2016 : des chantiers sur, autour et... au-dessus des voies pour SNCF

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2016, année cruciale sur le plan des travaux pour la SNCF qui mettra en service cet autogire pour assurer la sûreté de son réseau aquitain.
2016, "année cruciale" sur le plan des travaux pour la SNCF qui mettra en service cet autogire pour assurer la sûreté de son réseau aquitain. (Crédits : SNCF)
Alain Autruffe et Olivier Devaux, respectivement directeur régional SNCF Réseau (ex-RFF) et directeur régional Aquitaine Poitou-Charentes de SNCF mobilités, ont présenté le programme 2016 de leurs structures. Au menu : travaux, investissements, perturbations, maintenance et sûreté… par les airs notamment.

"2014 et 2015 ont été des années de travaux, 2016 et 2017 seront celles des mises en service... même si des travaux vont continuer" c'est en ces termes qu'Olivier Devos présentait ce matin l'année 2016 qui se profile pour SNCF Mobilités.

"La bonne nouvelle c'est que nous sommes en avance de phases sur certaines mises en service liées à l'arrivée de la LGV Tours-Paris. Sur les 14 chantiers lancés autour de Bordeaux, 3 sont déjà  livrés. L'autre bonne nouvelle c'est que sur le plan des TER, à l'été 2017, nous aurons reçu toutes les nouvelles rames financées par le Conseil régional. La qualité de service apportée aux usagers sera meilleure."

Une qualité qui sera néanmoins encore impactée par des travaux lourds pendant au moins toute la durée du premier semestre 2016.

"Cette période sera celle d'un pic de travaux en effet et donc d'impact sur la qualité des transports, reconnaît Olivier Devaux. Nous sommes tombés d'accord avec le Conseil régional, en charge des infrastructures et des transports des TER, pour indemniser les usagers (NDLR : 50 % de réduction sur l'abonnement mensuel du mois de mars prochain), nous allons améliorer  l'information en temps réel en passant de 30 dispositifs légers d'information sur les quais à 160 à l'issue de cette année."

LGV Tours-Bordeaux : le calendrier de la dernière ligne droite

Christophe Huau, directeur du projet LGV SEA, a rappelé que 2016 sera une année clef pour la ligne à grand vitesse qui mettra Paris à 2 h 05 de Bordeaux. Si le doute n'est pas encore complètement levé concernant le nombre de dessertes quotidiennes entre Paris et Bordeaux, "les débats sur le nombre de dessertes seront permanents, avant et après la mise en service, assure Olivier Devaux, notre priorité c'est la préparation technique de la ligne. Nous devons être prêts."

Quoi qu'il en soit, les transporteurs, la SNCF et les autres potentiels opérateurs devront, en avril, soit quinze mois avant l'ouverture de la ligne, faire leurs demandes de sillons. Les évolutions, ajouts ou suppressions de dessertes pourront toujours se faire, mais à la marge seulement. Lisea et les futurs usagers seront donc fixés sur le nombre d'allers-retours quotidiens entre Paris et Bordeaux dans trois mois au maximum.

Le  calendrier de la préparation technique qui mènera à la mise en service de la ligne, lui, est connu et précis. Il a été expliqué par Christophe Huau :

"Visuellement, la ligne est déjà terminée. Le chantier entre maintenant dans la phase d'essais de mesures et d'essais statiques comme les tests de systèmes de télé-contrôle par exemple. A partir du 2e semestre 2017, les premiers essais de rames en circulation seront lancés."

A partir de février 2017, la LGV totalement achevée sera à disposition de SNCF Voyage pour la formation des conducteurs.

"Un énorme chantier car il concerne plusieurs centaines de conducteurs et se déroule en même temps que la formation des conducteurs de la ligne Le Mans-Rennes", explique le directeur du projet LGV SEA.

Cinq mois plus tard, le 2 juillet exactement, la ligne sera ouverte...

