Ces robots qui se cachent derrière votre colis Cdiscount

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Le bras articulé intelligent de Nomagic est déployé en phase d'apprentissage depuis fin 2018 dans l'entrepôt Cdiscount de Cestas.
Le bras articulé intelligent de Nomagic est déployé en phase d'apprentissage depuis fin 2018 dans l'entrepôt Cdiscount de Cestas. (Crédits : Agence APPA)
Dans l'entrepôt historique de Cdiscount, à Cestas, les robots occupent une place croissante pour optimiser l'espace et les flux logistiques mais aussi limiter le poids des colis. Objectif : livrer les clients autant que possible le jour même ou le lendemain de la commande.

Le long de l'A63, au sud de Bordeaux, la zone d'activités de Cestas, initiée dès 1974, déroule ses 200 hectares et accueille 2.500 salariés. Le leader français du e-commerce a installé en 2007 ses premiers entrepôts au cœur de cette vaste plateforme logistique. Aujourd'hui, Cdiscount y compte 108.000 m2 sur quatre bâtiments où travaillent 600 salariés en temps normal et plus de 2.000 en fin d'année. En moyenne, 40.000 colis sont expédiés quotidiennement par Cdiscount depuis Cestas et jusqu'à 150.000 par jour lors du "Black Friday" et des fêtes de fin d'année. Une véritable prouesse logistique qui s'appuie de manière croissante sur les nouvelles technologiques, en particulier les robots, pour optimiser chaque étape de la commande. Au total, Cdiscount possède, via sa filiale Clogistics, 500.000 m2 d'entrepôts à Cestas, Saint-Etienne et Réau (Seine-et-Marne).

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Partant du constat "qu'environ la moitié du volume des colis est constitué de vide", Cdiscount s'est équipé de lignes d'emballage 3D CVP, conçues par l'entreprise Neopost, permettant de réaliser des emballages cartons sur-mesure pour les petits et moyens colis. De quoi, selon l'entreprise, diminuer de 30 à 40 % le volume des colis expédiés et d'optimiser d'autant le remplissage des camions... ou des TGV. Puisque pour assurer la livraison le jour même à Bordeaux, Paris et dans les principales agglomérations françaises desservies par la grande vitesse, Cdiscount réserve un espace chaque jour dans des TGV de fin d'après-midi pour y placer ses colis. "Une commande passée sur le site avant 15h sort de l'entrepôt de Cestas à 16h30 pour aller prendre le TGV vers Paris et être livrée dans la soirée dans la capitale", explique ainsi Loïc Bocquet, le directeur du site de Cestas.

Grâce à ces lignes automatisées, Cdiscount réalise des économies sur ses dépenses de personnel, ses frais d'expédition et sa consommation de carton. L'entreprise disposera de cinq lignes CVP en juillet prochain et a vocation à remplacer toutes ses lignes d'emballage par ces nouvelles machines dans les années qui viennent.

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La ligne d'emballage 3D permet de diminuer jusqu'à 40 % le volume des colis expédiés en supprimant le vide (crédits : Agence Appa).

Chaque commande comprend en moyenne deux produits et les salariés chargés d'aller chercher les produits dans les étalages récupèrent à chaque fois entre 100 et 500 commandes. "Leur parcours est optimisé par notre logiciel qui combine les trajets les plus courts avec les flux entrants des commandes et les impératifs de livraison rapide", poursuit Loïc Bocquet. Le tout fonctionne à l'aide de badgeuses qui permettent d'afficher le parcours tout en validant l'état et la position du produit à chaque étape. Parallèlement, l'acheminement des produits au sein de l'entrepôt est facilité par les roues électriques de la startup Ez-wheel positionnées sous les chariots.

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Ces trains de charriots sont équipés d'une roue électrique Ez-Wheel (crédits : Agence Appa).

Bras articulé et robots roulants

Bien qu'encore en phase d'apprentissage, le bras articulé intelligent conçu par la startup Nomagic est opérationnel à Cestas depuis décembre 2018. Il permet de sélectionner chaque produit, l'un après l'autre, de le scanner, de le mesurer puis de le déposer dans le bac correspondant. "Doté de briques d'intelligence artificielle, il apprend en permanence de ses erreurs sous la supervision d'un ingénieur humain. Il reste pour l'heure cantonné aux produits de petite taille et aux commandes mono-produit mais l'ambition de Nomagic est bien sûr d'étendre ces possibilités à toutes nos références", détaille Loïc Bocquet.

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Le bras articulé développé par Nomagic (crédits : Agence Appa).

Dans l'entrepôt voisin, le picking des produits de petite taille est assuré par des robots roulants tout droit sortis de l'Etoile noire. Baptisés Skypods, ils ont été développés par la startup Exotec depuis deux ans et sont désormais pleinement opérationnels à Cestas et en Ile-de-France. Ils vont et viennent de manière autonome pour aller chercher les produits sur des racks jusqu'à 10 mètres de hauteur. "L'installation et les robots permettent de stocker cinq fois plus de références sur une même surface. A Cestas, l'espace dédié aux Skypods permet de disposer de 2.000 références sur 300 m2 et nous leur avons accordé trente fois plus de surface dans notre entrepôt francilien", indique Loïc Bocquet qui assure que "l'investissement est rentabilisé en moins de trois ans".

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Un Skypod développé par Exotec opère chez Cdiscount (crédits : Agence Appa).

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Destruction de produits : Cdiscount marque sa différence avec Amazon

Environ 3 % des commandes reviennent chez Cdiscount, sans compter les produits stockés qui ne trouvent jamais preneur. "Contrairement à un concurrent américain pointé du doigt par un reportage il y a quelques semaines, je précise que nous ne détruisons aucun produit, ni les invendus, ni les retours", assure Emmanuel Grenier, le directeur général de Cdiscount, en référence au magazine Capital diffusé sur M6 le 13 janvier 2019 à propos des pratiques en vigueur chez Amazon. Alors que se passe-t-il chez Cdiscount en cas de produits invendus stockés pour le compte de tiers sur la marketplace, sachant que les tarifs de stockage varient de 0 € pour moins de deux semaines à 30 € entre 3 et 6 mois et jusqu'à 180 € pour une durée supérieure à un an ? "Si un produit ne se vend pas, nous contactons le vendeur pour décider de la suite à donner : baisser le prix, mettre le produit en avant ou le reprendre. Mais la destruction n'est pas une option que nous proposons", promet le directeur général. Cdiscount travaille depuis dix ans avec le réseau Envie, entreprise d'insertion de l'économie sociale et solidaire spécialisée dans la réparation et le recyclage des déchets électriques et électroniques, des matelas et des déchets de chantier.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2019 à 21:58 :
"environ la moitié du poids des colis est constitué de vide" .
Deux fois du vide, ça ne fait pas lourd, ...

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