La réalité augmentée, une "vieille" technologie qui a trouvé un marché

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Michaël Haddad, responsable du pôle optique appliquée et algorithmes de L'Oréal, diplômé et intervenant de Kedge Business School
Michaël Haddad, responsable du pôle optique appliquée et algorithmes de L'Oréal, diplômé et intervenant de Kedge Business School (Crédits : Agence Appa)
La réalité augmentée n’est pas une technologie du XXIe siècle puisqu’elle est née en 1956, mais si on en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle a trouvé un marché. La cosmétique s’en est emparée. Les secteurs de la conception, de la production ou de la logistique s’y intéressent également. "Réalité augmentée, business augmenté" était le thème de la masterclass animée par Michaël Haddad (L'Oréal) le 8 février à l'occasion de la sortie du Book Eco de La Tribune Bordeaux. Chaussez vos lunettes, le futur, on y est !

"Vous êtes vraiment là ou êtes-vous un hologramme ?" La question venue du public à l'occasion de la masterclass "Réalité augmentée, business augmenté" animée par Michael Haddad à Kedge Business School à Talence, plonge la salle dans le vif du sujet. "Vous vous souvenez de Terminator tourné en 1984 ? Aujourd'hui, on peut dire qu'on est allé bien plus loin. Le futur, on y est." Michael Haddad sait de quoi il parle. Diplômé et intervenant de Kedge Business School, il est aussi le responsable du pôle optique appliquée et algorithmes de L'Oréal.

"Premier rappel pour bien savoir de quoi il est question : quand on parle de réalité augmentée, cela veut dire que l'on sur-impose une information virtuelle à un environnement physique. C'est l'exemple de la vision tête haute en voiture où l'on voit la route à suivre s'afficher sur le pare-brise."

2015, Microsoft lance Hololens

Les termes de réalité augmentée, de virtualité augmentée, de réalité virtuelle ou même de réalité mixte sont désormais connus du grand public mais qu'on ne s'y trompe pas :

"Il ne s'agit pas de nouvelles technologies, simplement de technologies qui trouvent aujourd'hui un marché. La réalité augmentée est née en 1956. On en a peu entendu parler parce que concrètement, on n'avait pas encore couplé la réalité augmentée à l'intelligence artificielle. En gros, il n'y avait pas de caméra intelligente. Il va falloir attendre 2013 avec l'apparition des Google glass."

Dans le même temps, L'Oréal lance en 2014 la première application de réalité augmentée grand public : Makeup Genius, un simulateur de maquillage disponible sur mobile. Mais pour Michael Haddad, 2015 est "la grande année" avec la sortie des lunettes Hololens de Microsoft.

"On a vraiment l'impression de plonger dans le futur avec une qualité optique et une puissance de calcul jamais vues."

Depuis, les grands acteurs du digital se lancent dans la réalité augmentée : Google, Apple, Facebook. Seul regret pour Michaël Haddad :

"Toutes ces sociétés sont américaines. On n'a pas su faire accoucher de digital champions en Europe. En France, on a les compétences, et les jeunes qui arrivent en sont la preuve, mais pas les grands groupes."

Des applications concrètes

La réalité augmentée est désormais omniprésente dans les ressources humaines et la formation, la logistique, la production.

"Une application développée par Bosch permet à un technicien de sur-imposer des plans sur un moteur pour savoir comment et quoi réparer. Autre exemple, dans les métiers de la logistique, un manutentionnaire équipé de lunettes peut être guidé vers les bons objets voire télé-assisté par un opérateur à distance."

Ces technologies sont également clés dans la cosmétique où il est question de digitalisation de l'apparence et dans l'industrie du vêtement.

Les risques

Ce sont des technologies qui perturbent les réseaux de distribution, reconnait toutefois Michaël Haddad.

"La prochaine étape sera la réalité virtuelle et que se passera-t-il quand on pourra essayer les produits depuis notre canapé, chez nous ? Les géants de la vente en ligne imaginent un futur dans lequel il n'y aura plus de magasins."

Michaël Haddad parle lui-même de technologies qui font rêver et peur à la fois.

"Mais quand on interroge les chercheurs sur le risque, à l'avenir, de ne plus savoir différencier le vrai du faux, ils nous répondent qu'il y a les blockchains. Ils voient d'autres technologies pour garantir qu'une vidéo n'est pas truquée par exemple."

Alors que le monde devient de plus en plus complexe en terme de technologie, Michaël Haddad en conclut "qu'on le veuille ou non, les réalités virtuelle et augmentée ainsi que l'intelligence artificielle touchent directement notre quotidien. J'invite donc tout un chacun à se former à ces méthodes."

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Michaël Haddad est intervenu dans le cadre de la sortie officielle du Book Eco 2018 édité par La Tribune lors d'une soirée organisée en partenariat avec la Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique. Le Book Eco classe notamment les 3.500 entreprises les plus puissantes de Nouvelle-Aquitaine en termes de chiffre d'affaires et contient également un top 100 effectifs, un top 100 export, le Palmarès des entreprises qui recrutent sur la métropole bordelaise... Il est disponible chez votre marchand de journaux ou peut être commandé en ligne sur notre site :

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Commentaires
a écrit le 09/02/2018 à 20:21 :
Tout dépend de ce que chaque individu.e
Comprend de la définition «  de réalité augmentée « 

Après le «  reste » c’est du b.l.a.b.l.a

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