Maintenance et sureté... par les airs

La SNCF, qui recrute actuellement 45 personnes pour entretenir  le réseau et faire circuler les trains, a rappelé, par la voix d'Alain Autruffe, directeur régional SNCF Réseau, que sur 5 Md€ consacrés cette année à la modernisation du réseaux en France, 400 M€ seront dépensés en zone Aquitaine. "Priorité est donnée à la maintenance et à la sûreté", assure ce dernier.
Pour la sureté justement, la SNCF dote la région d'un autogire (hélicoptère léger de type ULM) qui sera basé, à partir de la semaine prochaine, sur l'aérodrome de Saucats-Léognan en Gironde. SNCF investit 92.000 € dans l'achat de cet autogire qui s'ajoute aux deux autres déjà en service ailleurs en France.

"La direction de zone de sûreté Sud-Ouest, comme avant elle les zones nord et ouest, va être dotée de ce système de surveillance aérienne du réseau et des emprises qui fait l'objet d'une expérimentation", explique Nicolas Faugeroux, responsable sûreté.

L'autogire est systématiquement composé d'un pilote privé, la SNCF en mobilise 5, et d'un accompagnateur de la sûreté ferroviaire. Il sera mobilisé soit de façon autonome en relation avec le poste de commandement national sûreté intérieure (police nationale et gendarmerie), soit couplé avec une des équipes de la sureté ferroviaire au sol qui est composée de 180 agents en Aquitaine.

"Nous sommes confrontés à des vols de métaux et surtout à des malveillances concernant des dépôts d'objets sur les rails. 60 % des retards de trains sont provoqués par des intrusions..., assure Nicolas Faugeroux. L'autogire, qui n'a pas besoin de plan de vol, qui est beaucoup moins cher avec 150 € par heure de vol que l'hélicoptère qui coûte 3.200 euros l'heure de vol, est un moyen ultra compétitif de surveillance de nos infrastructures."

Les premiers vols de tests vont démarrer en février, ils se poursuivront jusqu'en avril et s'ajouteront aux missions de surveillance pour maintenance effectuées ponctuellement par des drones comme ceux d'Air Marine, société basée, elle aussi, sur l'aérodrome de Saucats-Léognan.

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Commentaires
a écrit le 30/01/2016 à 21:11 :
Bonjour, pour répondre, l'autogire volent très bien avec beaucoup de vent, n'est pas plus bruyant qu'un helico, rien n'empêche d'être pilote pro en gyro. C'est la loi du marché quand ça peut couter moins chère ils auraient tord de s'en privé.
a écrit le 29/01/2016 à 16:18 :
Un autogire c'est bruyant , on l'entend venir de loin , ça ne supporte pas le grand vent , donc question dissuasion , c'est surprenant comme choix,
a écrit le 28/01/2016 à 18:36 :
Bonjour,

Je suis assez surpris de lire le passage sur la surveillance en autogire, qui n'est pas un hélicoptère car il ne peut tenir le stationnaire, la vitesse mini d'un autogire est d'environ 40km/heure.
Comparer le coût de l'heure de l'autogire (150€ ) à un hélicoptère (3200€) est un raccourci facile qui peut tromper le lecteur.

3200 € est le tarif d'un hélicoptère certifié qui réglementairement (EASA) a la possibilité de survoler les zones habitées, grâce à ses 2 moteurs. Prix de l'hélicoptère: entre 3 millions et 4 millions d'€ suivant les équipements.

La réglementation française étant assez légère sur le travail aérien en ULM, dans ce cas il est évident que les sociétés d'hélicoptères ne peuvent pas concurrencer les ULM pour les appels d'offres.

Les pilotes des autogires sont des pilotes privés,contrairement à l'hélicoptère certifié qui doit employer des pilotes professionnels.

Pouvons nous parler d'une concurrence déloyale?

Une autre concurrence arrive avec l'hélicoptère ULM dont le prix se situe entre 150.000€ et 200.000€ pour un tarif horaire de 300€

La SNCF va t'elle vers l'uberisation de la surveillance de ses lignes?

Dans le cas d'un un crash en autogire avec des pilotes privés pour du travail professionnel, quelles responsabilités?

CH

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