Bordeaux : embarquement pour la poubelle des croisières

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Collectés par une barge, les déchets des bateaux amarrés dans le port de Bordeaux sont acheminés à quelques kilomètres en amont vers l'usine de traitement Astria de Bègles (Gironde).
Collectés par une barge, les déchets des bateaux amarrés dans le port de Bordeaux sont acheminés à quelques kilomètres en amont vers l'usine de traitement Astria de Bègles (Gironde). (Crédits : Anne Lanta)
Les poubelles des croisiéristes, de plus en plus nombreux, faisant escale à Bordeaux ont, elles aussi, droit à leur croisière… grâce à une "compagnie" associant le groupe Suez à une TPE locale : Aqua Berge Maintenance. Explications.

Suite à un appel à manifestation d'intérêt lancé par Bordeaux Métropole en septembre dernier, le groupe Suez, associé à une très petite entreprise (TPE) bordelaise, Aqua Berge Maintenance (siège à Isle-Saint-Georges - 33), teste depuis quelques jours (17 octobre) une nouvelle forme de ramassage et le cheminement, par barge, des 200 tonnes de déchets générés chaque année par les croisiéristes, de plus en plus nombreux, amarrés ou de passage dans le port de la Lune.
A ce jour, Bordeaux accueille 39 escales de paquebots de croisière maritime (44 sont programmées en 2017), 5 compagnies de croisières touristiques journalières (day cruise) qui comptent 12 bateaux, et 5 compagnies internationales de croisières fluviales qui comptent 6 bateaux.

La croisière des déchets se termine à Bègles

Ce test, qui permet d'éviter l'équivalent de cinq camions par jour dans les rues de Bordeaux, prendra fin le 31 octobre. Il doit permettre de vérifier les conditions techniques de collecte et d'acheminement des déchets via la Garonne vers leur site de traitement, à savoir l'usine Astria située en bord de Garonne, à Bègles, et exploitée par Suez.
La barge "L'Escabey", utilisée pour le ramassage des déchets issus des bateaux de croisière de tous types (fluviaux, maritimes) prend également en charge les déchets de tous les bateaux à quai, comme les voiliers en escale ou encore les bateaux restaurants. Cette barge est équipée de conteneurs permettant de prendre en charge séparément les déchets ultimes, les déchets valorisables et le verre... à condition qu'un tri préalable ait été fait par les équipages des navires, comme c'est le cas dans les navires de la société française CroisiEurope.

Système imposé dès le mois de mai ?

La pérennité de cette solution innovante est désormais dépendante de l'équilibre de son modèle économique. Le prix facturé aux bateaux dépend, bien entendu, du volume de déchets collectés et si le système est adopté, c'est à partir de mai prochain que tous les bateaux passant par le port de la Lune devront y souscrire.
Retenu par Bordeaux Métropole dans le cadre de cette expérimentation, le groupe Suez possède une expertise spécifique en ce qui concerne les modes de collecte alternatifs visant à réduire les impacts environnementaux de cette activité. Suez propose déjà, en effet, en Ile-de-France et bientôt à Lyon, un service de déchèterie fluviale, et, plus près de Bordeaux, sur le bassin d'Arcachon, Suez a initié, avec la Communauté de communes du Bassin d'Arcachon Nord (Coban), un dispositif de poubelles de mer mis en œuvre à proximité des ports du bassin. Enfin Suez, via la société dédiée SGAC (Société de gestion de l'assainissement de Bordeaux Métropole), travaille aux côtés des services de la collectivité au développement d'un service de collecte des eaux usées des navires et bateaux.
Désigné par Lonely Planet comme LE spot touristique mondial de référence en 2017, le port de la Lune entend donc clairement faire rimer attractivité et propreté... et on sait à Bordeaux que ce n'est pourtant pas un exercice facile.

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