R&Drone passe en mode industrie

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Drone marin, Droneo rencontre un véritable succès d'intérêt. R&Drone, dans sa nouvelle usine, entend en faire un succès commercial
Drone marin, Droneo rencontre un véritable succès d'intérêt. R&Drone, dans sa nouvelle usine, entend en faire un succès commercial (Crédits : R&Drone)
Créée en juin 2013 à Mérignac (33), au sein de la technopole Bordeaux Technowest, la société R&Drone, qui intervient autant dans le domaine militaire que civil, vient de réaliser une levée de fonds, dont les contours sont encore secrets. Elle va recruter et s’apprête à déménager à Blanquefort (33) pour lancer l’industrialisation de ses solutions de drones aériens, terrestres et nautiques. Décollage immédiat.

Dans une semaine, la startup R&Drone ne sera plus. En tout cas plus une startup, car à la faveur d'une levée de fonds et d'un déménagement dans un site de 600 m2 à Blanquefort, dans la banlieue bordelaise, R&Drone aura décollé vers l'industrie.
Désormais suivi par Bpifrance, le bureau d'études mécatroniques, spécialisé dans la conception et l'intégration de solutions logicielles et électroniques pour robots et drones, pour les secteurs du civil et du militaire, ne va pas faire que déménager, il va aussi recruter.

L'équipe de 8 salariés actuels va être renforcée par l'arrivée de 3 ingénieurs dans les jours qui viennent. "Cela ne paraît pas évident dit comme cela, mais nous changeons vraiment de dimension", assure son PDG, Marco Calcamuggi, ancien patron d'une SSII qui comptait 350 salariés et qu'il a vendu alors qu'elle réalisait 20 M€... avant d'opérer en temps que business angel, "ce qui m'a permis de repérer le potentiel économique de R&Drone".

Nouveau site, nouveaux outils

En se dotant d'un nouveau site et d'outils de découpe laser, d'impression 3D..., R&Drone entend transformer ce potentiel en concrétisations économiques.

"Nos drones sont dotés d'une dualité civile et militaire. Cela élargit d'autant nos marchés potentiels", explique Marco Calcamuggi. "Par ailleurs, notre stratégie consiste à concevoir un système complet, comprenant le drone, le logiciel et l'électronique, les capteurs, l'interface homme-machine (IHM) et l'outil d'interprétation des données capturées. Notre champ d'intervention est donc très large et nous proposons des solutions clefs en main. Enfin, nous intervenons dans des domaines parfois négligés par les autres acteurs du monde du drone. En effet, si nous sommes dans le drone aérien ou terrestre, nous sommes aussi un acteur du drone marin, ce qui est assez atypique."

Droneo, drone marin capable de décrocher le pompon

Un drone marin, baptisé Droneo, porte en ce moment l'image et une partie de l'activité de R&Drone. Régulièrement mis en avant par Aerospace Valley, soutenu par le pôle Agri Sud-Ouest Innovation, Droneo est un drone marin autonome, capable d'embarquer de nombreux capteurs différents et donc de réaliser des missions aussi différentes que de la cartographie de fonds marins, l'analyse physico-chimique de l'eau (c'est le cas notamment à Bordeaux dans le cadre d'une collaboration avec le Lyre, centre de R&D de Lyonnaise des eaux installé à Talence) ou encore le contrôle de l'envasement de lacs collinaires.

"Les applications possibles pour Droneo sont très nombreuses, si l'on ne prend que l'exemple des lacs collinaires, l'enjeu environnemental et économique est énorme. Nous savons par exemple qu'en 2013, faute d'entretien et à cause de l'envasement, en Lot-et-Garonne, ces lacs ont perdu 10 millions de m2 d'eau. Cette mauvaise gestion hydrodynamique aurait sans doute pu être évitée en surveillant le fond de ces lacs !"

Les applications sont donc multiples et les clients intéressés viennent de partout.

"Les drones ? Des outils au service de marchés existants !"

"Il y a quelques jours, une société de Malaisie, leader dans son pays sur la cartographie de zones agricoles, nous a approchés pour utiliser un Droneo pour analyser et surveiller les zones côtières du pays. Les applications dans le militaire sont également nombreuses, on peut citer, par exemple, le déminage maritime..."

La force de R&Drone et de ses solutions drones réside sans doute en partie dans le parcours de son dirigeant.

"J'ai 50 ans, je ne suis pas fasciné par la techno, la nouveauté, les drones et leur environnement, comme c'est le cas de beaucoup d'entrepreneurs du secteur. Cela pourrait être un inconvénient, moi j'y vois une chance pour R&Drone et l'équipe d'ingénieurs qui m'entourent. Je ne vois le drone que comme un outil, un moyen,  une réponse à des besoins des marchés existants. Si on met au point un drone et son équipement et qu'on cherche ensuite le marché qui y correspond, je crois qu'on fait une erreur stratégique."

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Commentaires
a écrit le 27/02/2015 à 10:22 :
C'est tres bien et je suis absoluement pour que l'on parle des filieres naissantes. Si la France peut exporter ses solutions se sera un autre vrai atout ! @TyrionBaba svp arrétez de penser comme tout le monde qu'il faille systematiquement se tirer une balle dans le pied dès que quelque chose de bien se passe/se developpe et qu'on en parle !! Soyez positifs !!
a écrit le 26/02/2015 à 11:38 :
La France est le pays de la mode, certes, mais aussi celui des modismes. Le drone est devenu un modisme, donc toute la presse parisienne en parle et…. c dans l'air !

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