Le groupe Lectra lance son offensive 4.0 à l'international

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Un robot de découpe Versalis de Lectra dans le showroom du site de Cestas.
Un robot de découpe Versalis de Lectra dans le showroom du site de Cestas. (Crédits : Lectra)
Lectra, leader mondial de la découpe de matériaux souples, renforce au 3e trimestre une position qui n’était pas vraiment mise à mal. Le groupe, à cheval sur Paris et la Nouvelle-Aquitaine, où il est né, va intensifier en 2019 le déploiement à l’international de sa technologie 4.0 qui va mettre les vêtements sur-mesure à la portée du plus grand nombre.

"Le chiffre d'affaires et le niveau de commandes de nouveaux systèmes sont inférieurs en ce troisième trimestre à ce que nous avions prévu. Par contre notre chiffre d'affaires récurrent est en hausse, ce qui alimente la hausse de nos marges. Le résultat net est quant à lui conforme à nos attentes" a commenté ce mardi soir pour La Tribune à Bordeaux, après la clôture des marchés, Daniel Harari, PDG du groupe Lectra.

Leader mondial de la découpe de matériaux souples, principalement pour les secteurs de l'habillement, de l'ameublement et de l'automobile, le groupe conçoit et fabrique des systèmes de découpe et de gestion de production de très haute technologie, sans équivalents.

Lectra, dont le siège social se trouve à Paris, conserve en Gironde (où le groupe est né), à Cestas, son service recherche et développement, son unité de production ainsi que son showroom international. Le chiffre d'affaires de Lectra, qui emploie plus de 1.600 salariés dans le monde, a atteint 67,3 M€ au 3e trimestre 2018 (1er juillet - 30 septembre) en hausse de +1 % sur un an, tandis que les ventes de nouvelles licences de logiciels de CFAO (conception et fabrication assistée par ordinateur) et PLM (gestion du cycle de vie des produits ou product lifecycle management) enregistraient un recul de 16 %, à 2,9 M€. Le résultat net trimestriel est de son côté en hausse de +6,6 % à 7.825 K€.

Un bénéfice net à 10 % du CA

L'évolution de l'activité de Lectra sur les neuf premiers mois de l'année (du 1er janvier au 30 septembre) met du baume au cœur de son PDG puisque certains des nœuds coulants qui semblaient devoir étrangler le marché automobile en début d'année ont fini par se dénouer.

"Nous ne subissons plus l'attentisme du début d'année en Amérique du Nord. Sur neuf mois nous avons rattrapé cette mauvaise situation de début 2018. Les Américains et les Mexicains ont annoncé la signature d'un accord, ce qui met fin à ce foyer de tension, qui était très pénalisant. Par contre les tweets de l'administration Trump se focalisent désormais sur l'Europe et l'Asie, ce qui fait que tout le monde se demande ce qui va arriver. Mais il y a beaucoup de gesticulations et cela devrait s'atténuer. Aujourd'hui ça traîne" diagnostique Daniel Harari.

A l'issue des trois premiers trimestres de l'année, le groupe Lectra réalise un chiffre d'affaires de 207,5 M€, en hausse de +4,4 % sur un an. De son côté le résultat net reste stable, à 20 M€.

"La hausse de l'euro, qui nous a pénalisé auparavant, n'a pas eu d'effet au 3e trimestre. Normalement la situation internationale devrait s'améliorer et puis le groupe enregistre une hausse de son chiffre d'affaires récurrent sur neuf mois. Nous ne sommes pas endettés, notre trésorerie nette en banque atteint la barre des 90 M€ et nos capitaux propres les 161 M€" déroule Daniel Harari, qui se montre optimiste.

20 M€ et quatre ans de R&D pour la techno 4.0

Le niveau des carnets de commandes de nouveaux systèmes au 4e trimestre devrait indiquer la tendance pour l'exercice 2019. Avec une nouvelle année qui devrait être celle de l'offensive 4.0 de Lectra sur les marchés du monde entier, grâce à un nouveau bond technologique qui va permettre en particulier aux fabricants de vêtements de proposer à leurs clients du sur-mesure à un prix plus élevé d'à peine quelques pourcents par rapport au prêt-à-porter.

"Nous allons déployer progressivement dans le monde cette technologie déjà testée en France, en Italie et au Vietnam. Nous avons investi 20 M€ et quatre ans d'efforts dans cette révolution technologique" éclaire Daniel Harari. Une solution 4.0 qui fait appel au cloud, à l'informatique dématérialisée, avec des logiciels permettant d'optimiser le fonctionnement des machines de découpe. L'évolution du groupe au 3e trimestre a été saluée par une bonne réaction du marché boursier. Alors que le titre a clôturé à 17 euros hier mardi, il a ouvert ce mercredi matin à 19,74 euros, en hausse de +16,11 %, avant de céder du terrain pendant la journée.

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