Alpha, c’est déjà l’après-vélo électrique !

 |  | 865 mots
Lecture 4 min.
Voici Alpha, le vélo à hydrogène qui pourrait bien ringardiser les vélos électriques classiques.
Voici Alpha, le vélo à hydrogène qui pourrait bien ringardiser les vélos électriques "classiques". (Crédits : Pragma Industrie)
100 kilomètres d’autonomie, 5 minutes pour recharger… sans prise électrique. Le futur du vélo électrique s’appelle “Alpha” et il a été présenté ce mercredi matin à Biarritz en avant-première mondiale, avant le congrès ITS de Bordeaux, par la société basque Pragma Industries (Bidart).

D'abord connue pour avoir mis au point, en 2012, une machine unique au monde capable de bobiner les cellules de la pile à combustible et donc d'industrialiser le process de fabrication afin de faire baisser ses coûts de production de petites piles à combustibles, la société basque Pragma Industries vient de franchir un nouveau cap dans son histoire.
Après avoir réalisé, en collaboration avec le groupe CyclEurope, quatre vélos à hydrogène, issus d'un démonstrateur, l'AlterBike, pour le compte d'Air Liquide, des vélos qui ont créé le buzz sur plusieurs salons internationaux, ce matin, la société Pragma Industries (siège à Bidart, 10 salariés) présentait en avant-première mondiale aux élus basques de l'Agglomération Côte basque Adour (ACBA), Alpha, la toute première version d'un vélo électrique révolutionnaire.
Un vélo à hydrogène doté d'une autonomie électrique de 100 km qui, couplé à une borne, peut se recharger en 5 minutes.

Alpha, designé et produit en  trois mois seulement !

Baptisé Alpha après avoir eu pour nom de code "BikeBerri", Alpha a aussi pour particularité d'être né d'un projet réalisé dans un temps record de trois mois.

"Depuis 2014, nous sentions que le vélo à hydrogène avait un réel intérêt et même un avantage certain par rapport au vélo électrique dit classique", estime Pierre Forté, ingénieur en aéronautique, créateur (2004) et dirigeant de Pragma Industries .
"Mais nous sentions aussi que nos partenaires historiques étaient un peu récalcitrants quant à passer de la mini série à la production en série de vélos à hydrogène. Après deux rencontres fructueuses avec la société Atawey (Savoie), qui a mis au point une station de production d'hydrogène, et avec Cédric Braconnot (Belfort), un constructeur de vélos haut de gamme, nous avons décidé de le produire ensemble !"

Un challenge compliqué à plus d'un titre. "D'abord il a été réalisé à partir d'une feuille blanche ou presque, explique  Pierre Forté, ensuite il a fallu trouver les moyens de le financer. A ce titre, les 25.000 euros obtenus dans le cadre de l'appel à projets Atelier de l'Innovation 2014 de l'ACBA ont constitué un signal de départ !"

L'ACBA est le vrai papa d'Alpha !

Un signal de départ donné au moment du versement de la somme en question... en mai 2015. "Cette aubaine financière a aussi été un problème car avant de percevoir cette somme nous ne pouvions que réfléchir à notre projet... pas avancer sur sa production."
La somme versée par l'ACBA déclenche donc véritablement le projet mais dès juin, une rencontre avec l'institut Vedecom de recherche et de promotion du véhicule électrique bouscule le calendrier.

"Ils nous ont demandé 10 Alpha pour le congrès ITS de Bordeaux (du 5 au 9 octobre)... Autant dire que l'été a été très court pour nous, pour Atawey qui a réalisé la borne de recharge en un temps record, et moyennant un investissement de 150.000 euros, et pour les PME de chaudronnerie, de soudure, d'usinages... que nous avons sollicité pour nous aider à réaliser ce vélo incluant le réservoir de stockage d'hydrogène et nos piles à combustible."

Trois mois plus tard et alors qu'il faut généralement un an pour créer, ex-nihilo, un nouveau cadre de vélo, le résultat de ce challenge un peu fou, construire de A à Z 12 exemplaires de "l'alpha et l'omega" du vélo à hydrogène, est relevé. Au total il aura fallu mobiliser 135.000 euros (notamment 25 K€ de l'ACBA, 82 K€ de Vedecom) pour réaliser les prototypes et 2.400 heures d'ingénieries assumées par Pragma et ses co-traitants.

