Mobilité : Keolis veut marquer le digital de son empreinte

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Mettre le transport public en avance sur l'heure... du digital et des smart cities, c'est l'objectif de Keolis et de son partenaire Netexplo engagés dans une vision très prospective de la mobilité.
Mettre le transport public en avance sur l'heure... du digital et des smart cities, c'est l'objectif de Keolis et de son partenaire Netexplo engagés dans une vision très prospective de la mobilité. (Crédits : MAN)
Depuis 2007, Keolis, opérateur de transport public, sonde régulièrement les habitudes des usagers pour faire de la prospective en matière de mobilité, via une étude baptisée Keoscopie. Cette année, Keolis s’associe avec Netexplo, observatoire mondial de la transformation numérique pour mettre son outil prospectif à l’heure du digital. Cela change tout, ou presque.

Répondre aux défis qu'impose le mouvement vers les smart cities, villes intelligentes, en poussant toujours plus loin la R&D en matière de mobilité des voyageurs, tel est l'objectif de l'étude Keoscopie, inventée en 2007 par l'opérateur de transport public Keolis. Une étude qui, en plus d'étudier les comportements et usages des transports de ses clients, porte depuis cette année, sur les usages numériques et la digitalisation massive des services de tous ordres. Bref, Keoscopie, grâce à un partenariat avec le réseau mondial d'observation Netexplo qui est dédié à la prospective en matière d'usage du numérique.

"En ajoutant à Keoscopie une nouvelle brique apportée par Netexplo, à savoir, l'analyse, la détection des nouvelles tendances et usages des technologies numériques, nous entendons répondre de manière plus complète, avec une vision prospectiviste, aux besoins à venir des "smart cities" et de leurs habitants en matière de mobilité", explique Eric Chareyron, directeur prospective, modes de vie et mobilité dans les territoires, chez Keolis.

Mobilité : les idées reçues tombent

"Les différentes études Keoscopie nous ont permis d'identifier des attentes insoupçonnées de la part des usagers, ajoute Najoua Ben Jemaa, directrice de la communication digitale chez Keolis. Plus nous analysons les comportements, plus les idées reçues tombent, et nos stratégies doivent être profondément revues parfois."

Keoscopie a notamment permis à Keolis de se rendre compte qu'aux heures de pointe, sur les trajets lieu de travail - domicile, les rames et bus n'étaient pas forcément remplis par les mêmes usagers qu'aux heures de pointe du matin... Anecdotique ?

"Absolument pas !, assure Aric Chareyron. Nous savons désormais que 80 % de la mobilité concerne des usagers de passage. Nous savons aussi, et c'est encore plus surprenant, que 50 % des usagers des heures de pointe des créneaux horaires de sortie des entreprises ne sont pas des habitués. Cela veut dire qu'on ne doit pas s'adresser aux voyageurs de ce que nous appelons les trajets domicile-travail, comme s'ils étaient forcément des habitués. Cela veut dire communiquer, informer, bâtir des systèmes de signalétiques, des services qui s'adressent surtout à des visiteurs occasionnels... Nous savons désormais qu'à Bordeaux, par exemple, 200.000 des usagers quotidiens du tram sont des visiteurs de passage. Il faut savoir leur apporter les services, notamment digitaux, qui vont leur faciliter l'usage des transport publics", poursuit Eric Chareyron.

La fin du "mass transit"

Après quatre éditions de l'observatoire Keoscopie, Keolis a tiré des constats : il lui faut oublier la notion de transport de masse "mass transit", pour passer à la notion de mobilité individuelle. Il lui faut aussi comprendre les besoins et usages futurs pour anticiper demain. La volonté affichée s'est traduite par l'association de Keolis à Netexplo.

Le réseau mondial de 19 observateurs des nouvelles tendances digitales et des services qui en découlent s'est mis au travail. Netexplo, qui est connu mondialement pour avoir identifié avant tout le monde les potentiels de Twitter, Shazam ou encore World Lens, a fait remonter au Creative Camp, cellule de prospective mise en place en interne chez Keolis, plus de 160 applications et projets numériques susceptibles de permettre à Keolis d'avancer de nouvelles propositions de services aux usagers des transports.
Des propositions qui vont s'adresser à quatre grands types de profils d'usagers intéressés par les outils numériques. Ces profils découlent d'une étude sociologique menée auprès de 3.000 usagers.

4 types de profils d'usagers - utilisateurs de mobilité digitale

Il y a ceux qui cherchent une mobilité humanisée, adeptes des services collaboratifs. Les usagers en recherche de mobilité en temps réel, qui veulent un service hyper personnalisé, ceux qui recherchent la mobilité profilée : une mobilité simplifiée à l'extrême. Et il y a aussi les usagers en recherche d'une mobilité "immersive" celle qui, par les outils mis à sa disposition leur permettent d'utiliser tous les transports de la même manière, avec la même facilité, partout en France ou dans le monde, comme s'ils étaient "chez eux." Les applications qui seront proposées à l'avenir par Keolis devront répondre aux attentes des ces typologies.

Certaines, issues du monde entier, sont bien parties pour figurer dans nos smartphones d'usagers français des transports en commun, comme Ibutterfly, une application de guidage urbain qui permet à l'usager d'arriver à destination en suivant tout simplement, sur son écran, un papillon virtuel, ou encore Veniam qui transforme les bus urbains en spots wi-fi, ou encore Map Kimera, cartographie collaborative.

Du Shazam dans les moteurs des bus ?

"Nous avons pu identifier des applications qui, au premier abord, n'ont rien à voir avec nos métiers, mais qui peuvent tout changer dans la gestion des transports publics des villes intelligentes" assure Eric Chareyron.

L'exemple de Shazam, application de reconnaissance musicale lui donne raison.
Des médecins ont montré qu'en modifiant l'algorithme de l'application, elle pouvait, à la simple écoute d'un patient, détecté la maladie de Parkinson.

"On peut imaginer que Shazam soit, à l'écoute d'un bruit de bus, capable de détecter un problème de moteur, anticiper une panne et donc réduire les risques tout en réduisant les opérations de maintenance et d'immobilisation du parc", assure Najoua Ben Jemaa.

On imagine sans doute encore mal dans quelles applications innovantes peuvent se cacher les prochains bénéfices pour l'usager des outils numériques en matière de mobilité. Mais c'est précisément à cela que doit servir l'observatoire des mobilités digitales mis en place par Keolis.

>> Le 2e Forum Smart City Bordeaux, vendredi 20 mai, se penchera sur la question de la mobilité de demain à l'occasion d'une table ronde consacrée à ce sujet. Programme complet et inscriptions en cliquant ici

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