Six objectifs à remplir en deux ans pour le port de Bordeaux

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Le port de Bordeaux a conclu un partenariat de deux ans avec les acteurs du territoire
Le port de Bordeaux a conclu un partenariat de deux ans avec les acteurs du territoire (Crédits : Thomas Sanson / Ville de Bordeaux)
Le Grand port maritime de Bordeaux sort peu à peu de son isolement et vient de conclure avec un contrat de partenariat de deux ans avec les collectivités locales. L'aménagement urbain et l'accompagnement des entreprises sont priorisés en attendant une probable régionalisation du port.

Le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB), qui fait face à une baisse continue de son trafic depuis 2016, vient de se doter d'un nouveau président du directoire et directeur général en la personne de Jean-Frédéric Laurent. L'occasion pour cette infrastructure stratégique de renouer le dialogue avec les autres acteurs du territoire qui était devenu quasi-inexistant : aucun accord-cadre n'avait ainsi été signé avec les élus locaux depuis 2014.

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Première pierre concrète pour rebâtir cette coopération territoriale, la signature d'un contrat de partenariat de deux ans, sur 2019-2020, avec les collectivités locales et instances consulaires concernées, à savoir Bordeaux Métropole, le Département de la Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine, la CCI Bordeaux Gironde, l'Union maritime et portuaire ainsi que les agences ADI Nouvelle-Aquitaine et Invest in Bordeaux. Ce protocole fixe six objectifs :

  • développer les relations villes-port,
  • augmenter les activités fluviales et maritimes (escales et croisières, transport de marchandises...),
  • créer une dynamique commerciale et de promotion du territoire,
  • définir une stratégie d'aménagement urbain ainsi qu'une insertion environnementale de ses activités,
  • accompagner la réalisation des infrastructures (portuaires, ferroviaires, routières) nécessaires,
  • accélérer le développement économique et industriel des territoires.

Valoriser le foncier et les activités économiques

"C'est essentiel que nous puissions reprendre langue avec le port. C'est très positif d'autant que le nouveau président est dans de bonnes dispositions", considère Nicolas Florian, le maire de Bordeaux, qui ajoute : "C'est un réamorçage qui nous permettra de préparer une réflexion plus ambitieuse à partir de 2020 après les échéances électorales." "Nous préférons aller vite et fixer des objectifs concrets que l'on peut remplir. L'idée est d'être moins ambitieux mais d'avoir des réalisations rapides", abonde Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole.

La gestion et la valorisation des 2.500 hectares d'emprises foncières du GPMB est évidemment au centre des préoccupations tout comme la relance de l'activité commerciale sous ses diverses facettes : transport de marchandises, escales de paquebots de croisière (47 enregistrées l'an dernier) et projet de remise en état (refit) de yachts aux Basins à flot. Dans l'immédiat, deux sujets concrets sont notamment sur la table : d'une part, le déplacement de l'entreprise Armi actuellement installée aux Bassins à flot en face du musée de la Mer et, d'autre part, l'extension de l'entreprise CNB Lagoon, rive droite, qui ne cesse de croître et a besoin d'espaces supplémentaires.

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La piste de la régionalisation du port

La courte durée de ce partenariat, habituellement conclu sur des durées de trois à cinq ans, s'explique aussi par les discussions en coulisses sur la régionalisation du port. Actuellement opéré par l'Etat, le GPMB pourrait bien atterrir dans le giron régional dans les années qui viennent.

"Le problème du port de Bordeaux c'est sa survie. Donc oui, la Région, qui a l'expérience d'un port avec celui de Bayonne, peut légitimement s'intéresser au dossier. [...] Moi j'ai besoin d'y voir clair car pour la Région ce n'est pas un problème simplement financier. C'est une affaire de stratégie, d'où les consultations que j'ai aujourd'hui avec les entreprises, les organisations syndicales", expliquait ainsi à La Tribune, il y a quelques jours, Alain Rousset, le président du conseil régional.

"Derrière ce protocole se profile évidemment la réflexion sur l'avenir du port de Bordeaux. La question de la régionalisation se pose même si elle n'est pas à l'ordre du jour, ni actée et qu'elle ne figure pas dans la feuille de route du nouveau directeur", confirme Nicolas Florian alors que la Métropole a adopté ce 26 avril la délibération autorisant la signature de ce partenariat de deux ans, dans des termes identiques à la Région et au Département.

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Commentaires
a écrit le 27/04/2019 à 11:01 :
Vu la faible importance de ce port il serait indispensable d'innover en générant par exemple le premier port de fret de marchandises sans énergie fossile permettant de devenir celui qui choisi et pas celui qui subit, c'est ça la première force de l'innovation au final être le premier à établir une règle du jeu.

Mais pas simple d'avancer en oligarchie hein, avec tout ces vieux fossiles campés sur leurs intérêts, qui freinent des deux pieds la moindre possibilité d'avancer.
a écrit le 26/04/2019 à 18:01 :
Ils sont vraiment rigolos ces bordelais qui pensent encore "Grand" port de bordeaux. Pas d'infrastructures et pas de liaison efficace, syndicat tout puissant, main d'eouvre inexistante et sans formation, etc. etc. Personne ne veut de ce bout de quai avec trois grues qui ne seront jamais utilisées faute de grutier. Et des discours de 'politiques' qui croient encore pouvoir défendre une position. Même en afrique il y a des 'ports' qui fonctionnent mieux que le désert de bordeaux. Même pas un port de plaisance !!

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