En levant 1 M€, Coleen prépare l'arrivée de son vélo électrique haut de gamme

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Coleen a présenté son vélo électrique au CES Las Vegas en début d'année
Coleen a présenté son vélo électrique au CES Las Vegas en début d'année (Crédits : Coleen)
Installée au Pays basque, la jeune société Coleen prépare la commercialisation de son premier vélo électrique (très) haut de gamme, prévue cet été. Avec ce produit bourré d'électronique, principalement fabriqué en France, Coleen vise une cible bien particulière et entend s'ouvrir rapidement à l'international. En amont du lancement, elle vient de boucler une levée de fonds d'un million d'euros.

En janvier dernier, Coleen présentait au CES Las Vegas son premier vélo électrique. L'engin a été positivement remarqué pour son design très soigné, bien éloigné des "vélos porte-avions" électriques que l'on peut rencontrer dans nos rues, mais aussi pour les technologies qu'il embarque, bien qu'elles soient pour l'essentiel invisibles. La société basque franchit une nouvelle étape avant sa commercialisation, prévue à partir de cet été, avec l'annonce d'une levée de fonds d'un million d'euros. Cette dernière a été réalisée auprès d'une cinquantaine d'investisseurs privés grâce à Deomenos et sa plateforme de financement participatif Smartangels, de Bpifrance, du Crédit coopératif et de la Région Nouvelle-Aquitaine. La somme doit permettre à la jeune entreprise de financer sa chaîne de production, le recrutement de quelques salariés et le développement de ses réseaux de distribution. La précommande a déjà débutée et la présentation officielle aura lieu à Paris le 11 mai.

Graphiquement et technologiquement très réussi, disponible en trois tailles et en deux positions (classique et sportive), le vélo de Coleen n'est pas accessible à tous. Il coûte le prix d'une petite voiture d'occasion, soit 5.990 €. Si l'aspect est vintage, le reste ne l'est pas du tout. Le cycle est équipé d'une batterie puissante, amovible, sans câbles pour relier les cellules à fortes capacité, et se verrouille automatiquement dans le cadre en carbone. Une charge rapide (à 80 %) prend 1h30, une charge complète 2h30. L'appareil, pesant 18 kg, offre une autonomie moyenne réelle de 100 km, annoncent ses concepteurs. Il est équipé de série d'un moteur à très fort rendement et d'un système de démarrage Keyless (sans clé) nécessitant un smartphone équipé de l'application correspondante pour le déverrouiller. L'écran intégré au guidon affiche les données principales. Pour pallier les problèmes de visibilité en extérieur, il est dit transflectif, combinaison de deux technologies : transmissive par le biais d'un éclairage interne situé derrière la dalle de l'écran et réflective en captant la lumière ambiante. Courroie de transmission, freins hydrauliques à disque et pneus ballons complètent l'ensemble.

Made in France pour l'essentiel

"La batterie, le moteur et beaucoup d'autres éléments, autour de 80 % de l'ensemble, ont été fabriqués en Nouvelle-Aquitaine, explique Audrey Lefort, cofondatrice de Coleen. La selle en cuir est fabriquée par l'accessoiriste de luxe Voltaire, nous produisons le carbone des cadres nous-mêmes. Seuls quelques pièces sont importées, la sonnette des Etats-Unis, la courroie, quelques pièces en aluminium..."

La société discute actuellement avec des réseaux, magasins indépendants... pour la distribution de son vélo et pour mettre en place en système de règlement en dix fois, voire d'ouvrir une possibilité de leasing (location avec option d'achat). Dès que possible, l'entreprise entend offrir aux clients d'importantes possibilité de personnalisation du vélo ainsi que le développement d'une gamme d'accessoires. Reste à convaincre avec un tarif qui peut être prohibitif :

"Un grand fabricant intègre des éléments pré-existants. Ce n'est pas notre cas, avec 75 pièces développées spécifiquement pour ce vélo. Nous sommes propriétaires de nos technologies. Les freins sont taillés dans la masse, le vélo offre le tracking en temps réel, le démarrage sans clé, propose confort et puissance. Le marché français n'est pas forcément prêt pour ce type de vélo qui s'éloigne des cycles utilitaires, pour les trajets du quotidien, convient Audrey Lefort. En plus de l'Hexagone, nous visons donc également à court terme la Suisse, l'Allemagne. Sans doute moins les Pays-Bas où le vélo est certes très répandu mais où l'on trouve surtout de l'entrée et du milieu de gamme. En revanche le Japon semble très demandeur."

Coleen prévoit de boucler plusieurs embauches dans les prochains mois : un responsable d'atelier, un opérateur de découpe, un responsable commercial natif d'Allemagne, et un responsable luxe, capable de s'adresser à ce marché "à travers des événements qui sortent de l'univers du vélo, comme la Fashion Week". La partie SAV devra aussi être pourvue. Les premiers vélos pré-commandés seront livrés à partir de juillet.

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