L'Essca ouvre un master management de l'innovation et fintech à Bordeaux

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Jean-François Faure, dirigeant d'Aucoffre.com et de Veracash, et Brigitte de Faultrier, directrice du campus de l'ESSCA à Bordeaux
Jean-François Faure, dirigeant d'Aucoffre.com et de Veracash, et Brigitte de Faultrier, directrice du campus de l'ESSCA à Bordeaux (Crédits : La Tribune / Mikaël Lozano)
Grands groupes engagés dans leur transformation numérique comme startups font régulièrement le même constat : elles peinent à trouver de jeunes profils capables de faire bouger les lignes en interne. Pour répondre à ce besoin l'école de commerce Essca, qui monte en puissance à Bordeaux, va ouvrir en octobre 2019 un master management de l'innovation et fintech.

Le diagnostic est posé par le Bordelais Jean-François Faure, dirigeant des sociétés Aucoffre.com et Veracash, impliqué dans le monde des fintech :

"Le savoir-faire est important mais le savoir-être l'est tout autant. Dans une fintech comme Veracash, il n'est pas question d'aller débaucher des profils dans la banque. On recherche, comme dans beaucoup d'autres secteurs innovants, des futurs salariés capables d'aborder des sujets transversaux, de sortir des cases en tangentant les lignes, d'inventer. Le socle de connaissances ne suffit pas, la posture prime. Or, on voit arriver des étudiants avec un pré-câblage qui n'est pas en phase avec cet aspect pourtant primordial pour les fintechs, qui recherchent des personnes faisant preuve d'agilité et de capacités d'adaptation dans un contexte changeant. Pour cela, il faut apprendre à apprendre dès la formation. C'est essentiel dans des métiers qui demandent des connaissances de base mais qui changent aussi très rapidement tant la technologie évolue vite. En deux ans, tout le pan d'un métier peut avoir basculé. L'émergence des entreprises libérées, où l'on rémunère sur les capacités développées plus que sur les diplômes, va dans ce sens."

Fondée en 1909 et émanation de l'Université catholique de l'Ouest, l'Essca a repéré ce manque. Le groupe est aujourd'hui présent à travers des campus à Paris, Bordeaux, Budapest, Shanghai, Lyon, Aix-en-Provence, Cholet et enfin Angers, où est installé son siège social. "Nous sommes indépendants donc nous n'avons au capital ni chambres de commerce, ni fonds d'investissements", recadre Brigitte de Faultrier, directrice du campus bordelais. Ce dernier compte 300 étudiants actuellement et va monter entre 400 et 450 à la rentrée prochaine, au fur et à mesure que de nouvelles promotions s'ouvrent.

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Un nouveau "pré-câblage"

Ouverte aux étudiants titulaires du baccalauréat, l'Essca propose un parcours sur cinq ans et délivre un diplômé visé du grade de master. Et c'est justement un master management de l'innovation et fintech, en alternance, qui va ouvrir ses portes à partir d'octobre prochain pour une vingtaine d'étudiants. La formation aura une "coloration" fintech car c'est un des secteurs innovants actuellement où l'importance de la posture décalée prime, mais ne composera pas le cœur des programmes.

"C'est là que l'on a identifié le plus de besoins et de manques sur les sujets à traiter, précise Brigitte de Faultrier. En 4e année, nous donnerons aux étudiants un cadre. En 5e année, on cassera les codes. La formation se déroulera en alternance et compte plusieurs entreprises partenaires, entre autres un acteur bancaire, plusieurs grandes entreprises et startups. Un module complet portera sur « apprendre à apprendre ». Le master s'articulera autour de trois blocs : finance et aspects légaux, car il faut innover dans le cadre de la loi, management de l'innovation, et enfin technologies. Les étudiants apprendront les bases du code et apprendront à créer des applications, travailleront concrètement sur la blockchain et les cryptomonnaies... Des masters en management de l'innovation il y en a plein, il nous fallait nous différencier."

"Rien ne vaut le fait de mettre les mains dans le cambouis", confirme Jean-François Faure qui s'est rapproché de l'Essca en intégrant les jurys de sélection. « Par exemple le président de la Société générale sait coder, il a pris le temps de l'apprendre pour comprendre, et je trouve ça formidable de baigner dans cette structure de pensée. Pour nous les premières lignes du CV ont de moins en moins d'importance. Pour recruter, j'organise par exemple des serious games. On met 15 personnes autour d'une table avec une problématique donnée. Par exemple, si vous étiez seul aux commandes d'une plateforme d'e-commerce crashée parce que votre direction ne répond pas, que feriez-vous ? Que mettriez-vous en place ? Ce type de mise en situation permet de repérer la créativité, le leadership et les capacités d'innovations d'un candidat. On voit si la chimie opère. »

Tant Brigitte de Faultrier que Jean-François Faure ne se font pas de soucis sur les débouchés des futurs diplômés. "Ce sont des profils qui plaisent aux startups, aux entreprises dites libérées, et beaucoup de banques et de grandes entreprises sont dans des logiques de transformation et ont besoin de recrues de ce type, illustre le patron de Veracash et d'Aucoffre.com. Elles en manquent pour pouvoir faire bouger les lignes de l'intérieur."

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