SNCF Réseau : le PDG annonce à Bordeaux l’arrivée d’un train-usine

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La gare de Bordeaux Saint-Jean fait partie des infrastructures gérées par SNCF Réseau.
La gare de Bordeaux Saint-Jean fait partie des infrastructures gérées par SNCF Réseau. (Crédits : LTB / Mikaël Lozano)
Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, était ce jeudi à Bordeaux où il a présenté aux cadres régionaux le projet d’entreprise Nouvel’R. Un virage qui met l’accent sur la remise à niveau des petites lignes en particulier en Nouvelle-Aquitaine, où les investissements ont été plombés par la LGV. En témoigne l'arrivée en mars d'un train-usine sur la ligne Libourne-Bergerac.

De mars à juin 2019 la voie ferrée entre Libourne (Gironde) et Bergerac (Dordogne) sera la première des petites lignes de chemin de fer a recevoir la visite d'un train-usine. Une bête d'acier de près d'un kilomètre de long capable de remplacer un kilomètre de voie ferrée par jour. Il est à noter que l'appellation de petite ligne est désormais mise à l'index par SNCF Réseau, qui lui préfère celle de ligne de desserte fine du territoire. Objectif du train-usine : être la cheville ouvrière de la remise à niveau de cette ligne de 62 kilomètres qui relie l'est de la Gironde au sud du Périgord, dont l'état de dégradation obligeait sur certaines sections les trains à ralentir pour ne pas dérayer.

Ainsi à la fin de l'année 2019 la voie ferrée Libourne-Bergerac aura entièrement fait peau neuve.

"Nous allons tout refaire. La Nouvelle-Aquitaine est en retard sur beaucoup d'autres régions, parce qu'ici la construction de la LGV a empiré la situation. Bien sûr il y a Lisea, mais la particularité c'est qu'en Aquitaine il y avait tous les raccordements de la LGV à faire sur le réseau ferré classique. Ce qui a mobilisé énormément de notre budget au détriment des lignes régionales de desserte fine du territoire", a cadré Patrick Jeantet.

Dépasser les 10 % de part de marché

 Le PDG était présent ce jeudi à Bordeaux dans le cadre d'une tournée nationale de présentation du nouveau projet d'entreprise de SNCF Réseau, baptisé Nouvel'R, qu'il a déroulé devant les 280 cadres de la région venus l'écouter.

"Les grands axes de notre avenir sont d'accueillir plus de trains pour pouvoir à nouveau augmenter notre part de marché. Nous sommes aujourd'hui à 10 % et c'est faible. Le système ferroviaire doit être plus performant. En France le train c'est le mode de transport le plus écologique car il est électrique et ne produit pas de gaz à effet de serre. Dans la crise liée au réchauffement climatique, le train est du côté des solutions", a expliqué le PDG.

Le gestionnaire de l'infrastructure du réseau ferré à retenu trois priorités pour réussir cette modernisation. A commencer par le développement de technologies innovantes dans la digitalisation de la signalétique, qui permet d'optimiser le nombre de passages de trains à l'heure, comme c'est le cas entre Paris et Lyon, où le changement de la signalétique va permettre (d'ici 2025) de porter la cadence de 13 à 16 trains par jour. L'autre piste est de développer des trains autonomes ou plutôt semi-automatiques, avec des tests qui devraient eux aussi aboutir autour de 2025. En permettant de réduire la distance entre deux trains, en améliorant la vitesse de freinage comme celle de l'accélération l'automatisation -même partielle- des trains va entraîner de solides améliorations de la performance, a confirmé Patrick Jeantet. Une révolution dont les bases sont jetées.

46 M€ d'investissement à  Bègles pour la formation

La remise à niveau des lignes "de desserte fine du territoire" est le troisième de ces objectifs. En 2019 SNCF Réseau prévoit ainsi de participer à un investissement global de 485 M€ en Nouvelle-Aquitaine, de concert avec la Région.

"Cet investissement annuel était de 250 M€ en 2017 et de 330 M€ en 2018, vous voyez la hausse! Nous allons également développer la formation, qu'elle soit initiale ou continue, puisque nous sommes les seuls à former aux métiers du rail en France. Notre centre de Nanterre va être rénové. Et nous allons ouvrir deux autres centres : à  Bordeaux et Lyon. A Bordeaux nous allons construire un bâtiment dédié à cette fonction à Hourcade (à Bègles -Ndlr), moyennant 46 M€ d'investissement. Sachant que nous devrions y recevoir environ 5.000 stagiaires par an, certains ne restant que quelques jours, d'autres plusieurs mois" a éclairé le PDG.

SNCF Réseau peut commencer à réinvestir parce que le gouvernement a classé le déficit de la SNCF (35 Md€) comme une dette d'Etat, avec la reprise de 20 Md€ d'ici 2020 et 15 Md€ en 2022. SNCF Réseau redevient une administration publique après avoir été une entreprise. La reprise de la dette par l'Etat va faire économiser 1 Md€ par an de frais financiers à la SNCF.

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