Nouvelle-Aquitaine : le recul des naissances freine la croissance démographique

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La croissance démographique néo-aquitaine sauvée par le solde migratoire.
La croissance démographique néo-aquitaine sauvée par le solde migratoire. (Crédits : © Stephen Hird / Reuters)
Dopée par l’attractivité de sa région maritime, la Nouvelle-Aquitaine enregistre une nouvelle hausse de population entre 2012 et 2017. Une croissance totalement alimentée par les flux migratoires. Région vieillissante, la Nouvelle-Aquitaine a compté plus de décès que de naissances pendant la période étudiée.

Comme le montre l'enquête de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) la population de Nouvelle-Aquitaine a continué de progresser au cours de la période 2012-2017 pour atteindre 5.956.978 habitants au 1er janvier 2017. La Nouvelle-Aquitaine, officiellement créée le 1er janvier 2016 par la fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, représente ainsi 9 % de la population nationale.

Ce qui fait d'elle la quatrième région la plus peuplée du pays derrière Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France. Si la tendance est restée à la hausse pendant la période étudiée, avec une croissance annuelle moyenne de la population de 0,5 % (comme en Ile-de-France), le dynamisme démographique néo-aquitain, miné par le vieillissement de la population et le recul du nombre de femmes en âge de procréer, est nettement inférieur à celui de l'Occitanie (+ 0,8 % par an).

La région freinée par la chute des naissances

Encore plus frappant : le solde naturel de la population (rapport entre les naissances et les décès) perd de la vitesse, avec un recul annuel moyen de - 0,1 % par rapport à la période précédente (2007-2012). La raison en est aussi simple qu'inquiétante puisque seulement deux départements, sur les douze que compte la région, affichent un solde naturel positif. Autrement-dit entre 2012 et 2017 le nombre des naissances n'a été supérieur à celui des morts que dans les départements de Gironde (+ 0,3 % par an en moyenne) et de la Vienne (+ 0,1 %).

Au point que la Nouvelle-Aquitaine est la seule région de France où la croissance démographique se retrouve freinée par l'effondrement du solde naturel. Tandis que le nombre des décès n'a cessé d'augmenter en Nouvelle-Aquitaine celui des naissances a baissé, avec au bout du compte 17.919 morts de plus que de nouveaux nés au 1e janvier 2017. C'est d'autant plus fort qu'entre 2007 et 2012 la tendance était à l'inverse et s'était traduite par un solde naturel positif, soit 13.486 nouveaux nés de plus que de morts au 1er janvier 2012.

Recul marqué de la population en Creuse

Cette chute du nombre des naissances est particulièrement marquée dans les départements de l'ancien Limousin. Non seulement ils affichent tous une évolution négative de leur solde naturel annuel moyen, mais celui de la Creuse totalise la plus forte baisse de la région, à -0,9 %. Il est suivi il est vrai par la Dordogne, un département de l'ex-Aquitaine qui enregistre le deuxième plus fort recul de son solde naturel dans la région, à -0,5 %.

La Dordogne est limitrophe de la Corrèze, qui, à -0,4 %, enregistre la troisième plus forte baisse de son solde naturel. Viennent ensuite la Charente-Maritime (-0,3 %), la Charente et le Lot-et-Garonne (-0,2 % chacun), les Landes, Pyrénées-Atlantiques et Haute-Vienne (-0,1 % chacun). Il faut aller dans les Deux-Sèvres pour voir un solde naturel égal à zéro, où les nombres de nouveaux nés et de morts s'équilibrent. Cette grande faiblesse de l'évolution démographique naturelle en Nouvelle-Aquitaine montre à quel point l'évolution du solde migratoire est déterminante.

Solde migratoire : l'indispensable carburant

Le solde migratoire n'est pas positif que dans un seul département, celui de Haute-Vienne, où son évolution est égale à zéro par rapport à la période précédente. Cela n'empêche pas que quatre départements néo-aquitains sur douze, soit un tiers de l'ensemble, enregistrent une baisse de population. Avec au premier rang la Creuse où malgré un solde migratoire positif de + 0,4 % la population recule de - 0,5 % par an, à 118.638 habitants au 1e janvier 2017.

Viennent ensuite trois départements dont la population totale recule de - 0,1 % : la Charente, qui enregistre un solde migratoire positif de + 0,1 %, pour une population de 352.335 habitants au 1e janvier 2017, la Dordogne (413.606 habitants), avec un solde migratoire à + 0,3 %, et la Haute-Vienne (374.426 habitants). En Lot-et-Garonne (332.842 habitants) l'évolution du solde naturel et du solde migratoire (+0,2 %) se neutralisent et la population du département reste stable. Elle augmente de +0,1 % en Corrèze (241.464 habitants) grâce à un solde migratoire de +0,5 %. Elle affiche la même évolution dans les Deux-Sèvres (374.351 habitants) grâce à un solde migratoire de +0,2 %.

55 % de la population dans 4 départements

Cette hausse de la population totale est plus nettement marquée dans la Vienne (436.876 habitants), à + 0,3 %, grâce à un solde migratoire de +0,2 %. Comme le souligne l'Insee, plus on se rapproche du littoral atlantique et plus la hausse de population est forte. Elle est ainsi de +0,5 % en Charente-Maritime (644.303 habitants), grâce à un solde migratoire de +0,8 %, et de la même proportion en Pyrénées-Atlantiques (677.309 habitants), avec un solde migratoire de +0,6 %.

Cette hausse de population atteint +0,7 % dans les Landes (407.444 habitants), avec un solde migratoire de +0,9 %, et le record régional de +1,3 % en Gironde (1.583.384 habitants) grâce à un solde migratoire de + 1 %. Des chiffres qui confirment, si besoin était, le puissant clivage socio-économique qui se creuse entre zones côtières et territoires de l'intérieur. Sachant que les quatre départements maritimes (Charente-Maritime, Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques) concentrent déjà 55 % de la population des douze départements de Nouvelle-Aquitaine, soit 3,3 millions d'habitants.

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