu à une consultation qu'Orpea a lancé pour déployer une solution unique dans ses 354 Ehpad français. A ce moment-là, nous leur avons indiqué que nous étions en pleine levée de fonds. Nous nous sommes rejoints sur plusieurs points, notamment l'importance de centrer la solution sur l'utilisateur et d'obtenir des bénéfices réels dans la prise en charge médicale. Cet alignement de visions, et le fait que nous sommes le seul acteur en connexion directe avec les Samu français, ont contribué à ce rapprochement. Orpea nous a ainsi proposé d'entrer à notre capital, dans l'optique de nous faire monter en puissance."

Au-delà de la mécanique capitalistique, Orpea déboursera 10 millions d'euros pour équiper ses Ehpad français avec la solution d'Exelus. Une partie très significative de cette enveloppe ira gonfler le chiffre d'affaires de la startup, le solde étant lié à des pré-requis matériels et humain pour déployer la solution (infrastructures numériques notamment). "Cette double opération nous crédibilise auprès des Ehpad. Il s'agit certes de groupes privés mais ils sont tout à fait capables de faire cause commune autour d'un sujet aussi structurant que la télémédecine", expose Xavier Maurin, qui prépare le coup d'après :

"Nous comptons nous positionner d'ici la fin de l'année sur les appels d'offres des services départementaux d'incendie et de secours, sur ceux des ERP, établissements recevant du public. La télémédecine est sortie de la phase d'expérimentation et va vers l'industrialisation, avec une consolidation du marché qui s'annonce également. Les choses se décantent et la profondeur des marchés qui s'ouvrent est très importante. On voit que le pharmacien est amené à gérer de plus en plus de choses : demain on peut très bien imaginer un espace de téléconsultation dans les officines. Il y a des choses à faire dans le rapatriement sanitaire également."

Des effectifs à doubler d'ici deux ans

Parallèlement, Exelus ne cache pas ses ambitions internationales. "Le partenariat avec Orpea va nous y aider car même s'il est français, le groupe est présent dans 13 pays au total avec un millier d'établissements. Il a notamment pris position dans des pays comme la Chine où la problématique du vieillissement de la population, donc de la dépendance, est très forte. Il sera plus facile d'évangéliser des marchés hors de France dans ce contexte, avec une solution qui tourne déjà."

Face à ce développement attendu, Exelus vient de quitter Latresne et la rive droite de la Garonne pour la rive gauche, prenant à bail 300 m2 au sein de l'immeuble Perspective, au sein de l'opération d'aménagement Bordeaux Euratlantique. "Cela nous permet de nous rapprocher de l'écosystème et d'offrir des conditions de travail très agréables à une équipe qui va être renforcée, poursuit Xavier Maurin. De douze personnes aujourd'hui, nous allons passer à 30 d'ici deux ans."

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