Garocamp, l'évènement dédié aux festivals connectés, reviendra-t-il en 2020 ?

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La rencontre B2B sur les festivals connectés avait réuni 300 professionnels à Marmande en 2017 avant l'annulation au dernier moment de l'édition 2018.
La rencontre B2B sur les festivals connectés avait réuni 300 professionnels à Marmande en 2017 avant l'annulation au dernier moment de l'édition 2018. (Crédits : CC by Pixabay)
Consacrée à la transformation numérique des festivals, la manifestation BtoB Garocamp était promise à un bel avenir à Marmande. Mais l'annulation abrupte de sa 3e édition en novembre dernier sur fond de rachat de Garorock par Vivendi y a mis un coup d'arrêt. Six mois plus tard, malgré les attentes du secteur, Garocamp reste au point mort... mais les organisateurs promettent un retour en juin 2020.

Le 6 octobre 2018, à la surprise générale, l'office de tourisme de Marmande-Val-de-Garonne annonce l'annulation de la 3e édition de Garocamp prévue sept semaines plus tard, les 22 et 23 novembre. L'organisateur justifie sa décision par la nécessité "d'évoluer et grandir différemment avec de nouveaux investisseurs". Cette manifestation BtoB, organisée à Marmande et dédiée à la transformation numérique des festivals et des grands évènements culturels, avait pourtant fait ses preuves lors des deux premières éditions adossées à l'emblématique festival Garorock en 2016 et 2017. La seconde itération avait ainsi réuni 300 professionnels du secteur, dont des représentants de certains des plus grands festivals européens tels que le Hellfest, les Transmusicales ou encore le Sziget. Depuis, Garorock, qui a attiré près de 110.000 spectateurs en juin 2018, a été racheté par Olympia Production, une filiale du groupe Vivendi. La prochaine édition se tiendra du 27 au 30 juin 2019 et vise 150.000 à 160.000 festivaliers.

Pas de Garocamp avant 2020

Pour Garocamp, en revanche, aucune nouvelle édition n'est officiellement à l'ordre du jour. Une seule certitude à ce stade : "L'édition 2019 ne se fera pas, les délais sont trop courts. Il faut plutôt tabler sur 2020", indique Daniel Benquet, le maire de Marmande et président de Val-de-Garonne Agglomération, qui a pris la décision d'annuler l'édition 2018.

Celle-ci est liée à une divergence de vues au sein de l'organisation sur le calendrier. Habituellement organisé en marge de Garorock, l'évènement devait se tenir cette fois fin novembre 2018.

"C'était une mauvaise idée de déplacer cet évènement en fin d'année, une période à laquelle il n'est pas évident d'attirer des professionnels à Marmande. D'autant qu'avec le rachat de Garorock par Vivendi qui était dans les tuyaux, nous n'étions pas dans de bonnes conditions pour préparer Garocamp et ça n'aurait pas donné un résultat satisfaisant. Il valait mieux annuler", considère ainsi Ludovic Larbodie, le directeur de Garorock.

"A mon sens, Garocamp ne peut pas vivre sans Garorock et donc sans Vivendi. Il faut impérativement adosser les deux évènements qui doivent se tenir simultanément. En 2018, on était dans un entre-deux, dans l'incertitude", confirme le maire de Marmande.

Annulé, pas enterré ?

Un revirement de stratégie qui a abouti à l'annulation de l'édition puis au départ de la chargée de mission, véritable cheville ouvrière du projet. Faut-il y lire l'acte de décès définitif de la manifestation ? "Je peux vous le certifier, il y aura un Garocamp en 2020 ! A peu près au même moment que Garorock d'autant que nous pouvons désormais nous appuyer sur le savoir-faire d'Olympia Production", promet sans détour Ludovic Larbodie. "On se renforce actuellement avec des compétences en matière d'ingénierie pour travailler conjointement sur le projet immobilier Cesame et sur Garocamp", ajoute Daniel Benquet, réfutant au passage toute tension avec l'organisation de Garorock.

"On souhaite évidemment relancer la machine Garocamp et on doit y travailler collectivement avec Garorock mais aussi, par exemple, avec la Région Nouvelle-Aquitaine si elle le souhaite", indique-t-il. "Il y avait des questions en suspens sur l'utilisation des marques mais désormais le nouvel actionnaire soutient ces deux évènements", évacue également Ludovic Larbodie.

De son côté, Mathieu Hazouard, conseiller régional en charge du numérique, se dit effectivement prêt à participer si un nouveau projet voit le jour, bien qu'il ne cache pas ses doutes : "Je suis un peu tombé des nues quand l'annulation a été annoncée dans la presse. C'est un gâchis que cet évènement se soit arrêté car il était très prometteur. La Région Nouvelle-Aquitaine se posait la question de faire monter en puissance l'évènement Garocamp ou plutôt d'essaimer sur le territoire avec de petites manifestations mais la réflexion a été arrêtée dans son élan..."

Une thématique attendue par les professionnels

Parallèlement à Garocamp, la Région Nouvelle-Aquitaine, en lien avec son agence de développement et d'innovation ADI, a lancé mi-2017 deux appels à manifestation d'intérêt - Eventech et Sportech pour accompagner la transformation numérique du secteur de l'événementiel culturel et sportif en lien avec les enjeux touristiques. Fest'Arts, le festival des arts de la rue de Libourne, lauréat de l'appel à projet Eventech avec la startup Bziiit, confirme le caractère stratégique de la transformation numérique dans le secteur. "Les outils numériques sont devenus incontournables pour nous, en particulier pour informer le public tant les spectateurs utilisent leur smartphone et les réseaux sociaux pour s'informer sur le festival", témoigne Géraldine Buisson, la directrice adjointe du festival dont la prochaine édition est prévue du 8 au 10 août 2019. Une transformation numérique qui peut se décliner sur tous les volets d'un évènement culturel en fonction des besoins : information, marketing, billetterie, flux, moyens de paiement, expérience participative, etc.

"Avec Garocamp on commençait tout juste à travailler collectivement sur ces sujets et c'est toujours regrettable de voir une telle manifestation disparaître surtout quand on sait à quel point il est difficile d'en faire émerger de nouvelles", ajoute Géraldine Buisson. "Il y a la place pour développer un bel évènement sur ces sujets de transformation digitale avec les festivals de la région et d'ailleurs. Ça serait vraiment dommage de s'arrêter en si bon chemin", juge aussi Mathieu Hazouard. De son côté, Ludovic Larbodie promet de premières annonces concrètes en septembre prochain.

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