A Bordeaux Champeil voit les marchés actions continuer à grimper

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La BCE réussira-t-elle à maîtriser l'euphorie boursière alimentée par les rachats de dettes souveraines ? La question est posée
La BCE réussira-t-elle à maîtriser l'euphorie boursière alimentée par les rachats de dettes souveraines ? La question est posée (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
La remontée des marchés actions en Bourse est partie pour durer selon la société de gestion de portefeuille bordelaise Champeil Asset Management (CAM), qui recommande toutefois la vigilance.

Alors que la Banque centrale européenne (BCE) a démarré depuis lundi sa politique d'assouplissement quantitatif (quantitative easing), qui doit se solder par le rachat mensuel de 60 Md€ de dettes souveraines dans le cadre de l'eurosystème (ensemble des banques centrales des pays ayant adopté l'euro), dans "La lettre des gérants" daté de mars, CAM met l'accent sur l'envolée des marchés actions. Axel Champeil, PDG de CAM, rappelle ainsi qu'après avoir progressé de + 7,76 % en janvier, le CAC 40 a remis le couvert en février, avec une hausse de +7,54 %. Il rappelle dans la foulée que, malgré des performances "bien plus modérées", les indices boursiers enregistrent aussi des records aux Etats-Unis, soulignant que le Nasdaq a dépassé "les 5.000 points atteints en 2000, avant l'éclatement de la bulle Internet".

Un véritable boulevard

L'évolution de la Bourse n'est pas un indicateur avancé de l'économie et les marchés actions peuvent grimper à toute vitesse dans une situation de quasi-récession. Assez caractéristique de l'émergence d'une bulle spéculative, ce type de mécanisme n'augure pas forcément du meilleur et Axel Champeil tient à rassurer ses lecteurs.

"Nous ne nous inquiétons pas de ces évolutions positives des valorisations des entreprises, compte tenu des facteurs favorables qui, pour le moment, contrebalancent les fondamentaux macroéconomiques encore dégradés, mais néanmoins, en voie d'amélioration", explique-t-il en substance.

L'extrême faiblesse des taux d'intérêt (sans risque), négatifs à court et moyen terme, limités à 0,5 % à dix ans, contraint les investisseurs à trouver des actifs plus rémunérateurs ce qui les conduit vers les marchés actions. Un mouvement favorisé par la chute des rendements des obligations émises par les entreprises et des obligations spéculatives (junk bond ou obligation pourrie devenue high yield très bien illustrées dans le film "Le loup de Wall Street").

Risques limités à court terme

Autrement-dit, la montée actuelle des marchés actions a toutes les raisons de durer et seule "la remontée des taux pourrait venir perturber le mouvement", indique CAM qui se montre raisonnablement optimiste en n'excluant pas que "l'amélioration économique en cours pourrait prendre le relais". Mais ni la hausse des taux d'intérêt ni la reprise économique ne sont attendues "à court terme", analyse Axel Champeil, qui conseille toutefois d'être vigilant face au risque d'emballement et aux prises de bénéfices, qui vont fatalement venir consolider le marché : "Nous guetterons ces dernières phases pour alléger ou consolider notre exposition", résume le gestionnaire de portefeuille. "La sensibilité du système financier à une remontée des taux nous semble élevée", conclut "La Lettre des gérants", qui n'est pas convaincue que les banques centrales "aient la capacité, à terme, de gérer telle qu'elles le souhaiteraient, l'euphorie des marchés".

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