Premiers pas pour l'incubateur numérique du Barreau de Bordeaux

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(Crédits : Mila Ta ninga)
Lancé en octobre 2017, l'incubateur du Barreau de Bordeaux se veut un accélérateur de développement numérique pour les cabinets d'avocats. C'est le 7e incubateur du Réseau national des incubateurs après Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes et plus récemment Montpellier et Nîmes. La première phase de l'incubateur bordelais est de former ses troupes, assure Pierre Gramage, vice-bâtonnier du Barreau de Bordeaux, à l'origine de l'initiative.

"Avant toute chose, nous devons emmener le plus grand nombre d'avocats à une sorte d'acculturation pour les nouvelles technologies et à une approche entrepreneuriale et intraprenariale de nos métiers", avance le vice-bâtonnier du barreau de Bordeaux, Pierre Gramage. Une démarche qui n'est pas si évidente malgré les avancées en la matière. Déjà, il existe plusieurs formes d'outils innovants. Quelques-uns rencontrent d'ailleurs un certain succès auprès des professionnels et des justiciables, comme l'automatisation des actes, la justice prédictive avec la robotisation juridique ou encore les plateformes de mise en relation entre les avocats et les justiciables. "Mais toutes ces technologies ne sont pas prêtes à remplacer l'analyse et l'intervention humaine pour rendre la justice", souligne Pierre Gramage.

Mettre en place un système innovant et déontologique

Avant toute chose, le vice-bâtonnier lance un appel aux 15.74 avocats inscrits au Barreau de Bordeaux et à ceux qui sont dans une démarche d'innovation. Car, cette évolution "doit donc se faire avec les avocats et pour les avocats".

"Si certains développent déjà des processus innovants et/ou qui sont déjà en contact avec des entreprises classiques de l'innovation numérique, nous sommes preneurs de partage d'expérience. On ne peut pas rester dans son coin si on veut évoluer. Nous devons nous enrichir mutuellement", affirme Pierre Gramage.

Cet incubateur se veut être un lieu de réflexion et de proposition, de formation et d'échanges, mais aussi de prospective pour anticiper la profession de demain.

"Nous entamons cette opération sur du long terme, précise le vice-bâtonnier. Les deux prochaines années seront essentiellement consacrées à la formation des avocats pour mieux développer leurs idées. Ce seront des formations spécifiques qui touchent à tout ce qui est numérique. Autant dans le marketing, la stratégie entrepreunariale et numérique que dans le codage informatique, les outils de collaboration, les réseaux sociaux, les offres de services..."

Un long travail pratique qui permettra aux avocats qui désirent développer des outils, d'avoir toutes les armes en mains.

"Mais surtout, ce cadre doit être imprégné de déontologie. On ne peut pas faire sans. Il faut voir très précisément quelles sont les conséquences de cette évolution sur la déontologie. Il faut faire en sorte que toutes les règles morales qu'elle induit soient respectées. Il s'agira peut-être d'une évolution du cadre à terme, mais pas de la philosophie et de notre éthique professionnelle."

Avocats à Bordeaux

Pierre Gramage, vice-bâtonnier du Barreau de Bordeaux et Jérôme Dirou, bâtonnier du Barreau de Bordeaux (crédit photo Mila Ta ninga)

Des partenariats extérieurs

Pour se mettre à la page du numérique et mieux appréhender l'avenir avec les nouvelles technologies, le Barreau espère s'entourer de compétences et créer des partenariats avec des écoles de commerce ou tournées vers le numérique mais aussi avec l'université de Bordeaux. Des discussions sont déjà en cours pour la mise en place d'un diplôme universitaire sur la transformation digitale des professions du droit. Et pourquoi pas des partenariats avec les institutions locales qui existent déjà, telles que la French Tech Bordeaux ou l'Agence de développement et d'innovation de Nouvelle-Aquitaine. Ces partenariats sont encore à négocier pour des événements ponctuels ou pour du long terme.

D'autres pistes sont mises en avant avec le Réseau national des incubateurs installé à Paris. Il s'agirait de recenser les légathèques pertinentes (bases de documents juridiques commentés en accès libre) pour tester des solutions pour l'ensemble des incubateurs régionaux. Là encore des solutions sont à trouver pour savoir comment les utiliser et avec quels outils numériques. Et pourquoi pas se constituer en association pour trouver des fonds de fonctionnement.

"Ce relais national aura une grande importance pour les incubateurs régionaux, poursuit Pierre Gramage. Il pourra passer des partenariats au niveau national avec des directions juridiques de grands groupes, qui feraient elles-mêmes déjà de l'innovation dans l'intelligence artificielle par exemple."

L'idée, là encore, est de renforcer la profession et de lui permettre de se développer dans cet écosystème de l'innovation.

L'incubateur de Bordeaux fait donc ses premiers pas et est d'ailleurs encore à la recherche de locaux. Pour ce qui est du fonctionnement, Pierre Gramage attend que les négociations en cours soient plus concrètes pour donner des chiffres.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 17:18 :
La révolution est en marche [...] :-)

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