Bourse : à Bordeaux Champeil a vu rouge en octobre

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Axel Champeil
Axel Champeil (Crédits : J.Ph. Déjean)
Le prochain défi des marchés actions sera l’impact de la hausse des taux d’intérêts, pronostique à Bordeaux Axel Champeil. Ce gestionnaire d’actifs n’élimine pas encore le risque d’un contrecoup politique négatif sur la psychologie des investisseurs.

L'entame de la dernière "Lettre des gérants", publiée par la société financière Champeil, à Bordeaux, et datée de novembre 2018, joue la carte de la tension puisqu'elle est sobrement titrée "Octobre rouge". Aucun rapport avec le roman du même nom de Tom Clancy où Octobre rouge est le nom d'un sous-marin soviétique prêt à fuir vers l'Ouest. En fait Axel Champeil, PDG de Champeil, voit derrière ce rouge "un nouvel octobre noir" pour la Bourse, marquée par une baisse de -7,28 % du CAC 40, "ce que nous n'avions pas connu depuis 3 ans, en 2015".

Ce coup de grisou automnal est d'autant plus sérieux qu'il a été très puissant. "D'ailleurs, nous sommes revenus en-dessous des points hauts de 2015 mettant les principaux indices actions européens dans le rouge sur la période, légèrement pour l'indice français mais de manière plus prononcée en Europe" focalise le PDG. Les marchés étatsuniens quant à eux, portés par "leur forte envolée de ces dernières années", ont semblé échapper à cette tourmente même s'ils ont subi une importante correction "entrainée par le retournement des valeurs technologiques".

Des foyers de déstabilisation encore actifs

Cet octobre noir semble malgré tout avoir comme caractéristique principale celle d'une variation saisonnière plus violente que d'habitude. Un puissant phénomène conjoncturel, qui n'est sans doute pas aussi dangereux que l'on pourrait le craindre. Parce que, selon la « Lettre des gérants », il n'y a pas les prémices d'un tremblement de terre de forte magnitude dans la chute des valeurs mesurée en octobre dernier.

"Sur les aspects fondamentaux, aucune mauvaise nouvelle supplémentaire n'est venue animer les marchés hormis la poursuite des craintes sur la teneur des négociations commerciales internationales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis ainsi que les impacts des mesures protectionnistes sur l'économie, alors que nous pourrions être en haut de cycle" déplore Axel Champeil.

Les investisseurs restent nerveux quant à l'orientation de l'économie mondiale, ce qui tend la situation. Ainsi le regain de tension au sujet de son projet de budget entre l'Italie et la Commission européenne ne va pas dans le bon sens. A l'inverse les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis n'ont pas surpris les marchés qui s'attendaient au début de cohabitation entre les deux chambres (Sénat et Chambre des représentants - Ndlr), qui "pourra freiner certaines mesures trop radicales de l'exécutif, notamment sur le commerce".

L'évolution de l'économie a pris une orientation nettement plus rassurante à l'échelle des entreprises avec des débuts de publications trimestrielles "qui ont été de qualité pour la grande majorité d'entre elles" observe Axel Champeil. Dans la perspective d'une prochaine hausse des taux d'intérêts, qui va frapper les marchés actions, ce dernier annonce rester concentré "sur des sociétés peu endettées, rentables et bénéficiant d'une bonne visibilité quant à leur activité".

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