L'international, au cœur de la sortie du Startupper le 28 septembre à Bordeaux

 |   |  1163  mots
Chaque année, la sortie du Startupper de La Tribune attire un large public d'entrepreneurs, autour de 350 personnes
Chaque année, la sortie du Startupper de La Tribune attire un large public d'entrepreneurs, autour de 350 personnes (Crédits : Agence Appa)
A l'heure où l'écosystème français des startups atteint un palier, la question du développement international se pose avec davantage d'acuité. Quels sont les bonnes clés, les écueils à éviter, les stratégies à adopter ? Dirigeants de jeunes entreprises et spécialistes joueront cartes sur table le vendredi 28 septembre à Bordeaux, à l'occasion de la sortie du Startupper, hors-série annuel de La Tribune.

Cela fait désormais plusieurs mois que différents tenants de la dynamique startup française font le même constat : après une phase d'euphorie et de création d'entreprises tous azimuts, dopée par le mantra "tout le monde peut entreprendre" et l'afflux massif de capitaux sur le segment de l'amorçage, le rattrapage est désormais complété. Le coq français a chanté haut et fort la brillance de son plumage, tout l'Hexagone l'a entendu. La mélopée est même arrivée jusqu'aux oreilles des Etats-Unis, le graal de la tech. Pour autant, le manque d'acteurs français suffisamment robustes pour peser sur le marché mondial reste encore flagrant. Sans même s'engager sur la voie du comptage de licornes, ces entreprises non cotées valorisée au-delà du milliard de dollars, il suffit d'ouvrir les yeux pour s'apercevoir que, forte de compétences reconnues en matière d'innovation et de sciences ainsi que d'argent frais (en attendant le prochain retournement de cycle), l'écosystème français a des atouts mais peine encore à sortir des frontières hexagonales.

"Nous avons les talents, nous avons l'ambition, nous avons plein de startups géniales dans tous les domaines, mais il faut désormais les aider à grandir et à conquérir le monde", résumait ainsi Mounir Mahjoubi au CES de Las Vegas, en janvier. Le secrétaire d'Etat au Numérique, comme beaucoup d'autres, le dit avec franchise : envoyer des délégations sur les salons internationaux ne suffit plus, c'est désormais du business qu'il faut générer. L'entrepreneur limougeaud Carlos Diaz, figure réputée du monde des startups et cofondateur du programme The Refiners aux Etats-Unis où il est installé, a balancé un pavé dans la mare en juillet dernier, dans un texte au vitriol, racontant notamment sa rencontre avec un député français :

"J'en profite pour lui expliquer que la French Tech n'est qu'une illusion nationale et que personne ne parle jamais ici de French Tech (ni d'ailleurs de German Tech, de Japan Tech ou de Burkina Tech...). [...] Je lui dis que le véritable enjeu n'est pas le fait que nos startups soient Françaises ou participent en masse à des salons mais davantage qu'elles soient bonnes. Que le « Made in France » cela marche pour la maroquinerie, moins bien pour la Tech, et que seuls les géants américains (et chinois) sont capables de racheter nos startups à un prix attractif."

Plus loin :

"Nous devons nous donner les moyens de créer des "unicorns" à intervalles réguliers et ne pas nous contenter d'un troupeau de "poneycorns" même lancé au galop. Comprenons-en bien l'enjeu. Une unicorn ce n'est pas seulement une startup valorisée plus d'un milliard, c'est un leader mondial capable de modifier en profondeur un écosystème, d'attirer des talents exceptionnels et de retourner des capitaux sur son sol. Créer un géant mondial dans la Tech c'est être capable d'investir minimum 500 M$ or, pour le moment, nous sommes incapables d'investir seuls plus de 50 M$ dans nos startups. Créer un géant mondial c'est être capable d'adresser un marché d'au minimum 500 millions de clients/utilisateurs parlant tous la même langue or, pour le moment, nos startups se concentrent pour la majorité sur leur marché local voire, pour les meilleures, multi-local et, à quelques rares exceptions, global. Si nous voulons devenir une "Startup Nation", il nous faut a minima comprendre comment fonctionne le bateau et arrêter de penser que le vent nous portera. Je rappelle que le Titanic n'était qu'à quelques milles des côtes de Terre Neuve quand il a sombré..."

Des risques, mais aussi du potentiel

La France est passé maître dans l'art de l'auto-flagellation et les Cassandre n'ont jamais manqué, l'écosystème startup n'y échappe donc pas. Cependant, toute caricature comporte toujours une part de vérité. Ici : sur l'expansion internationale massive des pépites françaises, l'essentiel reste à faire. Les fonds de capital-risque devront assumer leur part mais ils ne feront pas tout : "On ne transforme pas des cure-dents en Excalibur", souligne avec humour Jean de la Rochebrochard (Kima Ventures, le fonds d'investissement co-créé par Xavier Niel). Pour croître à l'international, les bons leviers doivent être activés et la conférence-débat de lancement du Startupper, le 28 septembre au matin à Bordeaux, servira justement à les identifier.

Les témoignages des différents acteurs que La Tribune a conviés montreront que l'international n'est pas impossible mais que le sujet ne doit pas être abordé naïvement. Après l'ouverture par Virginie Calmels, vice-présidente de Bordeaux Métropole et 1re adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'Economie, de l'Emploi et de la Croissance durable, Grégory Lefort, cofondateur d'Azendoo, expliquera comment sa startup s'est retrouvée en quelques mois avec 75 % d'utilisateurs dans 80 pays et quelles ont été les difficultés engendrées par ce développement, et comment la stratégie de l'entreprise a évolué. Adrien Pinson reviendra sur l'ambition européenne construite au fur et à mesure de la startup, Yescapa, qu'il a cofondée avec Benoit Panel autour de la location de camping-cars entre particuliers. Il listera également les freins constatés, notamment les législations et habitudes culturelles très morcelées au niveau européen, et insistera sur la nécessité de monter une équipe internationale.

Estelle Moreira, experte affaires internationales à la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes, précisera le rôle de l'accompagnement bancaire et évoquera les erreurs les plus communes ainsi que la question du financement d'une expansion internationale. Frédéric Sudraud, fondateur de Facil'iti qui travaille sur l'accessibilité d'internet quel que soit le handicap, témoignera de la nécessité de trouver des partenaires locaux, des différences d'approche aux Etats-Unis et en Asie où son développement est beaucoup plus rapide et le marché prometteur. Andreea Drondoé, chargée d'affaires international startup pour Business France, évoquera les cas de figures qu'elle voit passer au quotidien et les trois fondamentaux incontournables avant toute velléité à l'étranger. Et enfin Laëtitia Banos, avocate fiscaliste responsable régionale du réseau international au cabinet Fidal, détaillera les passages obligés comme la structuration de l'entreprise, les différentes phases...

----------------------------

Le Startupper 2018-2019 sera dévoilé le vendredi 28 septembre à l'occasion de cette conférence-débat "L'international : mission impossible pour les startups françaises ?", à partir de 8h30 à La Grande Poste, 7 rue du Palais Gallien à Bordeaux. Le Startupper, guide annuel de l'écosystème startups de la métropole, est édité par La Tribune, en partenariat avec Bordeaux Métropole, la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes, Fidal et Business France. Ce hors-série présente en détails plus de 200 startups de la région bordelaise. Il sera disponible à l'issue de la conférence-débat au tarif de 9,50 € (règlement en espèces, par chèque ou par carte bancaire).

L'inscription préalable est obligatoire pour pouvoir assister à l'événement.

>> Inscriptions closes

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :