La LGV Bordeaux - Tours reste sur ses rails à 7,8 Md€

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La LGV Bordeaux -Tours sera opérationnelle avant le 31 juillet 2017.
La LGV Bordeaux -Tours sera opérationnelle avant le 31 juillet 2017. (Crédits : Rémi Benoît)
Le patron de Lisea, concessionnaire de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux - Tours, a fait ce mercredi matin le point sur un chantier à 7,8 Md€, dont la livraison commerciale est maintenue en 2017. Nombre d'allers-retours quotidiens, de dessertes, rentabilité : voici ses réponses.

Laurent Cavrois, président de Lisea, concessionnaire de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud Europe Atlantique (SEA), qui va relier dans le cadre d'un partenariat public privé Bordeaux à Tours à grande vitesse, était ce matin au Club de la presse de Bordeaux pour faire le point "1.000 jours avant la mise en service de la LGV SEA".

La mise à grande vitesse de la liaison Bordeaux - Tours (340 kilomètres), moyennant 7,8 Md€, sera commercialement opérationnelle au plus tard le 31 juillet 2017.

"Cette date de grands chassés-croisés pendant les vacances d'été n'est pas vraiment idéale. L'ouverture de la ligne aux voyageurs se fera en juillet, mais avant le 31", précise Laurent Cavrois.

La société Lisea (ligne SEA Tours - Bordeaux), dont Vinci est le pivot avec 33 % du capital aux côtés en particulier des collectivités (25 %), finance cette ligne à hauteur de 3,8 Md€, l'Etat, les collectivités et l'Union européenne apportant 3 Md€ et RFF (Réseau ferré de France), propriétaire de la voie, 1 Md€. Le prix pour mettre Bordeaux à un temps de parcours moyen de 2 h 05 de Paris, soit environ 2 h 03 avec les nouvelles rames de TGV, qui atteindront la vitesse de 320 km/h, et 2 h 07 avec les motrices plus anciennes.

Plus de 20 liaisons directes

Rebondissant sur le rapport très critique rendu par la Cour des comptes sur la gestion des TGV, Laurent Cavrois a concédé que les promoteurs de la grande vitesse avaient sans doute pêchés par "excès d'optimisme", pour mieux préciser ensuite "que tous les TGV sont rentables, quel que soit l'angle pris pour en faire l'analyse". Le patron de Lisea s'est ensuite employé à démonter l'argument selon lequel trop de dessertes tuent la rentabilité de la grande vitesse :

"Oui, tous les élus veulent leur TGV mais il ne va pas pour autant dans toutes les villes. Et dans le cas de l'Espagne, on voit que les TGV ont de gros problèmes car ils n'irriguent pas assez leurs territoires."

Actuellement, la liaison Bordeaux - Paris se fait à raison de 11 allers-retours directs entre les deux villes et de 37 allers-retours avec arrêts. Se basant sur le dynamisme de Bordeaux, Laurent Cavrois pronostique une évolution du TGV comparable à celles observées à Lyon et Lille après leur mise à grande vitesse avec Paris, qui a généré la création de plus de 20 allers-retours directs.

Libéralisation fin 2019

Le patron de Lisea a par contre refusé de se prononcer sur la baisse éventuelle du nombre des dessertes. Les prévisions tablent sur une croissance de 20 % du trafic de passagers, ce qui porterait l'effectif transporté entre les deux villes de 15 à 18 millions de personnes. Laurent Cavrois n'avait pas de détails à donner sur l'évolution du prix du billet Bordeaux - Paris, qui sera fixé par la SNCF, client pour le moment unique de Lisea.

L'ouverture à la concurrence ferroviaire du marché non régulé (TGV) devrait intervenir d'ici fin 2019, ce qui devrait amener au concessionnaire Lisea de nouveaux clients. Un sondage réalisé par Cohda pour Lisea montre en particulier que 85 % des ménages ont une bonne image du projet, devant les communes (82 %) et les entreprises (79 %). A noter que 68 % des ménages qui ne se rendent pas à Paris en train déclarent qu'ils opteront pour cette solution en 2017. De même, 81 % des entreprises qui se déplacent autrement qu'en train pour aller à Paris annoncent qu'elles privilégieront le TGV.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2014 à 15:36 :
J'espère un AR à moins de 150€. Dans ma tête, le prix "optimal" serait de 120€ environ. Au delà de 160€, je pense que ça va être compliqué.
a écrit le 06/11/2014 à 20:40 :
Tout dépend du prix du billet, les voyageurs sont avant tout des clients et la première chose sera de comparé les prix et celui qui l'emportera se sera celui qui sera le plus bas, au vu de la conjoncture économique, il n'y a pas photo. J'espère que l'argent public n'ira pas complété le manque à gagner dans le cas ou cette société n'arrive pas à joindre les deux bouts!!!

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