Tram/bus : à Bordeaux, le chantage aux euros pèse sur l’Euro

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Pendant l'Euro de foot, le tram et les bus sont des outils de mobilité capitaux pour le bon déroulement de la manifestation et des évènements qui y sont liés. Certains syndicats en ont profité pour revendiquer des primes en utilisant la menace de la grève.
Pendant l'Euro de foot, le tram et les bus sont des outils de mobilité capitaux pour le bon déroulement de la manifestation et des évènements qui y sont liés. Certains syndicats en ont profité pour revendiquer des primes en utilisant la menace de la grève. (Crédits : Objectif Aquitaine / Mikaël Lozano)
Un bras de fer entre syndicats et direction de TBM, le réseau de transport public de Bordeaux Métropole opéré par Keolis Bordeaux, a été engagé. Les premiers réclament 500 euros de prime pour transporter les usagers pendant l’Euro. Une négociation avait lieu hier. Elle a échoué.

La menace et le chantage étaient clairs : les syndicats CGT, FO et CFDT de Keolis, opérateur des transports publics de Bordeaux Métropole sous la marque TBM (Tram et bus de la métropole) annonçaient, dès hier, qu'en cas de non obtention d'une prime de 500 euros par agent, le service serait perturbé par un mouvement de grève d'un mois. Les 500 euros réclamés par les syndicats sont sensés

"récompenser les efforts du personnel pendant tous les évènements d'ampleur organisés à Bordeaux en 2015 et 2016", explique Jean-Luc Doucereux, du syndicat F.O, porte parole de l'intersyndicale.

Pas de chantage à l'Euro ? Les dates de préavis disent si

Et de poursuivre :

"Nous ne voulons pas entendre de la direction que nous prenons en otage les gens et l'Euro de foot."

Une affirmation difficilement audible au regard des dates du préavis de grève qui collent, au jour près, du 10 juin au 10 juillet, au calendrier de la compétition...

Une menace réelle pèse donc sur le bon déroulement de l'évènement dont la réussite sera très dépendante de l'accessibilité des sites.
On pense tout particulièrement à l'accès du Matmut Atlantique, pour les cinq matchs qui y sont programmés, mais aussi pour l'accès à la fan-zone de la Place des Quinconces qui, elle, accueillera des spectateurs pendant toute la durée de la compétition.

Constat d'échec à  48 h du coup d'envoi bordelais

Menace d'autant plus forte que la réunion de négociation dite de "la dernière chance" a eu lieu cet après-midi. A 18 h,  l'issue des discussions, Hervé Lefèvre, directeur de Keolis Bordeaux, a convoqué la presse et dressé un constat d'échec.

"L'intersyndicale nous demande une prime de 500 euros. Cela représenterait une enveloppe totale de 2 M€, c'est impossible. Ça l'est d'autant plus que nous avons, pour préparer au mieux l'Euro de foot, et faire en sorte que le travail se fasse dans les meilleures conditions, déjà dépensé 1,5 M€. Au-delà de l'économie, nous ne pouvons, par principe, pas accéder à leur demande. Cela voudrait dire qu'à chaque fois qu'un grand évènement se profilera, il faudra payer ? Nous ne pouvons pas accepter d'être pris en otage de cette manière."

Grève Tramway

7 h 10, ce vendredi matin, station "Galin" sur la ligne A : 11 minutes d'attente. TBM annonce de fortes perturbations les 10 et 11 juin en raison d'une "mouvement social". L'usager devra composer avec un tram qui ne circule qu'entre les stations "Buttinière" et "Hôpital Pellegrin".

Le mot otage, que refuse d'entendre l'intersyndicale, est donc lâché par Hervé Lefèvre.

"Je ne suis pas engagé par les promesses de primes faites aux salariés par les syndicats... Cette grève est une négation de notre mission de service public", poursuit le DG de Keolis Bordeaux.

75 % de conducteurs grévistes, mais pas de réquisition du Préfet

En attendant d'éventuelles nouvelles négociations, dimanche 12 juin, pour lesquelles les syndicats se disent ouverts, la direction, elle, fait ses comptes et annonce un mode de fonctionnement très dégradé des transports à partir de demain. Ce sera pire encore samedi, jour du premier match à Bordeaux.

C'est ce que craint la direction de Keolis Bordeaux :

"Nous savons que côté conducteurs, 70 % vendredi et 75 % samedi seront grévistes. Nous sommes obligés de travailler sur des parcours restreints, des fréquences entre les rames de 7 voire 10 minutes. Nous allons concentrer nos efforts sur les lignes principales, essayer d'assurer un service jusqu'à 1 h..."

De fait, les prévisions diffusées pour samedi sur le site de TBM indiquent que les trams circuleront de 12 heures à minuit : sur la ligne B entre les stations "La Cité du Vin" et "Quinconces" (fréquence 5 min), sur la ligne C entre les stations "Carle Vernet"/"Terres Neuves" et "Parc Expos"/"Stade Euro" (fréquence 3 min). Il n'y aura aucun tram demain sur la ligne A.

Au regard de ces dispositions prises par Keolis Bordeaux, le préfet indique ce matin qu'il n'usera pas de son pouvoir de réquisition, estimant que le responsable du réseau de transports en commun de la Métropole a pris les mesures nécessaires pour assurer la desserte du stade.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2016 à 12:08 :
il faut ficher les grevistes et les éliminer un par un a la premiere faute
en attendant pas de paiement des jours de greve
et poursuite des syndicats pour greve illicite
il n'y a aucune justification a payer plus pour les évenements
ils sont pas payés au salarié transporté
a écrit le 10/06/2016 à 16:31 :
Vu la position des syndicats, je pense qu'il faut jouer la bêtise jusqu'au bout et ne rien céder. Il n'y aura pas de Tram, dommage.
Je ne comprends pas qu'il faille donner une prime pour que le personnel fasse le job pour lequel il est payé.
a écrit le 10/06/2016 à 10:14 :
2 million d'euros c'est le budget des travaux de rénovation du dépôt de bus lescure des 2 années écoulées. Sauf que une fois ces travaux finis keolis s'est rendu compte que la structure du bâtiment était à détruire......Là ça ne dérange personne de jeter 2 millions d'argent public.

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