Bordeaux Métropole : le pont Simone Veil officiellement repoussé à 2023

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Le pont Simone Veil, entre Bègles et Floirac, ne verra pas le jour avant 2023. Un nouvel appel d'offres sera lancé début 2019 pour la poursuite du chantier.
Le pont Simone Veil, entre Bègles et Floirac, ne verra pas le jour avant 2023. Un nouvel appel d'offres sera lancé début 2019 pour la poursuite du chantier. (Crédits : OMA Clément Blanchet – Rem Koolhaas.)
Bordeaux Métropole et le groupement d'entreprises Razel-Bec, chargé de la réalisation du pont Simone Veil, se sont accordés sur la résiliation partielle du contrat. Une partie de l'ouvrage sera bien réalisée pour 39,4 M€ HT. Pour le reste, un nouvel appel public à la concurrence sera lancé début 2019 en vue d'une mise en service désormais espérée pour début 2023 au lieu de l'été 2020. Rien ne garantit que le prix sera inférieur à celui du chantier actuel et de ses surcoûts (plus de 88 M€ HT).

C'est désormais officiel. Le futur pont Simone Veil entre Bègles et Floirac ne verra pas le jour avant le début de l'année 2023 au plus tôt, soit avec au minimum 2 ans et demi de retard sur le calendrier initial. Le différend technique et financier entre Bordeaux Métropole, le maître d'ouvrage, et le groupement Razel-Bec, piloté par Fayat, chargé de la construction du pont et des raccordements, aura eu raison du contrat signé en 2017 pour 70 M€ HT. Les deux acteurs se sont mis d'accord sur "une résiliation amiable et partielle au lieu d'engager une procédure longue de résiliation pour faute", a annoncé Alain Juppé, le président de la Métropole, ce 21 décembre."Il n'y a pas lieu de se glorifier de cette situation mais il s'agit de la moins mauvaise solution. Le bureau de Bordeaux Métropole l'a approuvé à l'unanimité." Cette médiation sera soumise à l'homologation du tribunal administratif.

Pour rappel, en juin dernier, le groupement Razel-Bec (mandataire), ETPO, Fayat TP, SEFI-Intrafor, Baudin-Châteauneuf et Barbot CM avait fait part à la Métropole d'un surcoût de 18,5 M€ HT, soit plus de 26 % du montant initial, assorti d'un retard de 21 mois en raison des conditions d'exécution des batardeaux (enceintes de travail en palplanches permettant de construire les piles du pont) dans la Garonne. Une demande refusée par la Métropole.

Achèvement partiel de l'ouvrage

A l'issue d'une médiation de six mois, le contrat est donc partiellement résilié. Partiellement parce que la réalisation du futur franchissement se fera en deux temps. D'ici à l'automne 2019, le groupement Razel-Bec achèvera les parties du chantier non concernées par les batardeaux, notamment les ouvrages de génie-civil de raccordement sur les deux rives de la Garonne pour 22,78 M€ HT et la fabrication de la charpente métallique par Baudin-Châteauneuf pour 16,62 M€ HT. Soit un total de 39,4 M€ HT correspondant aux quantités réalisées au prix initialement fixé au marché.

S'y ajouteront 2,12 M€ HT de surcoût à la charge de Bordeaux Métropole. Cette somme correspond notamment à l'indemnisation qui sera versée à l'entreprise Baudin-Châteauneuf pour le stockage de la charpente pendant les deux ans de retard (890.000 €) et au rachat par la collectivité des estacades provisoires déjà installées dans la Garonne (1,2 M€). "Il nous semble plus judicieux de racheter ces éléments pour ensuite les vendre ou les mettre à disposition à titre onéreux du futur groupement", avance Alain Juppé, qui considère ainsi que "le surcoût réel se limite à environ un million d'euros".

Nouvelle appel d'offres début 2019

Le chantier ne repartira donc pas complètement de zéro mais un nouvel appel public à concurrence sera néanmoins lancé "dans les toutes premières semaines de 2019" pour une sélection du prestataire en mars 2020, une reprise des travaux au printemps 2020 et mise en service prévue au début de l'année 2023, soit avec 2,5 ans de retard sur le calendrier initial. Une délibération reprenant tous ces éléments sera présentée au conseil métropolitain début 2019.

"Rien ne garantit que le nouveau marché reviendra moins cher que l'actuel projet. Compte tenu des contraintes techniques, les nouvelles offres pourront être supérieures", a concédé Alain Juppé. De son côté, Laurent Fayat a rappelé que "le sujet technique soulevé par Razel-Bec a une réalité qui nécessitait bien des travaux de consolidation et de protection des batardeaux expliquant les surcoûts. Mais un autre procédé constructif pourra aussi être présenté dans le cadre du futur appel d'offres. C'est le jeu de la concurrence."

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Ford et le réseau express métropolitain au menu

Lors du conseil métropolitain, les élus de Bordeaux Métropole ont adopté à l'unanimité une motion pour "condamner" la décision de Ford de fermer son usine de Blanquefort, exprimer leur "indignation" et leur soutien aux salariés et exiger le remboursement des 1,6 M€ d'aides publiques versées au constructeur automobile américain par la Métropole.

Les élus ont également adopté une délibération demandant la réalisation d'un réseau express régional fondé sur une relance des TER et la création de lignes ferroviaires traversant l'agglomération sans rupture de charge, notamment Libourne/Arcachon et Saint-Mariens/Langon. Cela passera aussi par la réouverture de la gare de Talence Médoquine en 2023. D'ici là, des lignes de car express sont également annoncées entre Créon et Bordeaux en 2019 et entre Saint-André-de-Cubzac et Bordeaux en 2020. Fait rare, cette délibération a été adoptée en termes identiques par le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en début de semaine. "La Métropole et la Région présentent un front commun face à SNCF Réseau qui est une citadelle difficile à convaincre", a salué le maire de Bordeaux.

Enfin, le principe d'une extension de la ligne B du tramway sur 6 km vers le centre de Gradignan a été validé tout comme la réalisation d'une ligne de bus à haut niveau de service sur 6 km entre le CHU de Pellegrin et Talence et Gradignan.

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