Implanet estime pouvoir équilibrer ses comptes d’ici fin 2021

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Vue du système Jazz qui permet d'intervenir avec plus de souplesse sur la colonne vertébrale.
Vue du système Jazz qui permet d'intervenir avec plus de souplesse sur la colonne vertébrale. (Crédits : Implanet)
Spécialisée dans le traitement innovant des scolioses sévères Implanet, qui développe aussi des prothèses de genou, a réduit le montant de son déficit au 1e semestre 2019. En plus de l’appui financier de la Région, Implanet s’est vu octroyer 550.000 euros de financement en juillet par Bpifrance.

Ludovic Lastenet, directeur général du groupe Implanet, à Martillac (Gironde), et David Dieumegard, directeur financier de l'entreprise, ont tenu ce lundi en fin de journée une conférence de presse téléphonique au cours de laquelle ils ont présenté le résultat net du 1e semestre 2019, tout en revenant sur l'activité pendant la même période. Comme l'a déjà précisé La Tribune, le chiffre d'affaires d'Implanet s'est sensiblement amélioré au 1e semestre, avec une hausse de +5 % sur un an à 3,8 M€.

Une progression alimentée par la hausse des ventes de Jazz, dispositif de traitement des pathologies du rachis, en particulier des scolioses dégénératives, qui a progressé de +8 % sur un an, à 2,3 M€. Tandis que les ventes de prothèses du genou sont restées stables sur un an à 1,4 M€. Ces dernières devraient bientôt bénéficier du partenariat signé par Implanet avec Kiko Knee. Dans ce contexte plus favorable Implanet a pu réduire le montant de son déficit. Le résultat net du groupe est ainsi passé de -2,7 M€ à -1,5 M€, soit une hausse de +44 %.

Réduction de 900.000 € des coûts opérationnels

"Nous enregistrons des signaux favorables quant au bienfondé de notre stratégie, même si nous sommes bien conscients que rien n'est jamais acquis" a notamment observé Ludovic Lastennet après que David Dieumegard ait souligné, au cours de la présentation des chiffres, qu'Implanet a réussi à réduire ses coûts opérationnels de 900.000 € pendant la période. Une optimisation des coûts de structure qui devrait se poursuivre pour maintenir cette dynamique positive. La stabilité des ventes de prothèses de genou s'explique par le glissement de nombreuses commandes au 2e semestre 2019. Concernant Jazz l'entreprise girondine vise prioritairement les marchés porteurs que sont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni en Europe, et les Etats-Unis en Amérique du Nord. La signature en février dernier de l'accord de partenariat avec SeaSpine ouvre de nouvelles perspectives aux Etats-Unis.

"C'est un contrat signé sur six ans, garanti par des minimas annuels (de ventes) sur les quatre premières années" a évoqué en substance Ludovic Lastenet. Le dispositif de fixation des vertèbres Jazz Cap permet d'en finir avec l'usage de ciments chimiques et devient aussi une solution pour l'ostéoporose. Les premières interventions chirurgicales pour la pose de Jazz Cap ont eu lieu a confirmé Ludovic Lastenet, qui a expliqué qu'il fallait désormais attendre d'ici la fin de l'année pour bien évaluer l'apport de cette nouvelle technologie. Un recul clinique indispensable pour valider les nouvelles thérapies.

Tripler voire quadrupler les ventes de Jazz aux USA

De nombreuses autorisations règlementaires, comme les marquages CE (communauté européenne) ou même la norme Iso 13485, sur les dispositifs médicaux, sont en cours de renouvellement et Ludovic Lastenet pronostique que plusieurs de ses concurrents ne pourront pas les mener à bien. Ce qui va provoquer leur disparition.

"Nous avons réglé ce problème depuis six mois pour la norme Iso et c'est pareil pour le marquage CE, contrairement à d'autres. Nous avons plusieurs années d'expérience clinique, ce qui est un atout décisif, et en plus nous avons une bonne organisation logistique" a commenté en substance Ludovic Lastenet.

Il n'a pas caché chercher de nouveaux partenaires pour le rachis en Europe et le genou aux Etats-Unis. Les congrès médicaux et scientifiques jouent un rôle clé dans la distribution des produits en Amérique du Nord aussi Implanet n'entend pas faire d'impasse sur le sujet. Grâce à SeaSpine le patron d'Implanet attend une hausse significative du chiffre d'affaires. Partant du principe qu'Implanet a réalisé 1,5 M$ de chiffre d'affaires grâce à Jazz avec 2,5 personnes, il estime que SeaSpine, avec 50 personnes sur le sujet, devrait permettre de tripler ou quadrupler ce volume d'ici 18 mois. Les ventes de Jazz ont marqué le pas en France au 1e semestre.

Ludovic Lastenet explique que cette situation est liée au départ du chef de service d'un CHU avec lequel Implanet était très lié, dont le successeur n'a pas jusqu'ici poursuivi la politique, et à un décalage de commandes dans le temps. Interrogé par un actionnaire David Dieumegard n'a pas voulu donner de date en ce qui concerne la réalisation de bénéfices par l'entreprise, tout en estimant pouvoir atteindre l'équilibre d'ici fin 2021. Le point mort d'Implanet se situe entre 12,5 et 14,5 M€ de chiffre d'affaires. Des montants élevés -puisque le chiffre d'affaires annuel tourne autour de 8 M€- mais pas hors de portée.

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