Objectif zéro risque d’erreur médicamenteuse : Eurekam s’attaque à l’international

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Le système Drugcam traque l’erreur médicamenteuse en temps réel pour assurer le bon produit à la bonne dose au bon patient.
Le système Drugcam traque l’erreur médicamenteuse en temps réel pour assurer le bon produit à la bonne dose au bon patient. (Crédits : Eurekam)
Délivrer le bon médicament, à la bonne dose et au bon patient. C’est l’objectif de la solution technologique brevetée et développée par Eurekam qui négocie une nouvelle étape dans son développement. Après avoir bouclé en avril son deuxième tour de table de 1,5 million d’euros, la société rochelaise s’apprête à prendre son envol sur les marchés américain, canadien et allemand. Eurekam, qui va recruter 18 personnes d’ici 2020, ambitionne de devenir le leader mondial des systèmes de détection d’erreurs médicamenteuses.

En mars 2017, l'Organisation mondiale de la santé tirait la sonnette d'alarme sur les diverses formes de manifestations des erreurs médicamenteuses et fixait un objectif de réduction de moitié de celles-ci sous 5 années. La société Eurekam, basée à La Rochelle, n'a pas attendu cette communication pour proposer une solution à cette problématique dans le domaine de l'oncologie. Créée en 2012, par Loïc Tamarelle et Benoit Le Franc, elle commercialise un système d'assistance vidéo et de contrôle des préparations de médicaments anticancéreux.

"Notre solution, qui fait appel à l'intelligence artificielle et aux technologies images, remplace le double contrôle visuel humain. Et si, en France, son acquisition de départ représente un coût de l'ordre de 35.000 euros HT par machine, c'est 10 fois moins cher que de recourir à un automate", précise Jean Claude Payerne, responsable financement et innovation au sein de l'entreprise.

Mais c'est surtout son efficacité qui est mise en avant. "Et ça, les hôpitaux l'ont compris", souligne Loïc Tamarelle. Selon les retours obtenus en France, au moins deux erreurs graves par semaine sont interceptées par notre solution dans chaque centre utilisateur. Quand une erreur est commise, une alerte apparait sur l'écran et le processus ne peut reprendre qu'une fois qu'elle a été rectifiée."On est sûr de préparer le bon médicament, la bonne dose avant administration au bon patient et on en conserve la preuve." L'objectif est clair. Réduire à zéro le risque d'erreur médicamenteuse à l'hôpital.

Gros marché aux Etats Unis

En France, 27 établissements de santé sont équipés de cette solution pensée par un pharmacien hospitalier. Mais Loïc Tamarelle, président fondateur d'Eurekam, a évalué à 450, le nombre d'établissements hospitaliers français qui pourraient bénéficier de l'innovation. "Ce chiffre passe à 1.000 pour l'Allemagne et plus de 16.000 pour les Etats-Unis."

Après un avoir bouclé un deuxième tour de table de 1,5 M€ en avril dernier, Eurekam a donc décidé d'accélérer son internationalisation. La société est désormais implantée à Stuttgart pour se développer sur le marché allemand et ambitionne de trouver un site bêta-testeur aux Etats-Unis en 2019. Elle prévoit également de s'installer au Canada. "Je reviens du Congrès annuel de la Société américaine des pharmaciens du système de santé (ASHP) à Anaheim en Californie et je peux vous dire que les indicateurs sont plutôt au vert. J'ai notamment eu des échanges très sérieux avec un gros groupe américain qui gère 70 établissements de santé", explique Loïc Tamarelle.

18 recrutements d'ici 2020

Afin d'accompagner l'internationalisation de ses opérations, Eurekam, qui assure aussi la maintenance de son produit, vient de renforcer son équipe en recrutant 3 nouveaux responsables commerciaux dédiés à chaque nouvelle zone. En 2019, les embauches vont se poursuivre. "Nous sommes actuellement 12 salariés. Nous prévoyons d'être 30 fin 2020 », explique Loïc Tamarelle. "Nous recherchons des profils qualifiés en informatique ainsi que des chargés d'affaires", complète Jean Claude Payerne.

2019 sera aussi une année d'extension de son offre commerciale, l'idée étant, en plus de l'oncologie, de développer une gamme de solutions dédiées aux autres spécialités médicales présentes dans l'hôpital, à savoir la pédiatrie, les soins, l'anesthésie. Pour la suite, Eurekam ne s'interdit rien. "On travaille sur une grosse levée de fonds à deux chiffres pour 2020-2021 et les opérations de croissance externe ne sont pas exclues." Le coût annuel des erreurs médicamenteuses dans le monde s'élèverait à 42 milliards de dollars, ce qui représente près de 1% de l'ensemble des dépenses de santé au niveau mondial.

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