Drones : des expérimentations menées à Bordeaux et Toulouse et bientôt de nouvelles règles

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Dans le Bordelais, les vignobles Bernard Magrez ont investi 50.000 € dans l’achat d’un drone chargé de cartographier et analyser le vignoble. Un des exemples multiples d'application de drones
Dans le Bordelais, les vignobles Bernard Magrez ont investi 50.000 € dans l’achat d’un drone chargé de cartographier et analyser le vignoble. Un des exemples multiples d'application de drones (Crédits : Vignobles Magrez)
Secrétaire d'Etat en charge des Transports, Alain Vidalies a promis, hier, une évolution rapide de la réglementation s'appliquant aux drones. En inaugurant le salon UAV Show à Mérignac en Gironde, consacré à ces appareils légers, il a également annoncé que des expérimentations auraient lieu à Bordeaux et Toulouse. Parallèlement, le centre d'essais de drones civils a été officiellement lancé.

Pour prononcer son premier discours relatif aux drones, ces petits aéronefs sans pilotes et télécommandés, Alain Vidalies ne pouvait trouver meilleur lieu que l'Aquitaine, où le sujet est défriché depuis une dizaine d'années. Le tout nouveau secrétaire d'Etat en charge des Transports a d'ailleurs salué cette volonté pionnière dans son discours inaugurant le salon UAV Show, qui se tient jusqu'à demain sur la base aérienne 106 de Mérignac.

A l'heure actuelle, près de 700 entreprises œuvrant dans les drones sont référencées en France. Parmi elles, 670 sont opérateurs d'appareils et 40 constructeurs. Le secrétaire d'Etat a donné quelques indications supplémentaires, estimant "à 1.100 drones et 2.500 emplois l'activité actuelle" pour un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros "qui devrait tripler en 2015". Parallèlement, "10.000 emplois pourront être créés d'ici à 2025".

Assouplir les règles

Reste encore à faire en sorte que la filière puisse s'épanouir tout en garantissant la sécurité de tous. "La France a été le premier pays au monde à se doter d'une réglementation pour l'utilisation commerciale des petits drones, a rappelé Alain Vidalies. Les Etats-Unis par exemple sont encore en phase de réflexion sur ce sujet. Nous allons tout faire pour que la France reste en pointe dans ce domaine, et la compétition sera rude."

Listant le potentiel "dronesque" dans divers secteurs d'activité (développement durable, prise d'images, surveillance d'ouvrages d'art et de réseaux...), le secrétaire d'Etat s'est bien gardé de faire des annonces précises en la matière mais il a esquissé les contours d'une réglementation "juste nécessaire". Il souhaite mettre sur pied un cadre législatif "qui permet de favoriser l'innovation, de développer les usages. Une règlementation qui autorise les expérimentations, tout en assurant la sécurité des biens et des personnes survolées. Une règlementation qui assure aussi le respect de la vie privée, et je serai particulièrement attentif à ce dernier point." En résumé : graduer les exigences en fonction du type d'appareil et de sa mission et les assouplir, garantir la protection et la sécurité des personnes tout en laissant un peu de place pour innover et expérimenter, le tout dans un nouvel arrêté qui serait mis en œuvre en 2015.

Deux campagnes de vols à venir

D'expérimentations, il va justement en être question très prochainement. Alain Vidalies l'a annoncé hier : "A l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, la Direction générale de l'aviation civile organisera en novembre une campagne de vols d'un avion léger dronisé, piloté à distance, mais avec un pilote de sécurité à bord, dans l'espace aérien de Bordeaux. L'accent sera mis sur l'intégration de cet appareil très lent dans le trafic au départ et à l'arrivée à Mérignac. Le projet visera également à définir des procédures d'urgence en cas de perte de liaisons entre le sol et le drone." Un second projet sera mené à l'aéroport de Toulouse-Blagnac en octobre, avec une campagne de vols d'un autre aéronef dronisé, toujours avec pilote de sécurité à bord, au départ de Muret. Cette fois, l'objectif est la mise au point d'un système de détection et d'évitement.

Parallèlement à ces annonces, le Cesa (*) Drones, unique centre français indépendant d'essais en vol dédié aux appareils civils, a officiellement été lancé hier, après une année de "rodage" et une centaine de jours de tests en 2013. Le centre s'adresse essentiellement aux fabricants de drones qui souhaitent tester leurs machines et leurs nouvelles technologies et met à disposition trois zones : le camp de Souge en Gironde, ainsi que deux terrains à Herm dans les Landes et à Vendays-Montalivet, en cours de réalisation dans le Médoc.

L'UAV Show, salon européen professionnel dédié aux drones, se tient jusqu'à demain, en même tant que l'ADS Show, salon relatif au maintien en conditions opérationnelles de l'aéronautique de défense.

(*) Centre d'essais et de services dédiés aux essais en vol et au développement des systèmes autonomes.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2014 à 18:20 :
La France va une fois de plus comme avec les drones militaires bloquer leur développement avec des contraintes, des interdictions, des règles et des taxes. Nos voisins s'engouffreront dans la brèche et notre savoir faire ira à l'étranger.
a écrit le 10/09/2014 à 15:06 :
Il a oublié de signaler qu'une taxe serait nécessaire .....

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