A Bordeaux, le directeur de l’agence d’urbanisme remet en question l'expertise

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Jean-Marc Offner et Véronique Ferreira
Jean-Marc Offner et Véronique Ferreira (Crédits : J. Philippe Déjean)
Jean-Marc Offner, le directeur de l’Agence d’urbanisme Bordeaux Métropole Aquitaine (A’urba), l’a martelé au côté de sa présidente, Véronique Ferreira, en matière d'urbanisme, au moins, les experts ne peuvent plus être aussi formels que par le passé.


Lors des vœux à la presse à l'A'urba, vendredi 29 janvier, Véronique Ferreira, maire (PS) de Blanquefort, présidente de l'A'urba, et Jean-Marc Offner, le directeur, ont pris la parole devant les personnels de l'agence mais aussi de personnalités, comme Virginie Calmels, vice-présidente (LR), de Bordeaux Métropole. Estimant qu'en France on n'évite d'évaluer le résultat des politiques publiques, "car on y voit un jugement critique, alors que dans d'autres pays c'est de l'accompagnement à la décision", Jean-Marc Offner a placé son intervention sous le signe de l'expertise et de la décision.

Simplifiant l'équation pour ramener l'action publique "à une affaire de problèmes, de solutions et de combinaisons entre les deux" Jean-Marc Offner a souligné que l'époque des "problèmes formulés par le politique avec la solution du technicien" avait fait son temps, autrement-dit "les experts sont formels : ça ne marche plus". Tout ça à cause de l'élargissement du champ de l'expertise. Avec des "profanes" (le public) qui en savent désormais presqu'autant que les professionnels, "le siècle de la rationalité triomphante est un peu derrière nous" a diagnostiqué Jean-Marc Offner.

L'expérience de la rocade

D'où l'adoption d'une méthode où l'on commence par la solution, où l'important est de faire bouger les lignes. Les problèmes, comme les solutions, "sont pêchés dans un stock limité" et s'inscrivent dans un éventail d'options qu'il convient d'ouvrir. Jean-Marc Offner a donné un exemple de cette méthode du décalage.

"Il s'agit de mettre un coup de projecteur sur des thématiques qui ne sont pas au cœur de l'action publique. Exemple : la rocade de Bordeaux. On peut la considérer comme un tuyau dysfonctionnel mais aussi comme un grand territoire métropolitain et possiblement un champ d'expérimentation des nouvelles mobilités" a-t-il expliqué, avant de plaider pour l'innovation.

Après un retour sur les événements tragiques de 2015, du début à la fin de l'année, Véronique Ferreira, qui est historienne, a appelé à cultiver la tolérance et l'écoute, avant de souligner les liens étroits existant entre démocratie et urbanisme, et d'appeler à co-construire le projet urbain.

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