Olikrom et Eiffage dévoilent la première route luminescente de France à Pessac

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La peinture routière photoluminescente LuminoKrom® capture et stocke la lumière du soleil ou celle des phares et la restitue la nuit.
La peinture routière photoluminescente LuminoKrom® capture et stocke la lumière du soleil ou celle des phares et la restitue la nuit. (Crédits : Alban Gilbert, OliKrom)
C’est une première en France. Eiffage Route et la société girondine Olikrom, qui ont officialisé leur collaboration il y a un an, ont inauguré hier à Pessac une piste cyclable luminescente. Premier objectif : renforcer la sécurité routière en améliorant la visibilité du marquage routier. Après un test à Pessac, la commercialisation devrait intervenir en France en 2019 puis à l’international.

Il faut attendre la tombée de la nuit pour voir ses effets. Le résultat est alors très visible. Sur une route totalement noire, la visibilité est augmentée de 50 à 100 mètres. La route s'éclaire. Pour y parvenir une bande blanche luminescente a été posée au sol sur une piste cyclable de Pessac. Son secret ? Etre composée d'une peinture développée par la société pessacaise Olikrom, LuminoKrom®.

"Cette peinture, qui contient des pigments innovants et durables, capture et stocke la lumière du soleil ou celle des phares toute la journée et la restitue toute la nuit ", explique Jean-François Létard, fondateur d'Olikrom, spécialiste des pigments intelligents.

Lire aussi : Pigments intelligents : Olikrom inaugure son unité pilote

Un marché mondial

L'idée n'est pas nouvelle :

"Une première tentative a eu lieu aux Pays-Bas mais elle s'est soldée par un échec dès la sortie de la technologie du laboratoire. Il y a effectivement plusieurs défis : mettre au point cette peinture tout en étant en conformité avec le marquage routier qui doit notamment être anti-dérapant. Deux ans de recherche ont été nécessaires, reconnait Jean-François Létard. La clé de la réussite, selon moi, est de maîtriser toutes les étapes, de la fabrication des pigments jusqu'à la peinture, pour ensuite l'intégrer au produit fini."

A Pessac, le test est effectué sur une portion de 2 kilomètres, l'idée étant d'obtenir les certifications nécessaires pour une commercialisation en France dès l'année prochaine, puis à l'international. "C'est un marché mondial", insiste Jean-François Létard.

La route du futur

En plus des pistes cyclables, de nombreuses applications sont rapidement envisagées, notamment pour mieux sécuriser les points dangereux, les abords immédiats des passages piétons, les zones scolaires, ou encore les virages en rase campagne. "L'objectif est de trouver des solutions pour améliorer la sécurité routière, la priorité étant de protéger les plus vulnérables", insiste François Olard, directeur recherche et innovation chez Eiffage Route.

Cette performance, rendue possible grâce au programme d'innovation I-Street coordonné par le groupe Eiffage et soutenu par l'Ademe, préfigure une route du futur plus sûre, mais aussi plus économique et plus écologique. Si le montant de cette peinture haut de gamme n'a pas été dévoilé, "ce sera toujours moins onéreux que la mise en place d'une nouvelle infrastructure", avance François Olard. "Pour éclairer cette piste pessacaise, il aurait fallu faire des tranchées, toucher aux racines des arbres et poser des candélabres relativement bas", témoigne Eric Martin, 1er adjoint au maire de Pessac. "Pessac qui a, par ailleurs, été la première commune de plus de 50.000 habitants à avoir testé, en France, l'extinction de l'éclairage public la nuit."

Olikrom a de son côté obtenu il y a quelques jours le Prix Pépite industrielle lors des Grands Prix de l'industrie du futur organisés à Nice par La Tribune.

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