Le nouveau virage actionnarial d’Europlasma

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Jean-Eric Petit, DG d'Europlasma
Jean-Eric Petit, DG d'Europlasma (Crédits : Europlasma)
Avec le départ de Crédit Suisse de son conseil d’administration, Europlasma perd au moins pour un temps l’appui de Masdar Capital, le puissant fonds d’investissement d’Abou Dabi.

Comme nous l'avons annoncé le 1er septembre, les deux moteurs à gaz de GE Jenbacher sont bien arrivés hier mardi à la centrale électrique de Cho Morcenx. Cette centrale lancée par le groupe Europlasma, dont le siège est à Morcenx (Landes), doit produire de l'électricité par la gazéification de biomasse et de déchets : elle est en cours de développement depuis plusieurs années.

Déjà équipée de deux moteurs à gaz Caterpillar, il lui manquait un surcroît de puissance pour atteindre la production d'électricité renouvelable attendue et décrocher sa qualification technique, ce qui devrait arriver d'ici la fin de l'année. Europlasma, qui était indirectement mais activement soutenu par Masdar Capital, le fonds d'investissement d'Abou Dabi pour les technologies vertes, qui construit la cité énergétiquement idéale de Masdar, en plein désert, a connu cet été un changement d'actionnaire significatif. Le 21 juillet Crédit Suisse Asset Management (CSAM) a ainisi démissionné du conseil d'administration du groupe, ainsi que de ses mandats au comité stratégique et au comité d'audit.

11 millions d'actions à céder

"Il y a un changement puisque Crédit Suisse vient de démissionner du conseil d'administration. Mais ils conservent toujours 16 % du capital. Le fonds est entré au capital d'Europlasma en 2007. Avec une durée de vie de 10 ans qui doit donc s'achever fin 2017 et on s'attendait à ce que Crédit Suisse démissionne. Le fonds va fermer et il devait au préalable se couper des informations sur le groupe auxquelles il avait accès. Ceci pour éviter tout risque de délit d'initié quand Crédit Suisse décidera de se défaire, d'une manière ou d'une autre, des 11 millions de titres Europlasma qu'il détient...", relève Anne Bordères, responsable des relations avec les actionnaires.

CSAM investissait dans le groupe landais, via Crédit Suisse Europlasma SPV, pour le compte de Masdar Cleantech Fund. Comme le souligne Anne Bordères ce véhicule d'investissement détient toujours plus de 17 % du capital d'Europlasma et la décision de se défausser de ce gros paquet d'actions ne devrait pas être prise en claquant des doigts.

Erik Martel, un ex de Masdar

Le titre cote désormais à 44 centimes et on voit mal comment Crédit Suisse Europlasma SPV pourrait rapidement écouler 11 millions d'actions, d'autant qu'un nouveau mouvement de dilution de la valeur unitaire de ces dernières est en cours. Hier mardi le groupe a ainsi annoncé qu'il allait lancer l'émission de plus de 1,9 million d'actions nouvelles, immédiatement assimilables aux actions existantes. Le nombre de titres en circulation va ainsi encore bondir, passant de 73 millions à près de 75 millions. Si la centrale Cho Morcenx ne décroche pas sa qualification technique d'ici la fin de l'année, on se demande jusqu'à quelle extrémité la valeur unitaire du titre risque de plonger.

Avec le départ d'Henri Arif, qui représentait Crédit Suisse Asset Management au conseil d'administration, Europlasma a dû trouver un remplaçant. C'est ainsi qu'a été coopté Erik Martel. Annoncée fin août,  cette nomination devra être confirmée lors de la prochaine assemblée générale ordinaire. Après avoir été un administrateur actif d'Europlasma pendant six ans, Erik Martel, associé de Masdar Capital, a siégé dans le groupe de 2014 à 2016 en tant que représentant de Masdar Cleantech Fund.

Quand la hausse bloque

L'action Europlasma a connu un gros coup de fièvre spéculative la semaine dernière avec un pic himalayen le jeudi 1er septembre, journée pendant laquelle 2,9 millions de titres ont été échangés ! Une bataille de Titan entre acheteurs et vendeurs qui a au final abouti à une neutralisation de la tendance, le titre finissant cette journée à 44 centimes, soit une parfaite stabilité par rapport à la veille. La journée du 1er septembre devait connaître une réplique dès le lendemain, vendredi 2 septembre, avec 1,6 million de titres échangés pour un résultat final lui aussi neutralisé à 0 %. Alors que le mercredi 31 août il n'avait fallu, si l'on ose dire, que 314.548 actions échangées pour faire reculer la valeur du titre de 4,35 %. Avant de clôturer à 0 %, le 1er septembre, l'action Europlasma avait flambé à plus de 10 % en matinée. Un jeu boursier de montagnes russes qui est loin d'être terminé.

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