Pourquoi le prothésiste Dental Cub mise sur le numérique

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François Tisserand et Simon Fillaire, cofondateurs de Dental Cub, avec à droite une usineuse Lyra Mill
François Tisserand et Simon Fillaire, cofondateurs de Dental Cub, avec à droite une usineuse Lyra Mill (Crédits : Dental Cub)
Le laboratoire Dental Cub, installé à Mérignac près de Bordeaux, vient de signer un partenariat avec la société Lyra. Les deux entités sont fortement impliqués dans la "dentisterie numérique", autrement dit la conception de prothèses numériques qui modifient en profondeur les pratiques habituelles.

François Tisserand n'est pas un pro du numérique mais il garde les yeux grand ouvert. Le dirigeant de Label Dent, laboratoire prothésiste dentaire installé à Mérignac, a bien saisi que la technologie pouvait bouleverser beaucoup de choses et a donc pris la décision de se pencher sérieusement sur le sujet. Il y a un an, il créait Dental Cub, un centre d'usinage 100 % numérique au sein de Label Dent, équipé d'une imprimante 3D, d'une machine d'usinage, d'un scanner, de matériel informatique dédié...

"Habituellement, dans les laboratoires on détache quelques salariés quelques heures par semaine sur les sujets numériques. Mais il s'avère que la montée en compétences des équipes est, ainsi, assez lente et insuffisante. Nous avons au contraire décidé de créer un véritable pôle tech dédié, et nous ne le regrettons pas car il a clairement boosté notre activité et permis de mieux faire connaître notre travail. Label Dent emploie 35 personnes, sur Dental Cub nous avons embauché 5 personnes en un an, toutes spécialisées dans le numérique, et la croissance mensuelle est constante."

Lyra fait sensiblement le même constat que François Tisserand et Label Dent : les outils pour la transition numérique existent mais beaucoup de laboratoires ne s'en servent pas car la conduite du changement n'y est pas opérée. Lyra, née il y a 5 ans, répond justement à cette problématique. La société est spécialisée dans l'intégration de solutions numériques de dentisterie.

"Un nouveau modèle doit émerger, fondé sur des soins de qualité accessibles au plus grand nombre, explique olivier Rembry, son directeur du développement. Il repose sur une simplification des process et des flux, des échanges facilités entre les praticiens et les prothésistes grâce au numérique, et sur une meilleure maîtrise des coûts."

Exit la pâte, bienvenue l'image numérique

Au-delà de la fourniture d'équipements, Lyra forme donc ses clients aux scanners, logiciels... pour éviter que ces derniers ne prennent la poussière. Et pour répondre aux besoins de ses clients praticiens, elle s'appuie notamment sur plusieurs laboratoires prothésistes. "Nous avons voulu à nos débuts jouer les apprentis laboratoires, mais on s'est très vite aperçu que ce n'était pas si simple que cela, reconnaît Olivier Rembry. C'est un vrai métier à part entière qui nécessite des années d'études puis de pratique." Le partenariat de sous-traitance noué avec Dental Cub répond à cet objectif. Lyra proposera à ses praticiens clients des prothèses de haute qualité réalisées à coûts maîtrisés par Dental Cub au moyen d'outils technologiques de pointe. Car progressivement, les méthodologies changent. Pour fabriquer une empreinte afin de réaliser une prothèse dentaire, la pâte, le support en plâtre... ne sont plus nécessaires. Un simple scanner glissé dans la bouche du patient, gros comme un feutre marqueur, permet de générer une image numérique très précise qui est transmise au prothésiste, sans avoir recours à un coursier transportant l'empreinte.

Dental Cub

Là où un dentiste fournit une empreinte "classique" en plâtre, le scanner permet de créer une image numérique destinée au prothésiste (photo DR)

Le prothésiste peut ensuite utiliser le modèle numérique pour usiner très précisément la prothèse dans un bloc de matière et envoyer la dent directement au praticien. Les gains annoncés sont donc opérationnels, esthétiques, mais aussi relatifs au confort et à la santé car la tendance est à supprimer tout métal de ces implants. En revanche, l'impression 3D ou fabrication additive ne fait pas encore de miracle, les résines n'ayant pas encore la résistance nécessaire et la biocompatibilité pour être définitivement implantées. En revanche, des modèles et guides chirurgicaux sont déjà imprimés en 3D.

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