Compétitif par rapport à l'électrique dès 1.000 unités produites

Le jeu en valait la chandelle car ce matin, la présentation en avant-première aux élus de Biarritz et de la communauté d'agglomération, "qui ont eu droit à cette primeur, car ils ont vraiment été, avec leur prix de 25.000 euros, les papas d'Alpha", plaisante Pierre Forté, semble avoir fait mouche.
Il ne reste plus qu'à convaincre le marché et à passer de l'étape mini série à celle de l'industrialisation.

"Pour le moment, Alpha n'est pas compétitif sur le marché mais, à partir de 100 vélos, le coût de production peut tomber à 5.000 euros. Dès que nous atteindrons une production de 1.000 vélos/an, nous atteindrons un coût de production de 2.500 euros... quand on sait qu'un vélo électrique haut de gamme est vendu 4.000 euros à l'heure actuelle, nous devenons, de fait, compétitifs."

Pragma Industries et Atawey, qui planchent actuellement sur la création d'une joint venture, espèrent commercialiser les Alpha et les solutions de recharge dès 2016.
"Disponibles immédiatement, dotés de jauges d'énergie fiables au % près, équipés d'une batterie qui a une durée de vie d'au moins 5 ans, réalisés en alu, métal recyclable facilement, les vélos Alpha ont des atouts considérables en matière de mobilité électrique en ville. Le déploiement de flottes dévolues au prêt me semble un excellent moyen d'imposer Alpha dans le paysage de la mobilité douce", estime Pierre Forté.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/01/2016 à 19:41 :
Dommage , c'est une horreur, pourquoi ne pas faire appel à des professionnels pour revoir l'esthétique de cet affreux modèle ?
La technique c'est bien, mais cela n'est pas suffisant.
a écrit le 23/10/2015 à 1:36 :
Au moment même où je me décide à me lancer dans le marché de l'entretien et la réparation des VAE, voilà qu'il sera bientôt obsolète.
a écrit le 05/10/2015 à 19:08 :
S'agit-il d'un moteur thermique ayant comme carburant l'hydrogène?
Les bornes sont-elles des alimentations en hydrogène?
Il est vrai que la combustion de l'hydrogène donne...de l'eau et c'est tout. C'est toutefois difficile de stocker de l'hydrogène, c'est peut-être là le secret maison!
a écrit le 05/10/2015 à 8:59 :
Bravo
Maintenant vous avez 2mois pour faire 10 véhicules pour cop21
Merci de m'envoyer brochure pour passer le mot
a écrit le 03/10/2015 à 13:11 :
Le problème complexe est de pouvoir charger la batterie â son domicile.Ce n'est sans doute pas pour demain....
a écrit le 02/10/2015 à 12:23 :
Ca me semble tres interressant comme produit.
Quel sera son poids ? et ou trouverons nous de l'hydrogene ?
a écrit le 02/10/2015 à 11:49 :
Génial!
Pour l'autonomie, 100km,c'est dans quelles conditions?
Vitesse maximale
Accélération ?
Températures extérieures?
Bravo pour cette innovation!
a écrit le 01/10/2015 à 19:51 :
Sécurité par rapport à l hydrogène ?
a écrit le 01/10/2015 à 17:08 :
N'y a t-il pas eu un précédent avec le Zeppelin ???
a écrit le 30/09/2015 à 19:01 :
Hydrogène et transport en commun possible (train, tram, ...) ?

Sécurité de la batterie vu que l'hydrogène n'est pas sans risque ?

Poids du vélo ? non négligeable si on doit le porter dans l'escalier ou l'accrocher.
Réponse de le 06/10/2015 à 14:07 :
Bonjour,

Le vélo pèse à l'heure actuelle une 20aine de kilos. Il est donc dans la moyenne des vélos électriques actuels, tout en ayant un autonomie et un équipement supérieur.

En ce qui concerne la sécurité du réservoir d'hydrogène, les normes actuelles le rendent beaucoup plus sur que les batteries Li-Ion de capacité équivalentes (qui sont interdites d'embarquement dans les avions de lignes, sinon en Fret).

En ce qui concerne le train et le tram, nous poserons la question à notre partenaire, le Syndicat des Transport de l'agglomération de Biarritz-Anglet-Bayonne. Je ne vois pas mieux placé pour y répondre!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :