A Bordeaux Métropole, Trans'Cub veut faire baisser le prix des billets de TER

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Le rôle des TER pour fluidifier la circulation à Bordeaux Métropole remis en cause.
Le rôle des TER pour fluidifier la circulation à Bordeaux Métropole remis en cause. (Crédits : Jean-Philippe Déjean)
Les trains express régionaux (TER) ne sont pas la solution attendue par beaucoup trop de candidats aux élections pour résoudre les problèmes de circulation de Bordeaux Métropole, veulent faire savoir les associations Trans'Cub et Talence-Médoquine. Ces dernières réclament une baisse drastique des tarifs des TER pour les rendre plus compétitifs.

Le président de l'association citoyenne Trans'Cub, Jacques Dubos, a organisé ce jeudi 11 mars une conférence de presse en compagnie de Denis Tesseire, figure emblématique de l'association, et Germain Suys, président de Talence-Médoquine. Au menu du jour : une remise en cause méthodique de l'apport supposé des trains express régionaux (TER) à la résolution des problèmes de mobilité de Bordeaux Métropole, où la lutte contre la congestion routière est devenue un cheval de bataille dont plus personne ne saurait faire l'économie.

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Et c'est justement parce que les TER sont quasiment sur toutes les lèvres des candidats aux élections, qu'elles soient régionales, départementales ou municipales, que Trans'Cub a décidé de remettre les pendules à l'heure. Les TER constituent la pièce centrale sur laquelle s'articule le projet de RER métropolitain, qui doit permettre de redonner de l'oxygène à la circulation. Des TER qui ont un peu trop tendance à faire rêver, prévient l'association citoyenne.

Les TER : 1,4 % du trafic motorisé de Bordeaux Métropole

"Les trains express régionaux, dont on entend beaucoup parler, seraient devenus la solution magique pour résoudre nos problèmes de circulation" amorce Jacques Dubos.

Une idée qui passe d'autant mieux que Bordeaux dispose d'une voie ferrée de ceinture adaptée à la taille de la Métropole, au moins sur la rive gauche. Pouvoir traverser la Métropole en une demi-heure grâce au TER au lieu d'une heure voire d'une heure et demi en voiture est tout de même tentant. Une idée que Denis Teisseire et les adhérents de Trans'Cub ne trouvent séduisante que sur le papier.

"Il y a actuellement 2,2 millions de déplacements quotidiens motorisés à Bordeaux Métropole. Or, le nombre de déplacements en TER dans la Métropole n'est que de 30.000 par jour, ce qui représente 1,4 % du total ! Vous voyez bien que c'est une goutte d'eau.

Même à supposer que l'on multiplie le nombre de déplacements en TER par deux, cela ne permettra jamais de faire face à l'accroissement des transports motorisés à Bordeaux Métropole, qui est évalué à plus 300.000 d'ici 2030", pilonne Denis Teisseire, qui n'entend pas combattre les moulins à vent mais au contraire les mettre en lumière.

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Pourquoi "diamétraliser" les liaisons ferroviaires ne marche pas

Car le second sujet de préoccupation ferroviaire de Trans'Cub vient de l'idée de développer une "diamétralisation" des liaisons par TER. Un concept géométrique un peu tangent qui consiste à développer des liaisons directes entre les deux autres grands pôles urbains girondins que sont Libourne -à l'est- et Arcachon -à l'ouest- en passant par Bordeaux, qui est entre les deux, mais sans s'y arrêter.

"Cette idée que l'on va augmenter le nombre de passagers dans les TER en développant la diamétralisation est un leurre ! Une idée présentée comme d'une extraordinaire nouveauté depuis décembre dernier, alors qu'en 2018 il y avait déjà des TER diamétralisés entre Libourne et Arcachon, qui ne s'arrêtaient que trois minutes à Bordeaux, sans montée ni descente. L'expérience a montré que ça ne marche pas. Le fonctionnement quotidien de ces sept TER diamétralisés, sur un total de 54 TER existant entre Arcachon et Libourne, a montré que ces liaisons ne correspondaient à aucun besoin", décortique à charge Denis Teisseire.

Refaire les quais en même temps que les voies à Talence

La lumière au fond du tunnel, les militants de Trans'Cub et le président de Talence-Médoquine l'aperçoivent sur les quais de la Médoquine. Une petite gare délaissée de la ligne de ceinture située à Talence, dans la banlieue sud sur l'axe Arcachon/Bayonne. Relancée dans le cadre d'une nouvelle vision métropolitaine des mobilités, cette petite gare est pour le moment vouée à renaître d'ici 2025 en tant que nouvel arrêt pour les TER d'Arcachon et du Médoc.

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"Actuellement seuls les travaux de renouvellement complet des deux voies sont programmés entre septembre 2021 et février 2022. C'est aberrant puisque les travaux d'aménagement des quais, qui sont déjà définis depuis plus de cinq ans, ne seront pas réalisés en même temps ! Pourtant cela réduirait la gêne occasionnée aux usagers, permettrait de faire de sérieuses économies et rouvrir cette halte ferroviaire avec au moins trois ans d'avance !", argumente Germain Suys, qui a rappelé que les quais des stations des petites gares de la ligne de ceinture de Sainte-Germaine, au Bouscat, et Arlac, à Mérignac, ont été refaits.

TER remplis à 30 % : proposer des billets moins chers

Et puis Germain Suys demande à ce que la gare de la Médoquine devienne un pôle intermodal ouvert aux TER du Sud Aquitaine (Pau, Dax, Bayonne, Mont-de-Marsan), qui devraient selon lui la desservir. Une programmation des travaux que les présidents de Trans'Cub et Talence-Médoquine jugent aberrante et qui les a conduits à adresser ce jeudi 11 mars une lettre ouverte aux présidents Alain Rousset, à la tête de la Région Nouvelle-Aquitaine, et Alain Anziani, à Bordeaux Métropole.

Jacques Dubos et Germain Suys jugent ainsi qu'il est inutile de multiplier le nombre de TER, qui aurait atteint son point le plus haut avec la mise en service du TGV Bordeaux-Paris, en 2017, qui a stimulé le nombre de connexions de la gare Bordeaux Saint-Jean avec le réseau intérieur et porté le nombre de trains express régionaux de 244 à 302.

"La fréquence d'utilisation des TER est montée en flèche, le maximum a été fait. Le problème c'est que ces TER ne sont remplis qu'à 30 %, ce qui laisse une marge de progression. Pour résoudre ce problème et remplir les TER il faut réactiver le vieux serpent de mer de la tarification. Nous devons proposer des prix attrayants par rapport à la voiture. Car si, comme cela arrive, le TER se montre plus lent que la voiture, il faut compenser ce déséquilibre par des tarifs très attractifs", défend Denis Teisseire.

Tel Dracula, le métro va-t-il ressortir de son tombeau ?

Trans'Cub et Talence-Médoquine s'opposent enfin fermement à la réalisation d'une troisième voie ferrée entre Bordeaux et Saint-Médard-d'Eyrans, au sud-est (axe Bordeaux-Toulouse).

"C'est inacceptable parce que cette option va coûter très cher, soit 930 millions d'euros, alors qu'il y a une solution facile à mettre en place et beaucoup moins cher pour fluidifier la circulation des trains sur cet axe, qui compte 12 points d'arrêts entre Bordeaux et Langon. Il suffit pour cela de réaménager la gare de Beautiran, à mi-parcours, qui dispose de la place nécessaire pour laisser passer les trains les plus rapides. Cela qui coûterait 50 millions d'euros contre 930", explique en substance Germain Suys.

Les problèmes de circulation sont devenus tellement aigus dans la Métropole, que le projet de création d'un métro pourrait ressortir du tombeau où l'ont expédié en 1994 les élus communautaires, fortement appuyés dans cette voie par les associations Trans'Cub et Aquitaine Alternative...

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