Le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) célèbre son virage stratégique

Le port de Bordeaux a rattrapé le temps perdu en 2020 avec la pandémie de Covid-19 en mettant le virage stratégique qu'il vient d'entamer sous les feux de la rampe. Le public a répondu présent à cette invitation où ont été présentées les nouvelles capacités d'action de la place portuaire, plus intermodale, et bénie et baptisée la drague L'Ostrea.

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Philippe Dorthe, président du conseil de surveillance, Nicole Pizzamiglia, vice-présidente, marraine de la drague L'Ostrea, et Jean-Frédéric Laurent, président du directoire et directeur général.
Philippe Dorthe, président du conseil de surveillance, Nicole Pizzamiglia, vice-présidente, marraine de la drague L'Ostrea, et Jean-Frédéric Laurent, président du directoire et directeur général. (Crédits : Agence Appa)

La cérémonie organisée ce jeudi 23 septembre au terminal portuaire de Bassens par le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) a permis d'inaugurer le terminal de conteneurs, la nouvelle grue livrée au port et le poste de contrôle frontalier. Le GPMB avait prévu de faire les choses en grand et inséré également le baptême de sa nouvelle drague L'Ostrea au programme de cette célébration.

Une drague exemplaire pour la protection de l'environnement, puisqu'elle disloque les amas de sédiments à l'aide d'un jet d'eau, au lieu de les charger pour aller les décharger à terre avant de revenir dans l'estuaire, et qu'elle bénéficie d'une propulsion hybride diesel-GNL (gaz naturel liquéfié).

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Après avoir eu droit à une bénédiction tout à fait catholique, L'Ostrea a été baptisée par sa marraine, Nicole Pizzamiglia, directrice générale du commissionnaire de transport Seli, vice-présidente du conseil de surveillance du GPMB, entourée du président du conseil de surveillance, Philippe Dorthe, et de Jean-Frédéric Laurent, président du directoire et directeur général.

Grâce aux connexions ferroviaires plus d'intermodalité

Les nombreux invités conviés à cette manifestation ont répondu présents, avec au bout du compte une foule un peu comme dans le monde d'avant, assez importante en tout cas pour briser l'emprise sur l'imaginaire du long confinement anti-Covid subi par tous. Un effet d'autant plus réussi que le soleil était de la partie. Autant de signes de bon augure pour le port de Bordeaux que ses nouveaux dirigeants, Jean-Frédéric Laurent et Philippe Dorthe, ont décidé de tirer de l'ornière en l'ouvrant comme jamais auparavant à l'ensemble des écosystèmes politiques et économiques bordelais, mais aussi en rénovant ses infrastructures et ses outils.

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"Le terminal à conteneurs a été remis à niveau, ce qui a nécessité des travaux importants : le terre-plein a été refait, de même que la sécurisation du site, l'adduction d'eau en coopération avec Sea-Invest. Est acquise aussi l'installation d'un poste de contrôle frontalier de l'Etat, qui reste une obligation légale pour tous les terminaux à conteneurs, ne serait-ce par exemple que pour vérifier la qualité des biens alimentaires importés. D'autre part, les connexions ferroviaires ont été refaites, c'est important parce qu'elles permettent le transbordement des marchandises des bateaux dans les trains et qu'elles vont permettre de doper la multimodalité. Et puis nous avons investi dans une nouvelle grue Gottwald, d'une capacité de levage de 100 tonnes", a déroulé en substance Jean-Frédéric Laurent.

Port de Bordeaux

La grue Gottwald pèse 445 tonnes avec une capacité de levage de 100 tonnes (Agence Appa).

Une capacité conteneurs à plus de 850.000 tonnes

Les travaux qui ont été réalisés représentent un investissement de 11 millions d'euros. Sachant que, comme le rappelle la direction du port, les travaux d'extension du terminal conteneur de Bassens ont permis d'augmenter de la surface de terre-plein disponible de 66.000 m2 à 86.000 m2, avec deux postes à quai, pour un tirant d'eau de 10,50 mètres, et une capacité de traitement de 80.000 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds -soit 6,10 mètres de long -Ndlr), représentant un peu plus de 853.300 tonnes. Un saut potentiellement énorme puisque jusqu'à ce que ces travaux soient réalisés, le port de Bordeaux -qui a encore des problèmes à régler sur ce plan- traitait près de 30.000 EVP (320.000 tonnes) par an.

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Jean-Frédéric Laurent a ensuite précisé que, dans le cadre du lancement du projet stratégique du GPMB, de nouveaux investissements allaient suivre, pour assurer la rénovation des hangars mais aussi des terre-plein non encore remis à niveau. Philippe Dorthe a de son côté observé que malgré la dureté de la crise sanitaire le port avait, pendant toute cette période troublée, continué à assurer sa mission de charger et décharger des bateaux, s'adressant aux personnels du port pour les remercier de leur engagement.

Un projet stratégique au vote le 13 octobre prochain

"Nous célébrons aujourd'hui le premier acte de la révolution culturelle de ce grand port", a lancé le président du conseil de surveillance.

Ce dernier s'est dit satisfait des premiers investissements réalisés, qui permettent au port d'être opérationnel, avec des moyens techniques en phase avec les attentes des équipes commerciales.

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"Mais nous sommes aussi dans la prospective, a poursuivi le président, le projet stratégique qui va être voté le 13 octobre prochain aura été réalisé après audition de tous les acteurs du port, de toutes les collectivités qui y jouent un rôle particulier", a éclairé Philippe Dorthe.

Il est ensuite revenu sur la richesse du pôle naval, avec les formes de radoub (ou cales sèches) dont il dispose à Bassens et aux Bassins à flot, à Bordeaux.

Le slipway d'Achard porté à 1.100 tonnes

Le président du comité de surveillance a annoncé que le slipway (cale de halage) d'Achard, qui se trouve sur la berge de la Garonne non loin de la Cité du Vin et des Bassins à flot, avait été porté d'une capacité de 700 tonnes à 1.100 tonnes. Avant de se féliciter que l'activité fluviale, portée par le développement des bateaux de croisière, qui sillonnent Garonne, estuaire de la Gironde et Dordogne, commence à être vraiment prise en compte par l'ensemble des élus.

Philippe Dorthe a rappelé que le port de Bordeaux reste toujours en course avec la création prochaine d'un véritable pôle articulé sur la récupération de l'hydrogène fatal généré par l'activité portuaire sur un terrain de 50 hectares situé à Ambès (Bordeaux Métropole). Quant à la drague L'Ostrea, réceptionnée par le port de Bordeaux en juillet 2020, mais tout juste bénie et baptisée, elle a dû mettre le cap sur le port du Havre pour y participer à des travaux. Si elle équipe le port de Bordeaux, cette drague fait partie du groupement d'intérêt économique (GIE) Dragages-Ports, qui regroupe tout les grands ports du pays, et auquel le GPMB va la louer 1,1 million d'euros par an pendant 25 ans, mais elle peut-être mise à contribution en cas de besoin par le GIE.

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