A Morcenx, Cho Power atteint enfin sa vraie puissance

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Un opérateur d'Inertam (groupe Europlasma) vitrifiant des déchets d'amiante.
Un opérateur d'Inertam (groupe Europlasma) vitrifiant des déchets d'amiante. (Crédits : Agence Appa)
Europlasma annonce que la centrale électrique Cho Power vient d’atteindre son rendement nominal : une première.

Toujours en pleine augmentation de capital, elle s'achève le 23 octobre, le groupe Europlasma (plus de 80 salariés), à Morcenx (40), spécialiste des technologies propres et coté en bourse, annonce ce mercredi que le prototype grandeur nature de sa centrale électrique Cho Power vient d'atteindre son rendement nominal. Cho Power produit de l'électricité à partir de la gazéification de déchets et de biomasse et les derniers tests, qui se sont déroulés en septembre, ont permis de porter le pouvoir calorifique inférieur (PCI) du gaz de synthèse de 2,5 à 4,2 MJ/kg (méga joule par kilogramme).

La direction souligne que "les essais de performance d'octobre en cours ont permis de valider le fonctionnement de la centrale à son rendement nominal". Autrement dit, pour un débit de déchets / biomasse entrant limité autour de 4 tonnes par heure, la centrale, "grâce au fonctionnement simultané de la turbine et des deux moteurs", a délivré au réseau une puissance de 5 MW (mégawatts) d'électricité renouvelable.

En 2015 à Thouars

L'atteinte du bon fonctionnement de la centrale Cho Power, une technologie sans équivalent dans le monde, est au cœur des plus importants problèmes rencontrés par le groupe landais depuis l'an dernier. Le groupe, dont Jean-Eric Petit est le directeur général, précise que trois grandes causes ont retardé la qualification de cette centrale électrique à énergie renouvelable, dont la première était le manque d'expérience de l'opérateur, qui ne disposait d'aucun point de comparaison dans le monde. "La courbe d'expérience a été pentue ces derniers mois, les efforts ont été soutenus, et le fonctionnement de la centrale à son rendement nominal est une étape fondamentale dans le processus de validation définitive de la technologie innovante Cho Power", commente Jean-Eric Petit.

Pour autant Cho Power n'a pas encore tout à fait franchi le premier palier de sa qualification : la livraison technique provisoire, ou TOD, pour « take over date », partiellement atteinte en juin dernier. Il reste encore à régler la question des deux autres causes de retard à cette qualification, qui tiennent à des questions de fragilité et de dimensionnement de certains matériels. Cho Power semble toutefois avoir fait un nouveau pas significatif en avant. La qualité et la stabilité du gaz de synthèse vont continuer à être testés, ainsi que les améliorations mécaniques apportées le mois dernier à la centrale, l'ultime épreuve étant l'essai de réception des moteurs.

Europlasma confirme par ailleurs le principe de la mise en construction d'une centrale Cho Power à Thouars, dans les Deux-Sèvres (Poitou-Charentes), d'ici fin 2015. Les demandes de permis de construire ont été déposées et cette centrale, qui doit développer une puissance de 10,5 MWe, devrait consommer 52.000 tonnes par an de plaquettes forestières et de déchets industriels banals.

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a écrit le 15/10/2014 à 17:26 :
Il faut se souvenir, à la veille de la mise sur orbite du projet, des co-fondateurs, Maxime Labrot et Didier Pinot qui se sont battus, bien seuls au début comme beaucoup de créateurs.
a écrit le 15/10/2014 à 15:53 :
pensez vous que cela pourrait remplacer nos centrales électrique traditionnelles ? si non à quoi çà sert?
Merci
Réponse de le 17/10/2014 à 11:11 :
JCLandes: c'est une centrale qui produit de l'électricité... la réponse est donc facile à deviner ;-)

On peut produire de l'électricité de bien des manières, Europlasma a le mérite de mettre au point une nouvelle méthode qui a le grand avantage d'être basée sur l'utilisation de déchets organiques, donc de l'énergie renouvelable, et propre.
Réponse de le 07/01/2015 à 18:54 :
Il ne faut pas tout confondre ! La biomasse, constituée de déchets organiques provenant de produits végétaux ou animaux récoltés à la surface de la Terre n'est pas fondamentalement plus propre que le charbon ou les produits pétroliers qui sont eux aussi des déchets organiques mais fossiles et non renouvelables. Le principal intérêt de la biomasse est que ses rejets carbonés, aussi polluants que les autres, ne sont pas comptabilisés dans les bilans carbone en raison de leur caractère renouvelable. Il ne faut pas oublier non plus que les déchets plastiques entrant dans la composition du mix combustible CHOFuel ne font pas partie de la biomasse renouvelable mais sont des produits issus de la pétrochimie recyclés en combustibles.
Ceci dit, tout procédé thermique étant source de pollutions, il convient que pour être acceptable son bilan énergétique soit le meilleur possible. Or, des comparaisons basiques entre les résultats de l'incinération traditionnelle et ceux annoncés pour le procédé CHO POWER
Réponse de le 07/01/2015 à 19:11 :
Il est bien trop tôt pour chanter victoire ! Pour le moment, selon les chiffres présentés dans son dossier de demande d'autorisation le procédé CHO POWER, à quantité de combustible égale, est a priori plus polluant que les procédés d'incinération traditionnelle. Sa production d'électricité aura beaucoup de mal à être véritablement compétitive, deux combustions successives occasionnant des pertes d'énergie considérables. Utiliser la biomasse forestière directement pour le chauffage est une manière plus rentable de produire et d'utiliser cette énergie.

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