BarterLink : comment les entreprises échangent leur actifs sous-utilisés

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La société BarterLink se rémunère en facilitant l'échange de biens, de compétences et de services entre les entreprises.
La société BarterLink se rémunère en facilitant l'échange de biens, de compétences et de services entre les entreprises. (Crédits : iStock)
Barter, un système de troc inter-entreprises (biens, compétences, services), est un modèle d'économie de partage. La société BarterLink, installée à la pépinière éco-créative des Chartrons , à Bordeaux, veut l'implanter en France sur l'exemple du Wir suisse. Assise sur un modèle émergent, cette entreprise connait une accélération avec l'entrée du groupe TEC à son capital.

« Barter » signifie troc en anglais et désigne aujourd'hui un système d'échange inter-entreprises. Le concept est apparu aux Etats-Unis dans les années 1930 et consistait en l'échanges d'espaces publicitaires contre des marchandises de grandes marques. Le modèle s'est développé en France à partir de 1986 avec le groupe TEC. En Suisse, la banque Wir organise un troc plus généraliste : les entreprises échangent sur le réseau toutes leurs ressources sous-utilisées : biens, services et compétences. C'est ce modèle que BarterLink essaie d'implanter en France.

Optimiser les actifs sous-utilisés

La banque Wir est un institut qui compte aujourd'hui 60.000 PME suisses dans son réseau. Elles échangent en utilisant le wir (1 wir = 1 franc suisse), depuis 1934 sous contrôle de la banque nationale et reconnue par la banque mondiale. Le projet BarterLink a été initié en 2016 à Bordeaux et compte aujourd'hui plus de 250 entreprises, dont 80 % issues de la région bordelaise. Le reste de la clientèle est « disséminé, à Paris, Nantes, dans le grand Est et quelques-unes à l'étranger, dont en Italie. » selon Sylvain Lhommée. Le link n'est pas une monnaie, c'est une unité d'échange comptable marketée comme monnaie interne, avec 1 link = 1 euro.

« On aide les organisations de tous types, les entreprises essentiellement, à mieux utiliser leurs actifs sous-utilisés. Une agence de communication peut mettre à disposition un bout de son offre métier ou une salle de réunion non utilisée, elle obtient des links qu'elle peut dépenser ailleurs », explique Sylvain Lhommée, fondateur et dirigeant de BarterLink.

Au-delà du financement d'achats sans toucher à la trésorerie, les avantages mis en avant par l'entreprise sont : les gains de temps quant à la sélection de fournisseurs, ou la rencontre de nouveaux clients sans effort commercial. De son côté, BarterLink prélève deux commissions de 15 % sur le montant de la transaction, une auprès du vendeur et une auprès de l'acheteur, qui doivent verser cette somme en euros

Bien que le Barter soit répandu aujourd'hui en Suisse, en Belgique, en Italie ou en Espagne, cette nouvelle économie circulaire est émergente en France. BarterLink est intégrée à la pépinière éco-créative des Chartrons et est accompagnée par Bpifrance, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Réseau entreprendre Aquitaine, la Banque populaire, et la Maison de l'emploi de Bordeaux. L'entreprise commence à étendre sa présence nationale.

TEC prend 13 % du capital de BarterLink

Le groupe TEC a pris une participation au capital de Barterlink. "A hauteur de 13 %", indique Sylvain Lhommée, qui, comme pour son chiffre d'affaires, refuse cependant de communiquer un montant.

Sylvain Lhommée

Sylvain Lhommée, le dirigeant de BarterLink (Crédits : BarterLink)

Le groupe TEC est au service d'annonceurs et de médias pour développer l'achat d'espaces publicitaires et participer au financement d'opérations de communication (revalorisation des stocks, fidélisation et développement de trafic). Aujourd'hui, plus d'une PME sur quatre serait prête à emprunter des ressources de manière non-organisée ou informelle, selon une enquête Kantar TNS initiée par la MMA en octobre 2017 auprès de 436 PME. « L'économie de partage migre des consommateurs vers les entreprises. La collaboration avec TEC nous crédibilise mais au-delà de ça, elle permet de densifier notre réseau et nos offres », développe Sylvain Lhommée, qui est à la tête d'une équipe de sept personnes (cinq salariés en CDI et deux associés).

« Nous avons aussi signé un partenariat commercial avec notre voisin italien iBarter, dispositif qui concerne environ 20.000 entreprises. Certains échanges nécessitent la proximité, d'autres peuvent être transfrontaliers, comme par exemple pour une entreprise de traduction », ajoute-il. « Ces deux groupes assurent notre accélération, nous battons nos records tous les mois. » Sylvain Lhommée ajoute à cela une implantation prévue pour la rentrée dans le Grand Est, avec une base avancée à Nancy.

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