Covid-19 : comment MSF Logistique se réorganise face à la pandémie

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70 des 170 salariés de la plate-forme logistique de MSF à Mérignac travaillent actuellement sur place pour maintenir l'activité malgré l'apparition du Covid-19. Les autres sont en télé-travail.
70 des 170 salariés de la plate-forme logistique de MSF à Mérignac travaillent actuellement sur place pour maintenir l'activité malgré l'apparition du Covid-19. Les autres sont en télé-travail. (Crédits : Hélène Lerivrain)
Ils ne sont pas dans les hôpitaux mais peuvent envoyer des hôpitaux gonflables comme le weekend dernier en Iran. A Mérignac, malgré la pandémie de Covid-19, 70 salariés de la plate-forme de MSF Logistique sont mobilisés pour continuer à expédier des produits médicaux et non médicaux à travers le monde. L’effectif a été réduit, l’organisation revue, mais la capacité de production standard maintenue. Il faut, malgré tout, fixer des priorités en matière d’urgence.

Alors que le siège de Médecins Sans Frontières (MSF) est fermé à Paris tout comme celui de Barcelone, en Espagne, pour cause de coronavirus, le site de Mérignac fonctionne avec un personnel réduit mais présent. "Sur les 170 personnes qui travaillent habituellement sur le site, 70 s'y rendent désormais entre 6h30 et 20h30. L'amplitude horaire a été élargie pour qu'il y ait moins de personnel dans l'entrepôt au même moment", explique à La Tribune Laurent Sury, directeur de MSF Logistique à Mérignac.

"Nous essayons de trouver un juste équilibre entre protéger nos équipes en respectant les consignes sanitaires et faire ce pourquoi on existe, c'est-à-dire soutenir les opérations de MSF."

Car, avec Dubaï, Mérignac est l'une des deux centrales d'achat et d'approvisionnement de MSF. C'est ici que sont conditionnés, stockés, puis envoyés sur le terrain des produits médicaux et non médicaux. C'est d'ici, du coup, qu'ont décollé, dimanche et lundi, deux avions à destination de l'Iran très touché par le Covid-19. A leur bord : un hôpital gonflable capable d'accueillir une cinquantaine de lits et une équipe de neuf personnes dont des médecins spécialisés en soins intensifs et des logisticiens.

2.300 produits par semaine

"Toutes les personnes qui peuvent faire du télétravail le font, à savoir principalement les acheteurs, les approvisionneurs, ou encore les opérateurs médicaux qui traitent les commandes. Mais nous assurons un service minimum par service, précise Laurent Sury. Nous avons une capacité de préparation de 2.300 produits de commandes par semaine, soit proche de notre capacité standard."

"C'est toutefois moins que ce qui était prévu", reconnait-il. Pour répondre à des besoins en Syrie notamment, mais aussi au Yémen ou encore au Congo, hors Covid-19, le site de Mérignac prévoyait en effet de monter à 3.500 produits de commandes par semaine. "Nous sommes donc obligés de définir des priorités avec les sections MSF. Nous préparons d'abord les commandes signalées comme urgentes en lien avec la situation Covid-19 ou non, puis les commandes qui le sont moins. Ensuite, en fonction de nos capacités, nos équipes s'occupent des commandes régulières", confie Laurent Sury.

Inédit : être soi-même impacté

"Le côté inédit de la situation aujourd'hui, c'est que l'on est nous-mêmes impactés. Il faut donc s'adapter." En revanche, le site bénéficie de l'expérience et des conseils de l'équipe de support logistique opérationnelle de MSF France, sur place. "L'un de ces spécialistes, qui avait été mobilisé pendant Ebola, a regardé de près les mesures sanitaires mises en place dans l'entrepôt pour éviter les contaminations."

Concernant la pandémie de Covid-19, des équipes de MSF interviennent à l'heure actuelle en Italie. En Espagne, MSF collabore avec les autorités pour augmenter les capacités de traitement des cas sévères. Enfin, en France et en Belgique, MSF soutient les efforts de dépistage et de prise en charge des cas de Covid-19 au sein des populations les plus vulnérables, comme les sans-abri, les migrants et les mineurs isolés. "Des discussions sont en cours pour des missions médicales, y compris à Bordeaux", explique Laurent Sury qui reconnait être sollicité.

A ce stade, il fait état de peu de contraintes en matière d'exportation. "Les livraisons se font, nous recevons le matériel et l'envoyons. Nous sommes simplement soumis à des autorisations sur une liste de produits tels que les masques, les blouses, les gants", précise-t-il. En revanche, Laurent Sury le sait : "Nous prenons soin de nos personnels. C'est sur eux que tout repose."

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