La biotech suisse Sophia Genetics continue d’investir et s’installe au Pays basque

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Jurgi Camblong, PDG et cofondateur de Sophia Genetics.
Jurgi Camblong, PDG et cofondateur de Sophia Genetics. (Crédits : Sophia Genetics)
Sophia Genetics vient d’installer un premier centre de R&D en France, sur la technopole Izarbel de Bidart. La société suisse mise sur la France et le Pays basque pour renforcer sa technologie dont le but est d'aider les professionnels de santé à mieux diagnostiquer les maladies congénitales et les cancers et à mieux traiter leurs patients.

Elle fait partie des 50 entreprises les plus intelligentes au monde selon le classement 2017 de la MIT Technology Review. La société Sophia Genetics créée en Suisse en 2011 vient d'installer un pôle de Recherche & Développement sur la technopole Izarbel de Bidart dans le Pays basque.  L'idée ? S'appuyer sur les talents locaux avec l'aide de l'école d'ingénieurs située à proximité, l'Estia, et des écosystèmes développés par la CCI Bayonne Pays basque pour muscler sa technologie.

"Notre société utilise l'intelligence artificielle. Concrètement, nous proposons aux hôpitaux une plateforme d'analyse des données issues du séquençage de l'ADN afin de détecter des variants génétiques pour mieux diagnostiquer les maladies congénitales et les cancers et traiter les patients. Nous partageons du savoir, pas de la donnée. Tout est anonyme" explique Jurgi Camblong, PDG de la société, par ailleurs natif du Pays basque.

 Une trentaine de salariés en 2019

430 hôpitaux du monde entier utilisent aujourd'hui la plateforme analytique de Sophia Genetics. "Et ce n'est que le début. La société intègre 10 nouveaux établissements de santé chaque mois" précise Jurgi Camblong qui reconnait que France fait partie des pays en avance dans le domaine de la médecine génomique. "Notre relation à la France est donc très importante. D'où notre implantation ici, au plus proche des utilisateurs."

15 personnes travaillent actuellement pour Sophia Genetics en Nouvelle-Aquitaine, à Bidart essentiellement où des informaticiens sont d'ores et déjà en poste. La CCI Bayonne Pays basque s'en réjouit. "Pour nous, c'est une excellente arrivée qui va renforcer l'écosystème et, on l'espère, faire venir d'autres entreprises" explique son président André Garreta. Quelques personnes travaillent également à Bordeaux, notamment le mathématicien Thierry Colin. "Une trentaine de personnes devraient être avoir été embauchées dans la région en 2019" précise Jurgi Camblong.

60 M€ levés

Sophia Genetics investit et continuera d'investir

"Il ne faut surtout pas faire l'erreur d'arrêter, insiste Jurgi Camblong. Nous avons déjà levé 60 millions d'euros. Notre objectif est de rester la plateforme la plus utilisée au monde. Au niveau stratégique, nous continuons donc à étendre notre réseau et je pense en particulier à l'Amérique du nord où nous avons une quinzaine d'hôpitaux clients. L'autre objectif est d'enrichir notre plateforme en permettant aux experts de renseigner les traitements reçus par les patients et l'efficacité des traitements. Alors que l'on donne parfois aujourd'hui des traitements sans savoir s'ils vont fonctionner, cela permettrait d'avoir une meilleure idée de ce qui a le mieux marché chez des patients similaires. »

La médecine de demain, Jurgi Camblong l'associe évidemment à la digitalisation.

"Avec la digitalisation, ce qui est important, c'est de créer un savoir collectif pour le bien de tout le monde. Cela nécessite une plateforme et un grand réseau et surtout pas la mise en place d'une plateforme nationale. Nous travaillons avec des établissements de santé répartis dans 60 pays du monde. Notre modèle permet d'ailleurs à de petits hôpitaux ayant peu de moyens d'utiliser la plateforme. Nous sommes payés à l'utilisation, par patient. Cela nous pousse d'ailleurs à nous améliorer. Si nous ne sommes pas bons, ils arrêtent. Alors on avance !"

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