Coronavirus : 30.000 salariés déjà en chômage partiel en Nouvelle-Aquitaine

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Fabienne Buccio, préfète de région, et Daniel Habold, directeur de la santé publique à l'ARS, le 13 mars 2020.
Fabienne Buccio, préfète de région, et Daniel Habold, directeur de la santé publique à l'ARS, le 13 mars 2020. (Crédits : PC / La Tribune)
Sur les quinze derniers jours, les demandes de chômage partiel enregistrées par la Direccte en Nouvelle-Aquitaine sont déjà équivalentes à la totalité de l'année 2019. Près de 1.700 entreprises et 30.000 salariés sont concernés. Par ailleurs, un appel aux dons de masques aux établissements de santé est lancé auprès de toutes les entreprises qui en ont en stock.

Après les annonces de l'Etat et l'imposition du confinement, les demandes de chômage partiel se sont multipliées dans toute la Nouvelle-Aquitaine. Au 19 mars 2020, la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) a ainsi validé les demandes de 1.637 entreprises, dont 461 en Gironde, concernant exactement 29.416 salariés, dont 7.249 en Gironde. Le tout pour un total de 12 millions d'heures chômées.

"En seulement quinze jours, cela représente l'équivalent du volume de toute l'année 2019. 87 % des demandes sont autorisées. Il y a eu des problèmes de connexion ces derniers jours mais il est impératif que les entreprises qui n'ont pas réussi à télédéclarer leur demande sur notre site le fassent à nouveau pour saisir les informations qui seront traitées de manière rétroactive. La situation va s'améliorer en début de semaine", indique la Direccte de Nouvelle-Aquitaine. Après avoir concerné majoritairement l'hôtellerie restauration dans les premiers jours, ce sont désormais tous les secteurs qui sont touchés. Les travailleurs indépendants comme les particuliers employeurs ne sont pas concernés et bénéficieront d'un dispositif spécifique.

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500 dossiers déjà traités par la CCI Bordeaux Gironde

De son côté, la CCI Bordeaux Gironde, qui a lancé une cellule de crise et une enquête en ligne, a également fait le point ce vendredi 20 mars. "La moitié de nos effectifs se consacrent à la gestion de la crise. Ils ont déjà traité 515 demandes, dont 184 au sujet de formalités et 331 demandes d'informations sur les mesures gouvernementales. Dans 86 cas, nous avons enclenché un accompagnement renforcé en urgence avec les services de l'Etat, notamment pour des enjeux de trésorerie", détaille Patrick Seguin, le président de la CCI. "Les demandes concernent l'aide forfaitaire de 1.500 €, la mise en place du temps partiel, du chômage technique, des reports de charges et loyers, les conditions de travail des salariés, les conditions de la poursuite de l'activité, etc.", poursuit-il.

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Plages et quais fermés, marchés ouverts

Concernant la poursuite ou l'interruption des chantiers de BTP, Patrick Seguin appelle les chefs d'entreprises à prendre leurs responsabilités : "Il faut respecter le code du travail. Si les conditions d'hygiène et de sécurité ne sont pas réunies, il faut stopper car il en va de la responsabilité pénale du chef d'entreprise. Si elles sont réunies, les chantiers peuvent se poursuivre même si je suis bien conscient des difficultés en termes d'approvisionnement et de transports des équipes notamment." Une position partagée par la préfecture qui appelle à arbitrer au cas par cas.

Dans tous les cas, il faut tracer toutes les décisions par écrit : "Quand une décision est prise d'arrêter un chantier, une mission, il faut que les entreprises fassent une facturation à l'instant, au pourcentage d'avancement. Un écrit doit être envoyé au client, lui demandant en outre de faire un retour. C'est de la mécanique, il faut tout tracer parce qu'il faudra pouvoir tout prouver par la suite."

Par ailleurs, si les quais de Bordeaux et les plages de Gironde sont désormais strictement interdits d'accès, les marchés alimentaires doivent rester ouverts même si certains marchés girondins ont été fermés par des maires. "Ces marchés doivent rester ouverts parce qu'ils sont approvisionnés en circuits courts et permettent à nos concitoyens de se nourrir tout en respectant assez facilement les distances barrières", réaffirme Fabienne Buccio, la préfète de région.

Appel aux dons de masques

Alors que "la situation sanitaire liée au Covid-19 en Nouvelle-Aquitaine monte sérieusement, doucement mais sûrement", selon l'Agence régionale de Santé, la Fédération de l'hospitalisation privée lance officiellement un appel au dons de masques de tout type pour les équipes soignantes des cliniques et Ehpad. Emilie Lapoudge, à la clinique Tivoli, à Bordeaux, est chargée de récolter ces dons au niveau la métropole au 05 56 11 61 11. Tous les secteurs peuvent se mobiliser : BTP, chimie, peinture, bricolage, etc. "Nous appelons également à la poursuite de ces appels aux dons qui ont déjà permis de redistribuer deux millions de masques dans la région mais attention à ce que tout cela soit coordonné entre tous les établissements de santé. La règle est donc : jusqu'à 1.000 masques, faites un don de proximité, au-delà de 1.000 masques contactez l'Agence régionale de santé qui vous donnera les meilleures instructions", complète Daniel Habold, directeur de la santé publique à l'ARS.

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