Champeil voit l’impact du Brexit dans la déstabilisation des pays européens

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L'onde de choc du Brexit, encore loin de son aboutissement juridique, semble plus profonde que prévu dans les pays de l'Union.
L'onde de choc du Brexit, encore loin de son aboutissement juridique, semble plus profonde que prévu dans les pays de l'Union. (Crédits : TOBY MELVILLE)
PDG de la société financière bordelaise Champeil, Axel Champeil estime que la croissance économique risque d’être coupée en plein élan par l’europhobie et le nationalisme de nombreux partis qui viennent de gagner les élections en Europe.

La croissance économique, dont la dynamique s'est raffermie ces derniers mois, va-t-elle connaître une brutale inflexion dépressive pour des raisons politiques ? C'est un peu le danger que pointe du doigt Axel Champeil, PDG de la société financière bordelaise Champeil, dans le dernier numéro de "La Lettre des gérants" datée de juin 2018. Comme l'avait diagnostiqué ce dernier, le pallier atteint par le CAC 40 en avril dernier, à plus de 5.600 points, était à la fois un plus haut qui n'avait pas été franchi depuis 2007 mais aussi, la suite des événements l'a confirmé, un point de résistance. Le CAC 40 a fini ainsi lâcher la barre des 5.600 points pour clôturer la journée d'hier jeudi à 5.448,35 points.

"Nous constatons, mois après mois, l'amélioration de l'économie mondiale et européenne et la bonne santé des entreprises. Pour autant, la situation politique se dégrade", résume Axel Champeil. Le gestionnaire de portefeuille bordelais n'impute pas cette perturbation au résultat des dernières élections en Italie mais bien au vote du Brexit, il y a déjà deux ans.

La France à contre-courant européen

Parce que le vote nationaliste britannique du Brexit a été le prélude à une série de résultats électoraux qui ont sapé la stabilité internationale : de l'élection de Donald Trump à la difficulté d'Angela Merkel de constituer un nouveau gouvernement, sans oublier la crise catalane. "De notre côté, confesse Axel Champeil, nous alertions sur cela mais trop prématurément puisqu'en 2017 la volatilité a atteint ses plus bas historiques".

Un paysage d'autant plus embrouillé que la France a joué une partie à contre-courant de la tendance politique européenne, avec l'élection à la présidence de la République d'Emmanuel Macron. Avec, si l'on suit la « Lettre des gérants », une séquence hexagonale en trompe-l'œil.

"Les investisseurs ont fait le choix de se concentrer sur la dynamique économique, et l'élection d'Emmanuel Macron a fait oublier le poids des extrêmes dans le vote des électeurs français, d'une part, et remis des espoirs dans la construction européenne, d'autre part", analyse ainsi le patron de Champeil.

Des actions mais pas juste en euros

Aujourd'hui l'évolution politique des différents pays européens a freiné en partie la dynamique qui se développait, même si "la France a bien engagé des réformes politiques". La crise politique italienne, qui s'est à court terme résolue par la coalition de deux partis opposés sur plusieurs plans, avec les populistes du Mouvement 5 étoiles et le parti d'extrême-droite de La Ligue, pose "la question de la cohésion européenne et de la pérennité de l'euro" estime Axel Champeil.

L'intégration économique et politique de l'Union sont des sujets qui doivent être abordés souligne ce dernier, tout en reconnaissant que la tendance exprimée par les élections européennes va remettre cet impératif à plus tard. D'autant que les Etats-Unis prennent soin de mettre de l'huile sur le feu.

"La hausse du protectionnisme, qui semble parallèlement s'accélérer, poussée par la politique commerciale américaine et les ripostes mondiales, viennent fragiliser le commerce mondial, essentiel à la bonne santé économique", diagnostique ainsi Champeil.

Dans ce contexte où la prudence est de rigueur sur les marchés financiers, la société financière bordelaise préconise "une stratégie équilibrée" en s'appuyant "sur la bonne santé des fondamentaux économiques par un investissement en actions significatif en diversifiant à l'international pour réduire la dépendance monétaire à une zone". Les turbulences risquent de frapper fort le marché d'où le conseil de garder "une position de liquidité importante" et de tenir à l'écart des obligations.

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