Garorock : Marmande bâtit un écosystème autour des festivals et du numérique

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Cette grande halle fait partie de la friche industrielle de 40.000 m2 qui sera reconvertie pour accueillir le projet CESame à Marmande.
Cette grande halle fait partie de la friche industrielle de 40.000 m2 qui sera reconvertie pour accueillir le projet CESame à Marmande. (Crédits : OT du Val-de-Garonne)
Reconvertir une friche industrielle de 40.000 m2 en tiers-lieu dédié aux industries créatives mêlant évènementiel, coworking et incubateur de startups : c’est le cœur du projet CESame porté par la ville de Marmande. Celle-ci veut capitaliser sur le succès croissant de Garorock et de son petit frère Garocamp Days, pour initier un écosystème sur la transformation numérique des festivals.

Le projet CESame vient tout juste d'entrer en phase de préfiguration après la décision du conseil municipal de Marmande, le 25 janvier dernier, de confier une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) à l'association Ouishare. Les conclusions sur le modèle économique du projet et sa gouvernance ne seront présentées que début juin mais les grandes lignes sont déjà connues. La commune du Lot-et-Garonne, presque aussi connue pour ses tomates que pour son festival Garorock créé en 1997, veut se positionner comme une plateforme incontournable des industries créatives, tout particulièrement dans le domaine de la transformation numérique des festivals.

Capitaliser sur les savoir-faire locaux

Les anciennes usines CESA qui s'étendent sur 40.000 m2 ont été rachetées par la Ville de Marmande l'an dernier pour 240.000 €. L'idée est de reconvertir cette vaste friche industrielle en « tiers-lieu » dédiée aux industries créatives et collaboratives. « Le futur écosystème, que nous voulons positionner autour des Garocamp Days comme une référence pour les échanges entre professionnels dans le monde des festivals, sera la colonne vertébrale du site », expose Daniel Benquet, le maire centriste de la ville et président de Val-de-Garonne Agglomération. "L'objectif n'est pas d'attirer des startups ou des coworkers d'ailleurs mais bien de capitaliser sur les projets et les savoir-faire des acteurs locaux", assure le maire qui peut s'appuyer sur le succès grandissant du festival Garorock devenu emblématique du dynamisme de Marmande. L'édition 2018 espère ainsi attirer entre 150.000 et 200.000 spectateurs du 28 juin au 1er juillet.

CESame Marmande

La grande halle et les différents locaux industriels s'étendent sur 40.000 m2 à l'est de Marmande (crédit photo OT du Val-de-Garonne).

Nés dans le sillage de Garorock en 2016, les Garocamp Days se présentent comme "le rendez-vous BtoB dédié à la transformation numérique des grands évènements" réunissant des organisateurs de festivals et d'événements culturels, des offices de tourisme, des parcs d'attractions, des salles de spectacles, des startups et des sponsors. L'an dernier 300 professionnels, dont des représentants de certains des plus grands festivals européens - Hellfest, Transmusicales, Sziget  - ont fait le déplacement à Marmande. La prochaine édition se tiendra à la mi-novembre. A terme, l'idée est de le localiser au sein du projet CESame.

"Notre objectif est d'offrir à tous ces professionnels un lieu d'échange, des passerelles entre leurs métiers et un laboratoire en conditions réelles pour leurs innovations numériques et leurs expérimentations en termes de design et d'aménagement d'espaces, de gestion des flux, de billetterie et d'expérience globale des festivaliers", détaille Marion Oudenot-Piton, chargée de développement touristique à l'office de tourisme du Val-de-Garonne.

Un vaste espace multifonctions

CESame Marmande

L'entreprise CESA de fabrication de cuisines haut-de-gamme, a fermé ses portes en 2009/2010 (Crédit photo OT du Val-de-Garonne)

La municipalité entend ainsi y faire naître un "laboratoire d'initiatives économiques, citoyennes, solidaires, artistiques, touristiques, numériques et de formation" ancré dans le quartier dont une partie est classée prioritaire au titre de la politique de la ville. Ce nouveau "tiers-lieu", résolument multiforme, aura de multiples vocations :

  • Un lieu d'accueil de grands évènements culturels ou professionnels, à l'instar des Garocamp Days,
  • Un lieu de création artistique,
  • Un espace de coworking ciblé sur la culture, le numérique et le tourisme,
  • Un incubateur de startups liées à l'innovation et la transformation numérique des grands évènements,
  • Un espace de pratiques expérimentales dans le domaine sportif et agricole,
  • Un café-restaurant-boutique fondé sur les échanges collaboratifs et locaux.

La mairie, propriétaire du lieu, sera le maître d'ouvrage tandis que l'exploitation sera pour l'instant pilotée par le pôle développement de l'office de tourisme de l'agglomération. L'ouverture du lieu sera progressive mais ne devrait pas aboutir pleinement avant l'horizon 2019/2020.

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a écrit le 12/02/2018 à 9:51 :
Une excellente idée, c'est le principe de la permaculture en agriculture, réunir des richesses complémentaires afin qu'elles s'épanouissent en s'élevant les unes les autres.

IL y a de nombreux gros bâtiments à l'abandon un peu partout dans le pays qui devraient servir pour ce genre d'initiative, cela permettrait de revaloriser le patrimoine, or au sein de la première puissance touristique cela ne peut qu'être productif, arts et tourisme faisant particulièrement bon ménage.

Dommage là encore que cela soit une fois de plus une initiative publique, les privés auraient tout à gagner, s'ils n'avaient pas peur de l'intelligence de façon générale, à favoriser ce genre d'initiative qui a terme serait un plus déterminant face à la concurrence internationale.

Tout le monde râle par exemple sur le nouveau logo de france 2 parce que ça a couté tant et gnagnagna et gnagnagna n'empêche que mes deux ados m'ont dit "C'est une super idée ! C'est bien plus beau comme ça !"

Notre société inégalitaire injuste et inhumaine du fait de la dictature des possédants génère de ce fait de nombreux artistes inconnus et nombreuses créations artistiques et, tout le secteur privé ne serait qu'élevé part leur contact.

C'est la carte qu'aurait du jouer l'europe, faire un mixe entre dynamisme économique et richesse culturelle faramineuse, on n'en serait pas à courir derrière les états unis à vie en attendant de se faire dépasser par la Chine. Mais non construite par le fric pour le fric elle a prit la voie financière, à savoir la plus destructrice à court terme.
a écrit le 11/02/2018 à 16:01 :
Interessant projet.
Cela serait bien d'aider des initiatives dans le domaine du recyclable
Comme Darwin...avoir restaurant bio en liaison avec la CFP(son restaurant d'application).

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